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presse

Comment financer l'info ?

14/11/2013 - par Amaury de Rochegonde

Les Assises internationales du journalisme, qui se sont closes à Metz le 7 novembre, ont cherché à dégager des pistes susceptibles d'assurer la survie d'un métier.

Les chiffres se succèdent, implacables. Selon l'institut Pew Research, entre 2000 et 2012, les quotidiens américains ont perdu 32% de leurs journalistes et auteurs tandis que le nombre de photographes était presque divisé par deux (-42%). En Belgique, la plus ancienne école de journalisme, l'Institut de journalisme (IDJ), a été contrainte de fermer ses portes, faute d'emplois pour ses diplômés. En France, la Commission de la carte des journalistes professionnels comptabilise 1504 demandeurs d'emploi sur 37 012 titulaires tandis que Pôle emploi avance le chiffre de 12 101 chômeurs dans cette profession (tous les journalistes n'ayant pas une carte de presse). A travers les seuls plans sociaux des grands groupes, qui touchent de plus en plus la presse quotidienne régionale et les magazines, 400 postes de journaliste seront détruits en 2013 dans la presse, selon Jean-Marie Charon, chercheur au CNRS.
Dans ce contexte, la conférence «Comment financer l'information», le 6 novembre aux Assises du journalisme à Metz, avec Stratégies, était donc très attendue. Premier constat: si les audiences sont au rendez-vous, les revenus numériques ne parviennent pas à compenser la chute des recettes sur le papier, tant en diffusion qu'en publicité. «Les sites d'information s'autofinancent à peu près mais ne suffisent pas à compenser la baisse du revenu du papier, a relevé Eric Mettout, directeur adjoint de la rédaction de L'Express. Nous sommes revenus sur l'illusion qu'un site adossé à un média pouvait devenir son relais de croissance. Le Web et le print ont deux économies différentes.»
Si le site de L'Express s'équilibre, avec ses 35 journalistes en propre, il ne contribue pas à la rémunération des rédacteurs du magazine qui assurent une grande partie de la richesse éditoriale du site. D'où la recherche d'activités diversifiées comme les salons, les hors-séries ou l'e-commerce. Ainsi, Lagardère Active, qui se désengage d'une dizaine de magazines, compte mettre à profit la présence de ses titres sur Internet pour suggérer des achats en ligne ou proposer des images de ses productions audiovisuelles (une chaîne Public TV est ainsi prévue) afin d'accompagner l'essor du très haut débit. Les capacités de monétisation publicitaire de la vidéo sont en effet supérieures.

 

Le modèle payant comme référence

Si un tel développement peut contribuer à sauver les journaux, ils n'épargnent pas pour autant les journalistes. Edwy Plenel, président-fondateur de Mediapart, assure ainsi que «le risque est que ceux qui vendent les journaux fassent autre chose que du journalisme». «Libération vend de la nourriture, d'autres des voyages, certains organisent des colloques... La presse s'est aussi tournée vers l'Etat: nous voulons la fin de ces aides directes, qui démobilisent», a-t-il lancé, tout en demandant à ce que les journaux bénéficient de «fonds de dotation» ouvrant à deux tiers de remise d'impôts, à l'instar de la culture.

Avec «81 000 abonnés actifs payants», Mediapart dégage de l'argent: en anticipant depuis deux ans dans ses comptes une TVA à 2,1% (au lieu de 19,6%), il va approcher un résultat net de près de 1 million d'euros pour 7 millions de chiffre d'affaires en 2013. Pour Edwy Plenel, «la loi est en retard sur le droit». Mais l'information payante, gage d'indépendance, peut s'équilibrer: «J'essaie de prouver que l'information peut être rentable», dit-il.
L'axe du payant, c'est aussi le modèle retenu par Le Temps. «Le passage au mur payant a été une bénédiction», a jugé Michel Danthe, rédacteur en chef adjoint en charge du numérique du quotidien suisse. Quand en janvier 2011 le site du Temps est devenu payant, il n'a gardé que 64% de ses lecteurs, en passant de 135 000 à 87 000. Mais nous sommes à 178 000 aujourd'hui. Parallèlement, le coût pour mille est passé de 25 à 200 francs suisses.

Ce modèle fait aujourd'hui référence pour de grandes marques comme The New York Times, qui constate un léger déclin de ses revenus publicitaires en ligne et souhaite développer une offre payante thématisée en 2014. Ce journal continue de parier sur le papier, à l'instar de l'allemand Bild qui donne désormais un numéro d'accès à un espace en ligne réservé... sur chaque exemplaire acheté du quotidien.

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