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Les fake news ne viennent pas toujours d’où l’on croit

26/03/2019 - par Constant Espanel

Quelles bonnes pratiques contre les fake news et la désinformation ? C'est la question qu'étaient venus se poser de nombreux journalistes et experts lundi 25 mars à la Maison de la Radio à Paris. Ils ont partagé leurs expériences en matière de fact-checking.

Après le succès de la première édition du festival Médias en Seine, Franceinfo et Les Échos ont décliné ce lundi 25 mars leur événement en un atelier réservé aux journalistes et aux étudiants en écoles de journalisme. Tout au long de cette matinée de partage organisée à la Maison de la Radio, de nombreux professionnels du fact-checking ont raconté leur expérience et apporté leurs solutions afin de lutter contre la désinformation et «apprendre [à tous] à naviguer dans l’empire du faux», comme l’a suggéré Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte France et directeur de l’École de journalisme de Sciences Po.

Un flou entoure les fake news

Antoine Krempf, journaliste à Franceinfo en charge du rendez-vous Le Vrai du faux, a inauguré la conférence en interrogeant l’anglicisme fake news qui, tel un véritable mot-besace, signifie à la fois tout et surtout n’importe quoi. Pour lui, il convient plutôt de parler, selon les situations, de désinformation, mésinformation ou bien mal-information. Dans le premier cas, l’information est fausse et fabriquée avec l’intention délibérée de nuire à une entité, quelle qu’elle soit ; dans le deuxième, elle est fausse mais n’a pas été produite avec un tel objectif initial ; dans le troisième enfin, l’information se base sur de vrais éléments qui cachent tout de même une réelle volonté de nuire.

Pour lutter contre ces fausses nouvelles, les médias investissent depuis plusieurs années le créneau de la recherche de vérité et répondent à une réelle demande de leurs publics. Cédric Mathiot, journaliste à Libération et responsable de la plateforme CheckNews, a affirmé avoir reçu près de 19 000 questions depuis la création, en 2017, de ce service qui répond aux interrogations des internautes, transformant le modèle de Désintox initié en 2008 en un véritable système de vérification des faits à la demande. «Quitter la verticalité du fact-checking et s’inscrire dans une forme d’horizontalité par l’interactivité permet de toucher au-delà de son lectorat qui est par essence convaincu», explique-t-il. Les initiatives se multiplient donc. Au 20 Heures de France 2 par exemple, après L’œil du 20 heures, a récemment été mise en place la rubrique de fact-checking Faux et usage de faux ; une nouvelle rubrique dédiée intitulée Euro Vérif apparaîtra quant à elle dans les prochains jours dans les éditions du week-end du même JT pour décrypter les élections européennes.

Comment faire du fact-checking ?

Pour lutter contre la désinformation, David Dieudonné, directeur du Newslab Google, a énoncé les nombreux outils développés par le géant américain, destinés aux journalistes, mais pas que, qui permettent entre autres de faire des recherches exclusivement dans des articles universitaires ou dans des bases de données, de rendre compte des requêtes faites par les utilisateurs ou de retrouver l’origine d’une photo. De son côté, Guillaume Daudin, journaliste à l'AFP et responsable du blog AFP Factuel, est revenu sur la fake news autour de la présidente croate, Kolinda Grabar-Kitarović, qui aurait vendu l’avion présidentiel et baissé son salaire de 30%, et que les journalistes de l’AFP à travers le monde ont pu «débunker» grâce à l’outil Who posted what ? qui améliore la recherche de posts sur Facebook. Chez France Télévisions, la directrice adjointe de la rédaction, Éléonore Gay, a à cet égard annoncé que des ateliers ont été mis en place en interne pour former les journalistes aux techniques de base de la vérification en ligne.

Des fake news d'élus européens

Autre solution proposée par Samuel Laurent, journaliste au Monde et responsable des Décodeurs : le data journalisme. Il permet, en analysant les données, de remonter aux acteurs de la diffusion des fausses informations. Ainsi, sur les réseaux sociaux, les principales fausses informations ne sont pas forcément celles que l’on croît. Le domaine le plus touché par les fake news n’est, contre toute attente, pas la politique mais bel-et-bien la santé, un thème concernant qui maximise les clics. Concernant la désinformation autour de la présidente croate, les journalistes de l’AFP en langue arabe se sont aperçus que le message partagé a a priori été quasi-intégralement repris d’un post concernant Joyce Banda, l’ex-présidente du Malawi, publié le 28 mai 2017.

De son côté, Caroline de Camaret, rédactrice en chef Europe de France 24, s’inquiète du fait que «les fournisseurs de fake news sont aussi parfois des Eurodéputés», venus du mouvement 5 étoiles ou de Debout la France. Un phénomène qui devra donc être particulièrement suivi dans les prochains mois, élections européennes obligent.

 

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