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Tribune

Les méthodes d'intimidation de Bolloré critiquées par les journalistes

25/01/2018 - par Caroline Bonacossa avec l'AFP

Les poursuites engagées par le groupe Bolloré, dirigé par Vincent Bolloré, visent à «bâillonner» la presse, dénoncent des journalistes. Notamment concernant le business du groupe en Afrique.

Des journalistes et ONG ont dénoncé mercredi 25 janvier dans une tribune les poursuites systématiques dont ils font l'objet quand ils s'intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique. Le groupe compte quinze procédures en cours engagées en France et à l'étranger contre des journalistes ou ONG pour «diffamation ou dénigrement», selon les signataires de cette tribune, qui devancent l'ouverture d'un de ces procès jeudi à Paris.    

22 grands médias signataires

«Au vu de leur ampleur, nous estimons que ces poursuites judiciaires s'apparentent à des poursuites-bâillons», soulignent les signataires de la tribune, qui incluent des journalistes et ONG mis en cause, mais aussi les sociétés de journalistes de 22 grands médias français, Attac France, le collectif «Informer n'est pas un délit» et Reporters sans frontières. Les sociétés de journalistes cosignataires sont celles de l'AFP, BFMTV, Challenges, Les Echos, Europe 1, L'Express, France 2, France 3, Le Monde, L'Humanité, Libération, L'Obs, Mediapart, M6, Le Point, Premières Lignes, Radio France, RTL, Télérama, TF1, TV5Monde, La Vie et Le Figaro.    

«Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser  financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d'alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de géants économiques comme le groupe Bolloré», soulignent les signataires.    

Plantations en Afrique

Le procès qui s'ouvre jeudi à Paris oppose des journalistes et ONG à la Socfin, holding luxembourgeoise propriétaire de plantations en Afrique et en Asie dont le groupe Bolloré détient près de 40%.    

La Socfin attaque en diffamation les ONG ReAct et Sherpa ainsi que Le Point, Mediapart et L'Obs, qui avaient fait état en avril 2015 de vols de terres aux riverains de ces plantations de palmiers à huile et d'hévéas. Sa filiale Socapalm attaque pour sa part les deux ONG.    

Un autre procès doit s'ouvrir le 3 avril, opposant le groupe et France 2 pour une enquête-portrait consacrée à l'industriel breton. Le groupe Bolloré demande également 50 millions d'euros de dommages et intérêts à France 2 dans une autre procédure mais pour le même reportage.

Financement libyen

Les journalistes Jean-Pierre Canet et Nicolas Vescovacci (visé lui aussi par une plainte) reviennent sur ces «méthodes» de Vincent Bolloré dans un livre à paraître le 31 janvier, «Vincent tout-puissant».    

Sur une vingtaine de procédures lancées par le groupe ces dernières années, seules deux condamnations ont été prononcées, contre Libération pour la légende d'une photo et France Inter pour un reportage, précise la tribune. Dernière décision en date, le tribunal correctionnel de Paris a débouté  mardi le groupe Bolloré de ses poursuites en diffamation contre le magazine Les Inrocks, pour un article de 2013 relatif aux soupçons de financement libyen de la campagne de l'ex-président Nicolas Sarkozy en 2007.    

S'estimant mis en cause, le groupe avait porté plainte, mais le tribunal a estimé que les propos litigieux ne concernaient que la personne de Vincent Bolloré, et déclaré irrecevable l'action de la société.

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