
17/04/1998 - C'est une révolution. Chargée de la promotion du cinéma français à l'étranger, Unifrance se réoriente vers les chaînes de TV, définitivement incontournables.
«Pour la première fois en 1997, et c'est un événement, la consommation de cinéma a progressé en salles. C'est la fin d'une longue histoire: quand la télévision vidait les salles et quand le cinéma perdait des milliards de spectateurs.»Les stylos s'agitent, l'attention se précise. Daniel Toscan du Plantier, président d'Unifrance, savoure son effet...«Actuellement, un millier de chaînes dans le monde programment des films de cinéma. Et plus de 2500titres français ont été diffusés l'an passé sur les télévisions de vingt-sept pays. Le monopole des Américains concernant la distribution en salles n'existe pas sur le marché de la télévision, notamment numérique. L'avènement de la télévision payante est donc une chance pour le cinéma qui supporte la rediffusion en rafales.»Ajoutons au phénomène des télévisions payantes, grosses consommatrices de films, le fait que, de plus en plus souvent, les chaînes préachètent les films avant de céder les droits aux salles. Le cinéma restant la locomotive des packages audiovisuels.
Développer l'information
Unifrance devait se mettre au diapason.«Les chaînes étrangères seront au coeur de notre action»,affirme son président. Un gros effort va être entrepris en direction des acheteurs, avec la création d'une base de données de 15000titres récents, bientôt accessible sur l'Internet, la multiplication des rencontres et la publication de brochures et de guides. Le panel mis en place dès 1992, qui permet de suivre la carrière des films sur 185chaînes dans 25pays, va s'élargir à la Chine, à la Roumanie et à Israël. Pour 1997, le bilan est tombé: le cinéma français a rassemblé 735millions de téléspectateurs sur les chaînes en clair d'Europe. Au palmarès des meilleures audiences(1), on retrouveLéon, Nikita, Les VisiteursetUn Indien dans la ville.Avec 18,3millions de téléspectateurs, Luc Besson prend la tête des réalisateurs pour les films récents, mais reste devancé par Jean Girault (19,7millions) et ses «Gendarmes», qui assurent à Louis de Funès la médaille d'or (36millions) devant Depardieu (29millions). Les films de catalogue représentent encore 60% des ventes. L'Allemagne (Kabel1, Vox), où un film diffusé sur quinze est français, génère avec l'Italie (Rete4) le plus d'audience. Sans surprise, le Royaume-Uni, qui ne supporte pas le doublage, pratiqué partout en Europe, reste fermé aux productions françaises. Quant au chiffre d'affaires et aux conditions de diffusion, Unifrance n'en dira rien... (1) Pour les audiences, Unifrance a passé un accord avec Eurodata TV- Médiamétrie.Daniel Toscan du Plantier, président d'Unifrance, met les pieds dans le plat - et il aime ça! - en plaidant pour un rapprochement avec TVFI dont la mission est de favoriser l'exportation de la production audiovisuelle. «Ces structures sont complémentaires, et il ne s'agit pas de les fondre l'une dans l'autre. Mais l'on pourrait envisager des synergies au niveau du service des études et des catalogues», lance-t-il à l'intention de l'État et d'Olivier-René Veillon, délégué général de TVFI, à qui il propose de faire «opération commune» en 1999 en Chine. -
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