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Télévision

C'est mon choix, le prétexte

08/12/2000

Bronca de députés, mises au point du CSA, la polémique sur l'émission C'est mon choix pose la question du poids croissant de Jean-Luc Delarue à la télévision.

Didier Mathus, député PS et administrateur de France Télévision, l'a dit tout net auMondedes 3-4décembre:«Le quasi-monopole de Jean-Luc Delarue pose problème. Est-il normal qu'une seule maison de production fournisse à plusieurs chaînes la quasi-totalité des débats de société?»Au-delà de la polémique suscitée par l'émissionC'est mon choixproduite par Réservoir Prod, se pose à nouveau la question de l'économie du service public. Tenue de faire travailler des producteurs et vivant pour partie de la publicité, France Télévision donnerait-elle trop de poids à un homme de 36ans dont la société flirte avec les 250millions de francs de chiffre d'affaires, les 250salariés à plein temps et les 15% de rentabilité?«La réussite énerve,explique Michel Morinière, directeur artistique de Réservoir Prod.Nous sommes allés trop vite et trop fort. Mais sur quel critère nous juge-t-on trop présent?»Aujourd'hui, Réservoir Prod se situe à la troisième place des producteurs derrière Expand et Endemol.«Delarue, c'est le dernier indépendant qui résiste, le village gaulois,justifie Bertrand Mosca, directeur des programmes de la chaîne.Je n'y peux rien s'il est le meilleur producteur de talkshows.C'est mon choixbénéficie d'une équipe de 30journalistes et de 6rédacteurs. À 200000F l'heure pour l'après-midi et 100000F pour la rediffusion à 20h15, c'est le programme le moins cher de l'histoire du 18h30-20h30. France3 y réalise 70% de ses recettes de publicité.»L'émission rapporterait 2millions de francs par semaine.

Un problème de contrôle éditorial

En décidant d'abandonner, en janvier, la rediffusion à 20h15 des meilleurs moments du programme animé par Évelyne Thomas, Bertrand Mosca a toutefois accepté de transiger. Après la tempête suscitée à l'Assemblée nationale et la mise en garde adressée par le CSA, France3 était face à ses choix. Un paradoxe alors que l'émission est une «success story» de la télévision publique, avec une part d'audience, en novembre, de 24% à 13h50 et de 20,3% pour le «best of» de soirée. Mais des dérapages, tel celui du bras coupé à grand renfort d'hémoglobine, ont impressionné jusqu'au CSA, où Hervé Bourges a jugé l'émission«non emblématique du service public».Pour France3, l'affaire est une tempête dans un verre d'eau - sur 116émissions produites, 10 seulement sont jugées problématiques. Mais elle repose la question du contrôle éditorial de la chaîne.«L'émission sur le bras coupé n'était pas diffusable,reconnaît ainsi Bertrand Mosca.Nous visionnons systématiquement avant diffusion. Mais c'est vrai qu'on travaille en flux tendu avec des émissions livrées parfois au dernier moment. Des visionnages ont pu se faire en accéléré...»Marc Tessier, président de France Télévision, a assuré qu'il y aurait un renforcement du contrôle éditorial de la chaîne. Pour remplacerC'est mon choixen soirée, France3 a fait appel à... Jean-Luc Delarue, pour une émission,Tous ego,rebaptiséeTous égaux,aux couleurs du service public. Avec Mireille Dumas, Marc-Olivier Fogiel ou Michel Field, la chaîne s'inscrit ainsi de plain-pied dans la concurrence avec une part d'audience de 17,3% depuis septembre, contre 15,9% à la rentrée 1999.«Si j'arrêtais complètementC'est mon choix,certains se jetteraient dessus. Mais je ne suis pas de ceux qui pensent que le service public doit être poussiéreux et vieillot»,conclut Bertrand Mosca.C'est mon choixcontinue donc avec, au sommaire d'un des ses prochains numéros:«J'ai les dents qui rayent le parquet.»

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