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Entretien

Agnès Touraine : Tout franc investi doit l'être dans la création

02/02/2001

La vice-présidente de Vivendi Universal Publishing, nouveau nom d'Havas, explique sa stratégie: multiplier les synergies de coûts et de revenus tout en préservant les marques.

Pourquoi avoir changé de nom? Agnès Touraine. D'abord parce que nous appartenons à un groupe de contenus, constitué du cinéma, de la télévision, de la musique, de l'édition (publishing), du téléphone et d'Internet. Nous sommes plus à l'aise dans ce groupe de création plutôt que dans un périmètre diversifié. Ensuite, c'était une demande des éditeurs eux-mêmes, qui souhaitaient un nom corporate porteur de sens pour négocier des droits. Aux États-Unis, quand vous dites Vivendi Universal, tout le monde sait de quoi il s'agit. Ce n'est pas le cas d'Havas, qui possède une connotation voyage et publicité en France, et qui est inconnu outre-Atlantique. L'image politique d'Havas appartient-elle au passé? A.T. Oui. Elle était liée à l'activité de régie d'Havas. Mais le groupe a tellement changé depuis trois ans! L'ex-Havas interactive et les secteurs éducation, santé, littérature ou l'information, issue de la CEP, n'ont, eux, aucun historique politique. Vivendi Universal Publishing, c'est à présent cinq divisions: le jeu, l'éducation, la littérature, la santé et l'information. Notre stratégie consiste à mettre en place une très forte réassurance, des maisons d'édition aux studios. Nous avons supprimé des niveaux hiérarchiques inutiles pour aller directement aux marques. Hier, nous séparions le papier et l'électronique. Aujourd'hui, nous sommes organisés par métiers et par marchés. Ferez-vous une campagne de communication? A.T. Ce n'est pas une priorité. Il y a une telle puissance de feu sur Vivendi Universal en termes de communication que c'est très agréable d'être à la remorque... Songez-vous à fusionner certaines de vos marques? A.T. Non. Cela ne crée pas nécessairement de la valeur. Nous sommes dans un métier d'offre avec des marques concurrentes. Or, je suis très sensible à l'idée de protéger le territoire de la création. Quand on me dit:«Pourquoi avoir douze maisons d'édition littéraires et pas Vivendi Universal Publishing Littérature»,je rappelle que Laffont a une personnalité différente d'Orban. La taille n'est pas forcément favorable à la création. Qui sait, par exemple, que José Bové est publié par Vivendi via La Découverte? Il s'agit de préserver les talents. Au niveau du groupe, nous nous occupons du «back office», des projets transversaux et de la stratégie. Nous n'intervenons pas sur la création. Je n'ai, par exemple, jamais à arbitrer entre les livres qui sortent, car je ne suis même pas au courant des plans d'édition. Est-ce qu'un regroupement L'Express-L'Expansion pourrait faire sens? A.T. Nous travaillons sur les synergies de moyens et de croissance à réaliser. Mais il n'y a pas de projet de fusion en ce qui concerne les marques ou les rédactions. À Vivendi Universal Publishing, nous devons réaliser 20millions d'euros de synergies de coûts et 23millions d'euros de synergies de revenus d'ici à la fin de l'année 2003. Nous favoriserons aussi les synergies de projets. L'an 2000 a été extraordinaire pourL'Express,etL'Expansiona obtenu également de très bons résultats. C'est la revanche du papier. Cette année, la priorité ira au développement interne, sachant que toutes les activités du groupe ont une rentabilité en Ebitda (1) supérieure à 12%. Après trois années de recentrage, nous pouvons commencer à nous développer à partir de nos cinq divisions. Dans le cadre de cette stratégie, il peut y avoir des cessions et des acquisitions destinées à renforcer nos pôles centraux. Quels sont les objectifs financiers que vous vous fixez dans les trois ans? A.T. Nous avons un objectif de croissance de 6% par an pour le chiffre d'affaires et de 10% par an concernant la rentabilité en Ebitda, en 2001-2002. Tout franc, euro ou dollar doit être investi dans la création et non pas dans des coûts de structure tels que les achats, la distribution, la logistique ou l'impression. (1) Résultat avant intérêts minoritaires, impôts, dépréciations et amortissements.

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