Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Enquête Télévision

Plus d'abonnés, moins d'argent

10/11/2000

Si l'offre du câble et du satellite explose, les chaînes thématiques tirent le diable par la queue. Fragilisés par la diminution de leur rémunération sous la pression des opérateurs et à cause de la frilosité des annonceurs, les éditeurs repartent au combat.

Le paysage audiovisuel français de complément connaît une situation paradoxale: le nombre d'abonnés aux chaînes du câble et du satellite a été multiplié par quatre en six ans, à plus de 4millions fin 1999, mais les «petites» chaînes, prises séparément, ont de plus en plus de mal à vivre. Lors du dernier Mipcom, Philippe Chazal, le directeur général d'Histoire et nouveau président de l'Association des chaînes du câble et du satellite (Acces), déclarait: «Le prix de l'abonnement baisse pour le public. Les chaînes thématiques ne doivent pas être les seules à en supporter le coût.» D'où l'idée d'un «pacte de croissance» visant à un meilleur partage des recettes. «Il s'agit de fixer un cadre général de rémunération et une proportionnalité des recettes», explique Guillaume Gronier, le délégué général de l'Acces. Une idée accueillie avec beaucoup de scepticisme par les opérateurs, avec qui l'Acces va entamer des négociations «au cas par cas». Au printemps dernier, le CSA soulignait la fragilité des chaînes thématiques (voir encadré). Une «paupérisation» relative, selon la Direction du développement des médias (ex-SJTI), pour qui près des deux tiers des chaînes sont aujourd'hui à l'équilibre. Mais la perspective du numérique hertzien fait planer la menace d'une «sélection naturelle» et de regroupements, comme le montrent les accords TF1-M6 ou Pathé-Lagardère. Les opérateurs, de leur côté, veulent rationaliser leurs offres et rentabiliser leurs investissements. Thierry Schlück, le directeur général de CanalSatellite, estime ainsi qu'il «est temps de répartir les fruits de la croissance du nombre d'abonnés au profit du distributeur». Chez TPS, on ne cache pas non plus l'ambition de «rentrer dans ses frais». De leur côté, les câblo- opérateurs jouent à fond la loi du marché grâce aux forfaits à la carte. Opportune pour les abonnés, la formule permet aux opérateurs de peser sur les négociations commerciales avec les chaînes. «Que la rémunération soit fonction du nombre d'abonnés de la chaîne est normal», répond Gustavo Veinstein, en charge des relations avec les chaînes chez Noos. «Dès lors que le numérique progresse et qu'il y a demande des abonnés, la position des opérateurs se comprend», considère Didier Bailleux, le directeur marketing de Voyage et Pathé Sport, tout en regrettant que «le taux de pénétration de Pathé Sport varie du simple au double selon les réseaux». Claude-Yves Robin, le directeur général de CanalJ, renchérit: «La multiplication des offres et l'argument du choix laissé au consommateur permettent aux câblo-opérateurs de jouer la montre pour faire monter les enchères. Au final, les chaînes sont prises en tenaille entre la nécessité d'être rémunérées au juste prix et le désir d'étendre leur visibilité.»

Rémunération en baisse

En moyenne, la redevance varie aujourd'hui de 20centimes à 6francs par mois et par abonné, toutes les chaînes n'étant pas logées à la même enseigne. Les «historiques» ont vu leur rémunération passer de 6francs par mois à 2 à 3francs aujourd'hui. Pour Canal J, Claude-Yves Robin admet qu'il y a eu «des moments difficiles», lors du bras de fer avec France Télécom Câble. Les chaînes de seconde génération, elles, ont pris leur parti de rémunérations plus modestes. iTélévision, par exemple, ne touche que 2,70francs par mois de TPS. Lors de la reconduction de son contrat avec CanalSatellite, LCI a vu sa rémunération mensuelle tomber de 6 à 3,30francs. «Nous avons toujours défendu l'idée d'une juste rémunération des chaînes et la baisse de rémunération a été compensée par la croissance du nombre d'abonnés, estime Thierry Schlück.À présent, notre ambition est de stabiliser le prix global de notre offre. Les chaînes devront rentrer dans l'enveloppe que nous prévoyons.»La redevance versée aux chaînes (de 1 à 5francs) pourrait bientôt être revue à la baisse. Même discours chez TPS où Jacques Espinasse, directeur général, annonce que«les redevances versées devront diminuer de moitié».Va-t-on vers un système à l'allemande où les câblo-opérateurs font payer les chaînes pour les distribuer? C'est la tentation de Noos. AlloCiné Télévision pourrait en faire les frais. Sa reprise sur le câble parisien reste en suspens.«Lors de son rachat, la chaîne a été valorisée à 75% par Canal+ comme si elle était reprise sur le câble parisien, alors qu'elle n'avait pas commencé à négocier avec nous»,plaide Gustavo Veinstein, qui rappelle que les pertes de Noos frôlent le milliard de francs par an,«contre 5milliards de francs pour toutes les chaînes thématiques réunies».Du coup, l'Acces craint une contagion de cette situation au satellite. Le CSA risque, dans les prochains mois, de se trouver lui aussi au coeur de la bataille. La loi a renforcé ses pouvoirs, en particulier sur«la libre concurrence»et«l'établissement de relations non discriminatoires entre éditeurs et distributeurs de services»(article 1er). Les Sages devront aussi s'assurer que la composition de l'offre soit conforme à«l'équilibre économique des relations contractuelles avec les éditeurs de services»(article 34). Saisi par l'Acces, le CSA exige des éditeurs la publication de la totalité de leurs contrats commerciaux. Une requête qui doit encore obtenir l'aval des distributeurs...

Envoyer par mail un article

Plus d'abonnés, moins d'argent

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.