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Audiovisuel

Bertelsmann active les synergies en France

23/02/2001

Déjà présent dans les magazines via Prisma Presse, Bertelsmann contrôle aujourd'hui RTL, RTL2 et Fun Radio. S'il prenait le pouvoir à M6 face à Suez-Lyonnaise, il pourrait alors faire jouer pleinement les synergies.

La reprise à 67% de RTL Group par Bertelsmann n'a pas encore été avalisée par le CSA ni par la Commission européenne, mais elle suscite déjà quelques spéculations. Deuxième marché étranger après les États-Unis, la France est en effet un cas à part pour le géant allemand de l'audiovisuel. Alors qu'il contrôle d'ordinaire à près de 100% le capital de ses sociétés, il doit composer avec une législation audiovisuelle locale tatillonne - un seuil capitalistique de 49%- et tenir compte du poids de l'histoire face à son désir de contrôler M6. Pour un groupe qui a récemment augmenté de 2% sa part dans le capital de la chaîne, pour la porter à plus de 42%, la France est décidément atypique. Reste qu'il lui faut aujourd'hui aligner M6 sur ses autres chaînes et radios pour faire jouer pleinement les synergies. Présent en France via Prisma Presse, et naguère détenteur d'une participation de 50% dans la CLT-UFA, Bertelsmann n'était guère actif dans la communication en France. Une culture très décentralisée favorisait peu les rapprochements entre les diverses entreprises du groupe. Ce qui avait parfois le don d'énerver:«J'ai eu un coup de sang en 1999, quand Prisma Presse a signé un accord de couplage publicitaire avec NRJ alors qu'IP était une filiale à 100% de la CLT-UFA»,se souvient Pierre Conte, président d'IP France.«Aujourd'hui,explique-t-on chez Axel Ganz,la règle non écrite est plutôt, à activité et coûts égaux, de travailler avec une société maison».Si l'autonomie reste donc de mise, le développement décentralisé cède le pas à une logique d'échanges. Ainsi, depuis un an et demi, une partie des abonnements de Prisma est gérée par Bertelsmann Services France.«Et nous voulons favoriser les adaptations entre les formats TV et les magazines»,souligne Markus Payer, porte-parole de RTL Group. De même, la forte position de Bertelsmann dans l'édition et la musique via BMG peut représenter un apport précieux de savoir-faire en matière d'e-commerce. À Prisma, les seuls axes de complémentarité vraiment attendus se situent sur le plan des nouveaux médias.

Une culture de la dominance

Cela va plus loin dans l'audiovisuel.«Si les synergies avec la presse restent limitées, elles peuvent être intensifiées entre RTL Group et M6»,estime Rémy Sautter, président de RTL. En ce sens, la chaîne française éditrice deClub TéléAchatvient de prendre 20% de RTL Shop en Allemagne. Parallèlement, Robin Leproux, le nouveau directeur général de RTL, n'est-il d'ailleurs pas l'ancien vice- président du directoire de la chaîne? Des économies d'échelle peuvent être ainsi générées en regroupant les infrastructures nécessaires aux décrochages locaux de M6 et de RTL.«À Lyon, un rapprochement est à l'étude»,confirme Rémy Sautter. En revanche, pas question de fusionner IP France et M6 Publicité comme la rumeur en a couru:«Les régies resteront séparées»,garantit le patron de RTL. La raison en est simple: Suez-Lyonnaise exerce avec RTL Group le cocontrôle de M6 avec une part équivalente de droits de vote (34%).«Ce groupe aurait du mal à abandonner ses intérêts à une régie commune qu'il ne contrôlerait pas»,observe Rémy Sautter. D'où les spéculations sur une éventuelle montée en puissance de RTL Group dans le capital de M6. Une rumeur attisée par Thomas Middelhoff lui-même. Le président du directoire de Bertelsmann n'avait pas caché, au moment de l'élaboration de la loi Trautmann, qu'il souhaitait voir RTL Group se renforcer dans la chaîne.«Il est sûr qu'une prise de contrôle de M6 permettrait de favoriser les synergies: on pourrait alors faire circuler les formats d'émissions et utiliser des ressources communes»,reconnaît-on à RTL Group. Faute d'entente entre les différentes chaînes européennes,Qui veut gagner des millionsa été repris en 2000 par TF1 plutôt que par M6, alors qu'il avait été lancé par RTL Television en Allemagne. Suez Lyonnaise ne l'entend pas de cette oreille. En réaffirmant son«attachement au strict respect de la parité dans l'actionnariat de la chaîne»,le groupe montre sa détermination à conserver sa place dans M6. Pour Édouard Tétreau, analyste financier au Crédit lyonnais Securities Europe, l'épilogue ne fait pourtant guère de doute.«Bertelsmann n'a pas payé une prime de trois milliards d'euros à Albert Frère pour prendre le contrôle de RTL Group sans visée précise: il a une culture de la dominance». Certes, la loi reste un obstacle majeur, mais Vivendi Universal a montré comment la contourner en dissociant Canal+ SA du groupe Canal+. Le CSA aurait alors la plus grande peine à refuser à Middelhoff ce qu'il a accordé à Messier.

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