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Dominique Baudis : Figaro-ci, CSA là

26/01/2001 - par Amaury de Rochegonde

Le nouveau président du CSA, ex-député maire UDF de Toulouse, se veut un homme de consensus après avoir été président du comité éditorial du Figaro. Saura-t-il faire oublier Bourges après avoir succédé à Peyrefitte?

Les tableaux n'ont jamais été accrochés au mur. À l'occasion de son pot d'adieu, rue du Louvre, le 17janvier, mettant fin à sa fonction de président du comité éditorial duFigaro,Dominique Baudis n'a pas eu à décrocher les toiles de la Ville Rose, destinées à décorer l'ancien bureau d'Alain Peyreffite.«A bientôt, peut-être dans sept ans»,a lâché Yves de Chaisemartin. Le patron de la Socpresse ne peut faire mine de croire queLe Figaroétait pour Dominique Baudis autre chose qu'un lieu de passage. Depuis mai 2000, date où il l'a rejoint, il savait que le député maire UDF de Toulouse visait la présidence du CSA. Mardi 23janvier, lors de son dernier conseil municipal, il a dit adieu à dix-huit ans de carrière politique pour commencer, le 24, une nouvelle vie. Le programme de sa journée au CSA était d'ailleurs annoncé par un communiqué de presse envoyé depuis le télécopieur de... l'UDF.

S'inventer une nouvelle vie

Nommé par Jacques Chirac en même temps qu'Yvon Le Bars, ancien membre de l'Autorité de régulation des télécommunications, l'ex- journaliste prend les rênes d'une instance marquée à droite. Avec Philippe Lévrier, ancien DG de France3, ils sont 7conseillers sur 9 à avoir été nommés par des hommes politiques de l'actuelle opposition. Mais, selon Jacques Rigaud, ex-PDG de RTL qui fut son professeur à Sciences Po, Dominique Baudis n'obéit pas à une motivation politique. Depuis la mort de son père, Pierre Baudis, il y a deux ans, l'homme veut s'inventer une vie plus tranquille:«On n'est pas président du CSA 24 heures sur 24, on peut s'endormir le soir sans crainte d'être réveillé»,explique Jacques Rigaud. La polémique sur sa nomination à la tête du CSA a choqué l'élu:«Serais-je indigne de servir l'État parce que je serais coupable d'avoir représenté la nation? Quel contresens démocratique!»,a-t-il écrit à Hervé Bourges. Si ce dernier nie avoir voulu lui nuire, il a eu pour effet paradoxal de rassembler le collège du CSA autour de son nouveau président:«Les conseillers ont été émus qu'on remette en cause son impartialité avant qu'il ne soit désigné»,assure Jacqueline de Guillenchmidt, membre du Conseil. Et son collègue, Pierre Wiehn, de renchérir:«Ce n'est pas parce qu'on est nommé par un politique qu'on va prendre des consignes. Moi, en tout cas, je n'ai pas eu cette chance.»Cette bataille politique est retombée. Même François Loncle, député PS et ancien de l'ORTF, considère qu'il«est très hypocrite de protester contre cette désignation, compte tenu du mode de nomination au CSA».Il n'empêche qu'à l'occasion de sa lettre à Hervé Bourges, Dominique Baudis a trahi une relative méconnaissance des règles de l'audiovisuel. À celui qui lui affirmait qu'il avait été nommé à la tête de France2-France3 par «décret présidentiel», l'ancien président du CSA s'est fait un plaisir de rappeler que, depuis la loi du 29juillet 1982, c'est l'instance de régulation qui nomme les présidents de chaînes publiques.

Équilibre, réserve, prudence

La réaction, à fleur de peau, de Dominique Baudis n'a pas étonné ceux qui le côtoient depuis longtemps. Pour Jean-Christophe Giesbert, rédacteur en chef àLa Dépêche du Midi,l'ancien journaliste n'a pas toujours été confraternel.«On était avec lui ou contre lui,explique-t-il.Il s'identifiait tellement à sa ville qu'il considérait comme une agression le fait de s'attaquer à des dossiers sensibles sur Toulouse.»Un autre confrère se souvient qu'il avait supprimé ses subventions au Club de la presse de Toulouse en raison d'un soutien apporté à un journal satirique, leSatiri-con.La rumeur lui prête aussi un rôle dans la mutation de rédacteurs en chef de France3 Sud et l'obtention d'un soutien financier pour Télé Toulouse, après avoir concédé le marché des eaux à la CGE. Quant à sa courte expérience de président du comité éditorial duFigaro,qu'il exerçait à raison de deux jours par semaine, Dominique Baudis s'en est servi pour signer deux articles de soutien à Jacques Chirac. Président de la cinémathèque de Toulouse, Daniel Toscan du Plantier a une tout autre image:«Baudis n'a jamais confondu le soutien naturel d'une municipalité avec je ne sais quelle pression politique. Il est respectueux de la liberté d'autrui et a un souci permanent d'équilibre, de réserve et de prudence.»Une chose est sûre: la présidence du CSA peut devenir entre ses mains un ventre mou ou un lieu de pouvoir.«Comme tous les centristes astucieux, Baudis saura travailler ses dossiers et se montrer indépendant des pressions de la droite,prédit Henri Paillard, président de l'Association de la presse parlementaire.

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