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Françoise Laborde : « Il faut se battre pour imposer la présence des femmes »

14/03/2019 - par Marie-Caroline Royet

Françoise Laborde, journaliste, cofondatrice et présidente d’honneur de l’association Pour des femmes dans les médias (PFDM).

L’enquête #EntenduALaRédac, conjointe de plusieurs collectifs journalistiques, qui révèle que 270 rédactions sont impliquées dans des violences sexuelles ou harcèlements sexistes.

Ils ont fait un travail formidable. Nous les avions déjà récompensés, il y a deux ans, après une enquête sur la façon dont les journalistes rendent compte des violences faites aux femmes, expliquant qu’il faut arrêter de parler de « drame passionnel » quand il s’agit d’un mari qui a tué sa femme. Malheureusement, les résultats de l’enquête #EntenduALaRédac ne me surprennent absolument pas. Ils viennent confirmer toutes les actions que nous entreprenons au sein de l’association.


Le mouvement #metoopub, sur le harcèlement sexuel en agences, qui se développe sur les réseaux sociaux.

Cette prise de parole est significative d’un ras-le-bol général. La difficulté aujourd’hui est que nous vivons dans un univers extrêmement masculin, avec des codes très machistes. Que ce soit dans la pub, en politique ou dans le milieu journalistique, on se tutoie, on s’invective, on a la moquerie facile, les filles sont priées de rigoler quand on leur sort une vacherie liée à l’apparence physique. Faisant écho à l’affaire Dominique Strauss-Kahn, à l’époque, tout le monde pensait que ce n’était pas si grave, qu'il restait tout de même un homme intelligent... Il s’est quand même jeté sur une femme de chambre. En France, nous nous cachons souvent derrière cette position un peu légère du « oui mais je rigole ».


La charte de bonne conduite de votre association, Pour des femmes dans les médias.

J’ai créé cette association il y a sept ans. Chaque année, nous remettons des trophées à des femmes dont le parcours est particulièrement inspirant. À la suite de l’affaire #metoo, j’ai pensé qu’il était nécessaire de rédiger une charte de bonne conduite des relations hommes-femmes. Elle a été signée le 13 mars, en présence du ministre de la Culture et d’une quinzaine de patrons de médias dont TF1, Canal+ et Radio France. C’est un code de bonne conduite pour éviter des situations de harcèlement sexuel et des comportements sexistes au sein des rédactions. Le temps a démontré qu’il est plus efficace d’impulser des bons comportements plutôt que de se lancer dans des dénonciations. Quand j’ai commencé dans les rédactions c’était bien pire qu’aujourd’hui, les filles étaient tenues d’adopter des comportements très masculins sinon elles se faisaient traiter de tous les noms. L’idée est donc de faire comprendre à nos camarades masculins que les blagues du style « t’es de mauvaise humeur, t’as t’es règles ? » ou « enlève les moches qui sont au premier rang et mets plutôt les mignonnes » sont intolérables.


Le CSA qui fait état d’une moindre visibilité des femmes sur les antennes en 2018.

Encore une fois nous restons dans la même problématique, il faut se battre pour imposer la présence des femmes. Seulement le système a été créé sans femme au premier rang, il est donc difficile de bousculer les représentations à l’antenne. Longtemps, les présentateurs n’invitaient pas de femmes car ils pensaient qu’elles n’étaient pas aussi compétentes que les hommes, comme dans les débats politiques où la présence de femmes reste encore trop rare. Prenez la dernière campagne électorale, la seule candidate des Républicains, s’est vu couper sans arrêt la parole par une brochette d’hommes, pour lui expliquer ce qu’elle était déjà en train de dire. Un classique du comportement masculin.


24 radios qui pourront commencer à émettre en DAB+ d’ici 2020.

Je suis très partagée quant à la mise en place du DAB+ [radio numérique terrestre ou RNT]. Quand j’étais au CSA, mon camarade Rachid Arhab, défendait ce dossier avec beaucoup d’énergie. Personnellement, j’aurais tendance à dire qu’avec les moyens modernes de diffusion, notamment via internet, je ne suis pas sûre que nous ayons besoin de la RNT. Avec le développement imminent de la 5G, le wifi ne sera plus nécessaire pour écouter la radio sur internet et la qualité sera meilleure. Sans oublier que pour écouter le DAB+, il faut s’équiper de nouveaux appareils. Je pense que cela arrive trop tard.

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