Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

LA RÉPONSE DE JEAN-MARIE MESSIER À EDWY PLENEL

Vous avez dit fair-play?

17/11/2000

Jean-Marie Messier, président de Vivendi, a vivement réagi à l'interview d'Edwy Plenel, le directeur de la rédaction du Monde, publiée dans Stratégies de la semaine dernière.

Dans l'entretien que vous a accordé Edwy Plenel («Bienvenue dans le deuxième Monde», lireStratégiesMonde, qui avait titré à la une, le 13octobre dernier: «Bruxelles bloque la fusion Vivendi-Seagram». Les explications très personnelles d'Edwy Plenel relèvent de nombreuses inexactitudes qu'il me paraît souhaitable de porter à la connaissance de vos lecteurs. - M. Plenel évoque le«fair-play»duMonde. Quand un journal, dit de référence, met à sa une une information gravement erronée et susceptible de causer un lourd préjudice, la correction de l'erreur relève à mon sens davantage de la déontologie que du fair-play. Sans oublier, naturellement, de s'interroger sur l'origine de l'erreur et la volonté qui la sous-tendait... - À la déontologie devrait normalement s'ajouter la responsabilité. À la suite de cette une erronée, l'activité sur le marché américain concernant les actions (ADRs [valeurs étrangères cotées à Wall Street]) Vivendi a atteint ce jour-là un niveau cinq fois plus élevé que la moyenne, avec une baisse de plus de 7%, compensée le lendemain dès publication de l'accord de Bruxelles. Ces mouvements ont représenté une perte globale, pour certains actionnaires, de l'ordre de 200millions d'euros. On imagine sans peine ce qu'auraient pu être les conséquences d'une pareille erreur pour un journal américain que les actionnaires victimes n'auraient pas manqué de poursuivre immédiatement. - M. Plenel écrit ensuite l'histoire à sa façon, affirmant:«Au moment où on l'écrit, le jeudi 12octobre à 10heures du matin, cette information, résumée ainsi, est juste. Le problème, c'est qu'elle crée une nouvelle réalité. Jeudi, tous les dirigeants de Vivendi prennent le Thalys et vont camper à Bruxelles.»Comme siLe Mondeavait été manipulé dans l'intérêt de Vivendi, en quelque sorte... Cette belle histoire est malheureusement fausse. Après avoir rappelé qu'une décision est prise au moment où elle l'est, ni avant ni après, je préciserai que - comme il est d'ailleurs normal pour une opération d'une telle ampleur et une autorisation en phase 1 - j'étais en contact téléphonique direct avec Bruxelles depuis plusieurs jours et que la totalité des «undertakings» avait été évoquée depuis le lundi. Quant au déplacement de«tous les dirigeants»,que l'on sent dramatique... Ce jour-là,«tous les dirigeants»de Vivendi, mais également de Canal+ et de Seagram, étaient à Paris avec plusieurs centaines d'analystes. Seules trois personnes de l'équipe juridique se sont rendues à Bruxelles, comme elles l'ont fait à cinq reprises au cours des mois précédents, par le train... de 7h55. Aucun mandataire social de nos groupes ne s'est rendu à Bruxelles au cours de cette instruction, ce que nous n'aurions naturellement pas hésité à faire... mais qui ne s'est pas révélé utile. -«Si nous n'avions pas donné cette information, la fusion n'aurait, d'ailleurs, peut-être pas été acceptée»,ajoute M. Plenel. Puis, plus loin:«Entre l'information duMondeet la fusion telle qu'elle est agréée, le projet change.»L'inanité et l'inexactitude de ces propos ressortent bien des faits précédents et je crois qu'il n'y a pas une note d'analyste qui n'ait pas souligné depuis le caractère raisonnable et non stratégique des concessions faites à Bruxelles. -«Que je sache, si le marché est réticent sur la stratégie de Messier, c'est parce qu'il n'en voit pas la transparence»,affirme encore M. Plenel. Revenons une fois de plus sur les faits: Qu'observe-t-on depuis le 19juin, veille de la date d'annonce de l'opération? Une performance se juge bien sûr par rapport au marché et non dans l'absolu. Après une période d'arbitrages lourds jusqu'à fin août, se traduisant par une sous-performance de notre titre, c'est l'inverse qui se produit depuis deux mois. À ce jour et depuis l'annonce, le titre Vivendi a, malgré ces arbitrages, performé totalement en ligne avec l'index des valeurs médias (à 0,1% près au 10novembre!) et notablement surperformé celui des valeurs télécoms (de plus de 20%). Tels sont les faits du marché. Chacun est juge de leur interprétation. -«Mais quelle est la cohérence, quel projet cela dessine-t-il?»ajoute M. Plenel. Celui de créer un groupe français, atteignant le deuxième rang mondial dans les métiers de la communication, longtemps sous domination exclusivement américaine. Nous le faisons à partir d'actifs de contenus et d'accès adaptés à la révolution d'Internet et plus généralement des hauts débits numériques. Cela signifie de plus en plus de services, avec une part croissante des données et des images, disponibles non plus seulement sur le PC mais sur tous les terminaux: télévision, mobile, etc. Il faut«attendre de voir»,conclut M. Plenel. Il a effectivement raison. La mission de l'entrepreneur, surtout aujourd'hui, étant d'essayer d'anticiper - ce qui ne va jamais sans risque -, celle d'un journal de référence commeLe Mondedevrait plutôt être de s'en tenir à des informations vérifiées et solides.»

Envoyer par mail un article

Vous avez dit fair-play?

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies