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PRESSE

Génération Technikart

08/12/2000

Né dans l'art contemporain, Technikart a évolué en un magazine culturel et en porte-parole d'une génération. Il doit maintenant gérer le virage entre marketing et vrai projet de presse.

Frédéric Beigbeder et Mazarine Pingeot chantant à tue-tête «Je m'appelle Lolita» dans un Eurostar en pleine traversée du tunnel sous la Manche. C'est à ce genre de scène que l'on mesure le chemin parcouru par le magazineTechnikartdepuis ses débuts de fanzine gratuit distribué dans les galeries d'art. Le 25novembre, il affrétait un train rempli de personnalités, du critique rock Yves Adrien au présentateur TV Ariel Wizman, pour fêter ses dix ans à Londres. Parmi ce beau monde, Fabrice de Rohan Chabot, le directeur de la publication, promenait sa silhouette dégingandée et son sourire malgré la nuit blanche. Le jeune patron de presse est né en juillet 1968, au grand dam de ses parents inquiets de voir leur fils naître en pleine grève. Cet héritage se retrouve dans la ligne éditoriale du magazine qui, après avoir titré«Mai 68 était-il bidon?»pour les trente ans des événements, consacrait un dossier aux«Nouveaux réacs»,anciens révolutionnaires devenus ultra-libéraux.

Débuts acrobatiques

Ses origines aristocratiques ne lui ont été d'aucune aide pour le lancement du magazine, assure Fabrice de Rohan Chabot. QuandTechnikartest né, quelques mois avant la guerre du Golfe, il peignait sous le nom de Louis Bretagne. Son acolyte, Guillaume de Roquemaurel, n'a pas abusé non plus de ses liens familiaux avec Gérald, le Pdg d'Hachette Filipacchi Médias, dont il est le cousin. Quant au troisième larron, Raphaël Turcat, actuel rédacteur en chef, il sortait d'une école de journalisme. Les trois garçons ont connu les débuts acrobatiques de tout créateur de start-up, avec bouclage dans une chambre de bonne et hébergement dans une agence de pub après minuit, à la différence que les levées de fonds d'alors s'appelaient échanges marchandises.

Nombreuses contradictions

La débrouillardise et une fréquentation assidue des soirées parisiennes leur ont permis de développer un réseau d'affinités. Frédéric Beigbeder, DJ Cam, le critique d'art Nicolas Bourriaud font partie des compagnons de route de la première heure. Le titre a su attirer les belles plumes: Olivier Malnuit, venu de l'éphémère magazine d'Ariel WizmanUnivers interactif;Nicolas Santolaria, évincé avec fracas deLibérationmalgré une grève de la rédaction pour exiger son embauche; Philippe Nassif, démissionnaire deL'Événement du jeudi;Patrick Williams, passé par plusieurs titres du groupe Hachette. Ces émules de Hunter S. Thomson - figure du magazine américainRolling Stone- ont profité de leur expérience de la grande presse pour mieux en dynamiter les règles.«À force d'objectivité et de relectures successives, on aboutit à des articles sans authenticité,déplore Philippe Nassif.Nous, on écrit sur ce qu'on vit.»Gabriel Gaultier, directeur de création de Young&Rubicam et auteur d'une campagne signée «Place aux jeunes» pour le titre, approuve:«Ils représentent une génération qui piétine aux portes du pouvoir et qui mérite de l'avoir. En musique comme en politique ou dans la publicité, la société est bloquée. On a besoin de fraîcheur.» Aujourd'hui,Technikartest à la croisée des chemins. Il invite 600VIP à Londres, mais paie ses pigistes au lance-pierres. Il dénonce la tiédeur deLibération,mais avec une ardeur d'amoureux déçu. Il revendique son indépendance, mais signe avec Interdeco, la régie publicitaire d'Hachette Filipacchi Médias.«Parmi les magazines dits branchés,Technikarta le meilleur marketing, mais il n'a pas la profondeur d'Actuelni la capacité, commeCrash,à saisir les tendances émergentes»,estime Éric Tong Cuong, le président d'Euro RSCG BETC, membre du conseil d'administration de Nova et avocat de cette famille de presse auprès des annonceurs.«SiTechnikartveut vraiment décoller, il doit payer ses journalistes, couper les liens avec Beigbeder et la nouvelle droite littéraire du café de Flore et arrêter d'attendre la reconnaissance de ses aînés,soutient Emmanuel Poncet, journaliste àLibérationet familier de l'équipe.Mais il reste le seul journal intéressant du moment.»Car il est une qualité que même leurs détracteurs leur concèdent: Fabrice et ses amis ont une vraie passion pour la presse.

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