
02/07/2012 -
Quel est le thème principal des Rencontres photo cette année?
François Hebel. Cela tournera autour de formations et de stages, qui représentent l'ADN des Rencontres de la photo, alors que l'on fête cette année les 30 ans de l'Ecole nationale supérieure de la photographie d'Arles (ENSP). Il s'agit de mettre en avant les photographes et commissaires d'exposition sortis de cette école. Lucien Clergue, fondateur du festival, avait d'ailleurs monté des «workshops» sur le modèle de ce qu'il avait vu aux Etats-Unis. Nous voulons maintenant développer cette activité. Aux stages proposés uniquement pendant les Rencontres, nous avons ajouté en 2011 des stages pendant les vacances scolaires, puis cette année pendant les week-ends. A présent, nous avons pour objectif d'obtenir un agrément pour donner des formations continues pour entreprises, puis d'ouvrir un centre de stages ouvert tout l'année, d'ici deux à trois ans.
Et du côté des expositions?
F.H. L'édition 2012 des Rencontres, intitulée «Une école française», met en avant des expositions montées par nos invités de cette année, certains de nos 650 étudiants: comme Sylvie Lécallier, chargée de la collection photographique du musée Galliera, pour une exposition sur les premières photographies de mode, ou Luce Lebart, qui nous propose une exposition sur les premiers dépôts de brevet en photo à la fin du XIXe siècle. Nous avons aussi invité des étrangers du monde entier: cinq écoles accompagnées chacune de trois photographes, ainsi que quatre artistes étrangers, dont le cinéaste Amos Gitai.
Comment vous distinguez-vous des autres festivals photo estivaux?
F.H. Le Festival de photojournalisme de Perpignan est consacré au genre très précis du photojournalisme, la profession journalistique, alors que nous avons une approche artistique, dans toute l'étendue de la photo, la forme, le message. Notre vrai concurrent est plutôt le festival photo de Madrid. Nous, nous produisons ce que nous montrons, nous avons multiplié les expos: on en compte une soixantaine.
Les Rencontres sont rentables?
F.H. Notre fréquentation a été multipliée par dix en dix ans. Parce que la photo est devenue peu à peu très à la mode, avec un marché qui s'est développé et l'émergence de collectionneurs. Et il y a eu écrémage des festivals photo: on en comptait 78 il y a dix ans, lorsque j'ai repris les Rencontres. Actuellement, nous avons un budget annuel moyen de 5,5 millions d'euros, financé à 40% par les subventions, 35% par la billetterie et les stages, et 25% par le mécénat.
Plus d'informations sur le business des Rencontres photo d'Arles et des festivals d'été culturels «blockbusters» dans Stratégies du jeudi 5 juillet
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