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The Wit : utopies et choc des classes

10/10/2013 - par Delphine Le Goff, à Cannes

La vigie des programmes internationaux distingue des formats de crise, du dépassement de soi à la confrontation sociale.

L'imagination de John de Mol est sans limites. Le démiurge de Big Brother, fondateur d'Endemol, a engendré un nouveau programme à l'odeur de soufre: Utopia, diffusé sur la chaîne néerlandaise SBS 6 et produit par la nouvelle société du père fondateur de la télé-réalité, Talpa Media. Cette «utopie» propulse des candidats dans une nature désolée, avec pour unique abri une grange, pour seul moyen de subsistance quelques poules étiques, et pour mission, celle de fonder une nouvelle société. Rien que ça.

«Utopia est symptomatique des formats de crise, où l'on délaisse le divertissement léger à la Splash pour des expériences éprouvantes, marquées par le dépassement de soi», analyse Caroline Servy, directrice opérationnelle de l'observatoire international des programmes de télévision The Wit, qui présentait le 7 octobre, lors du salon Mipcom à Cannes, «Fresh TV around the world», un panorama des programmes internationaux. Autre illustration: The Village, diffusé en Israël sur Channel 10, dans lequel deux familles se confrontent pour survivre. Selon Virginia Mouseler, cofondatrice de The Wit, «on est dans le "bye-bye cocoon", on sort de sa bulle pour aller à la rencontre de la différence».

 

Des programmes TV décomplexés

Une différence y compris sociale. Sur Channel 4, en Grande-Bretagne, Why don't you speak English met en présence deux familles, des immigrants première génération et des Anglais de souche, qui passent une semaine les uns chez les autres. Pas des plus politiquement corrects, We all pay your benefits, sur BBC 1, met face-à-face des actifs et des chômeurs: les premiers entendent vérifier si les inactifs ne profitent pas de leurs indemnités pour boire des bières et fainéanter, les seconds veulent s'assurer que le monde du travail vaut vraiment la peine... Shocking!

«Les Anglais ont l'habitude de ces concepts très intrusifs et très décomplexés vis-à-vis de l'argent, remarque Caroline Servy. Un programme récent, Show me your money, dévoilait à des employés la grille salariale de leur entreprise, avant de leur proposer de l'ajuster en accordant des augmentations aux collègues perçus comme compétents et en infligeant des coupes salariales aux autres.» De quoi créer des mutineries dans bien des entreprises.

Même les shows de «dating» mélangent à l'envi l'eau de rose et le vinaigre. Le danois Married at first sight fait convoler des candidats qui ne se connaissent pas. Divorceront? Divorceront pas? Quand au chilien Manos al fuego, il propose de l'argent à des époux pour tromper leur conjoint... Où l'insouciance a-t-elle disparu? Sans doute du côté des «talent shows»: «Les producteurs cherchent tous le prochain The Voice», remarque Caroline Servy. La crise en chantant?

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