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AUDIOVISUEL

Nous vivons un choc médias

02/06/2000

La coupe est pleine. Face à l'augmentation des tarifs, en particulier ceux de la télévision, les annonceurs grondent et se mobilisent. Explications avec Gérard Noël, le vice-président de l'Union des annonceurs (UDA).

Comment réagit l'UDA à l'augmentation des tarifs de la télévision depuis le début de l'année? Gérard Noël. Nous assistons à une explosion des coûts réels de la télévision. Il semble d'ailleurs que d'au-tres médias, comme la radio ou l'affichage, ne soient pas en reste. Elle va bien au-delà de ce que nous avions projeté fin 1999, même dans nos hypothèses les plus pessimistes. Les annonceurs sont en complète ébullition sur le sujet. Nous nous gardons pour l'instant de déclarations agressives ou polémiques, mais cela nous oblige à une réflexion de fond. C'est-à-dire? G.N. À partir du moment où l'augmentation du coût du GRP TV, constatée au mois d'avril, atteint 17% par rapport au même mois de 1999, avec certaines chaînes au-delà de 20%, sachant en plus que cette tendance est constatée depuis le début de l'année, le problème pour nous n'est plus de réagir à court terme. Les entreprises savent qu'elles ne pourront pas supporter une telle évolution. TF1, et c'est son droit, a annoncé une hausse de 20 à 30% dans les trois ans qui viennent (voirStratégieschoc pétrolier des années 70. C'est un «choc médias» pour les annonceurs. Sur quels sujets portent vos groupes de travail? G.N. Nous travaillons d'ores et déjà avec nos adhérents sur tous les aspects du problème: comment aborder les discussions avec les chaînes à l'automne? Comment construire ou reconstruire leurs plans médias ou hors-médias pour l'avenir? Quelles sont les nouvelles priorités dans l'utilisation de leurs moyens de communication pour promouvoir leurs produits ou services? Lorsque TF1 annonce la progression de ses tarifs sur trois ans, cela ne donne-t-il pas de la visibilité aux annonceurs? G.N. C'est le seul côté positif. Mais il faut bien comprendre qu'aucun des 1000annonceurs de la télévision en France ne voit actuellement l'un de ses coûts augmenter de la sorte. L'économie des pays développés est aujourd'hui proche d'une inflation zéro. Quand une entreprise voit l'un de ses coûts augmenter de 1 à 2%, elle s'inquiète. Alors de 30%! Et quand elle constate que la progression est déjà de 20% depuis le début de l'année, économiquement, c'est insupportable. Les régies avancent que le coût d'accès à la télévision en France est le moins cher d'Europe. G.N. Je ne suis pas sûr que ce genre d'argument puisse réellement justifier de telles augmentations de tarifs. Nous ouvrirons ce débat. Les chaînes rétorquent souvent que la loi limite la durée de publicité. Seriez-vous prêt à une évolution de cette loi? G.N. C'est une évidence. Nous avons régulièrement demandé aux pouvoirs publics d'aligner la réglementation française sur la réglementation européenne. Nous faisons donc cause commune avec les chaînes. Autrement dit, nous n'accusons pas les chaînes de tous les maux. Nous constatons simplement qu'elles ont pris comme option stratégique de profiter de la situation de pénurie et de forte demande, alors qu'elles pourraient adopter une stratégie plus raisonnable, en évitant ces excès. D'autant que rien n'est éternel. Quand le pétrole augmente de 50%, un jour, on construit des centrales nucléaires... À quel moment allez-vous prendre une position définitive sur ces augmentations? G.N. Le moment venu, nous irons, calmement mais fermement, expliquer notre position à nos interlocuteurs. De façon argumentée, nous leur ferons part de nos inquiétudes et surtout des conséquences prévisibles de leurs décisions. Pour l'instant, nous prenons notre temps pour travailler et mener des discussions collectives. Le sujet est trop grave.

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