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Télévision

La justice enquête à nouveau sur les régies publicitaires

25/08/2000

L'Union des annonceurs et le Syndicat national de la publicité télévisée s'étonnent de voir ressurgir un dossier qu'ils estimaient clos.

Les régies publicitaires télévisées sont sur la sellette. Révélée parLe Canard enchaînédu 9août, une information judiciaire contre X pour escroquerie est en cours au tribunal de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Principales cibles: les régies soupçonnées par Verimédia de pratiques commerciales obscures. Cette société d'audit médias, dirigée par Françoise Guillemont, estime en effet que les régies ne diffusent pas les écrans publicitaires aux horaires prévus. Or les écrans sont tarifés en fonction de leurs horaires de passage, mais les tarifs ne sont pas modifiés pour autant en cas de décalage.

L'affaire étonne les publicitaires

En 1997, Verimédia avait entrepris, pour le compte de ses clients, de vérifier si ces modifications pouvaient éventuellement donner lieu à des surfacturations de la part des régies. Surprise, l'étude concluait à des facturations abusives, dont le montant total s'élèverait à 42millions de francs. Dans un premier temps, le 13octobre 1999, le Conseil de la concurrence a déclaré irrecevable la plainte présentée par Verimédia. Pour leur défense, les régies objectaient que les intitulés des écrans publicitaires n'indiquent pas un horaire de diffusion, mais un contexte de programmation, seule disposition garantie. Une pratique effectuée«en vertu d'un usage ancien et constant dans la profession»,soulignait le Conseil de la concurrence. L'affaire a rebondi en avril dernier avec la discrète reprise du dossier par le Service central de prévention de la corruption. Créé en 1993 avec la loi Sapin et rattaché au Garde des Sceaux, ce service peut s'autosaisir d'affaires quand il soupçonne des fraudes en matière commerciale. Après une«enquête de voisinage»,indique-t-on en interne, le dossier a été transmis avant l'été au procureur du tribunal de Nanterre qui l'a confié au juge d'instruction Michèle Luga. Le choix des Hauts-de-Seine n'est pas innocent. C'est le département où est installée la principale régie TV, TF1 Publicité, dont la directrice générale, Claude Cohen, est également présidente du Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV).«Pour nous, le dossier était classé,s'insurge l'intéressée.Nous réfléchissons d'ailleurs à une action en justice en retour.»L'affaire étonne d'ailleurs le monde publicitaire.«Ces pratiques sont courantes et connues,indique Didier Beauclair, directeur des médias à l'Union des annonceurs (UDA).Les conditions générales de vente sont d'ailleurs claires à ce sujet. Aucun de nos membres ne s'en est plaint.» «Nous achetons de l'audience et non un horaire,observe Isabelle Le Roy, directrice générale de MPG Ressources.L'audience, le contexte et le coût du GRP sont plus importants que l'heure de passage.»Pour Verimédia, dont les responsables étaient injoignables cette semaine, les enjeux financiers sont importants. L'essentiel de son chiffre d'affaires est en effet généré par les honoraires payés par ses clients sur ce type de prestation, et une défaite en justice pourrait se traduire par l'obligation de rembourser les sommes déjà payées par ses annonceurs.

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