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Étude

Le média bashing se développe depuis la présidentielle

15/03/2018 - par Sorlin Chanel avec AFP

Des journalistes déclarés persona non grata, des plaintes tous azimuts et un média bashing (dénigrement des médias) qui se répand: un rapport publié jeudi déplore une multiplication des incidents entre la classe politique et la presse depuis la dernière élection présidentielle.

Le rapport annuel de l'Observatoire de la déontologie du journalisme (ODI), présenté jeudi aux Assises du journalisme à Tours, relève que cette élection «a été émaillée d'incidents entre hommes politiques et journalistes, les premiers cherchant de plus en plus à se passer des seconds pour diffuser leurs messages formatés à leur seule convenance, ou se livrant à un média bashing pour se dégager d'informations les mettant en cause ou ne leur convenant pas, au risque d'affaiblir la démocratie dont la liberté d'informer et d'être informé est un des piliers».

L'organisme qui réunit des particuliers, des professionnels et des médias, évoque notamment la décision du FN durant la campagne de priver certains journalistes d'accès à ses événements, ou de leur interdire d'interviewer les militants lors d'un meeting. L'ODI, qui rappelle les multiples attaques de Marine Le Pen contre les médias, souligne que le média bashing a aussi été le fait d'autres formations politiques, remarquant par exemple que «des journalistes ont été hués lors de réunions de François Fillon. Certains ont failli être molestés. D'autres ont reçu des menaces de mort», sans que le candidat LR condamne ces faits. Il note en outre «la généralisation de la fourniture d'images sur mesure par les partis politiques à l'occasion de leurs meetings».

Le gouvernement et l'Élysée ciblés
«Le plus préoccupant est sans doute que ces tendances se soient prolongées une fois la fièvre des scrutins retombée», souligne l'ODI, qui revient également dans son rapport sur les polémiques à propos de la communication présidentielle ou le «coup de fil» de l'ex-Garde des Sceaux François Bayrou à Radio France pour critiquer une enquête sur le MoDem. L'Observatoire relève aussi les nombreuses «plaintes et menaces de plaintes (...) déposées ou annoncées pour tenter d'intimider des journalistes jugés trop curieux», notamment de la part d'entreprises comme le groupe Bolloré ou le géant laitier Lactalis, mais aussi, fait nouveau, de la part «du gouvernement et de l'Élysée».

L'étude ne dédouane pas pour autant la presse, notant globalement «un relâchement de la rigueur sous l'influence de débats publics virulents et très polarisés» et une fréquente confusion entre «les faits et les opinions», ainsi qu'entre «animateur, chroniqueur invité et journaliste», ce qui contribue, note l'ODI, à «nourrir l'accusation de parti pris systématique, de mensonges, de manipulation portée contre les médias».

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