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Presse

NMPP: Le Parisien persiste et signe

13/04/2001

Assigné en référé devant le tribunal de grande instance de Paris, Le Parisien défend ses choix face à Transport Presse, filiale des NMPP. Sa société de distribution sera opérationnelle dans quinze jours.

Notre sortie des NMPP n'aura pas d'impact financier ou social et permettra même de créer deux cents emplois.»À entendre Jacques Guérin, directeur général duParisien,parler de sa prochaine sortie des Nouvelles Messageries de la presse parisienne, le 1erjuin, il y a de quoi ne rien comprendre aux griefs de Transport Presse. Cette filiale des NMPP a, en effet, assigné en référé la sociétéLe Parisien,avec une demande d'astreinte de 10000F par infraction constatée, au nom d'une clause d'exclusivité garantie par un«contrat de groupage».En clair, comme le stipule la loi Bichet, il est interdit de confier à une société de messageries le soin d'assurer la distribution sur la province pendant qu'une autre entreprise traite l'Île-de-France. Or, selon les NMPP, c'est ce queLe Parisiense prépare à faire en se distribuant lui-même sur la région parisienne, tout en leur laissant le soin d'assurer le traitement plus coûteux sur la France entière, ce qui reviendrait à environ 30millions de francs à la collectivité des éditeurs. Alors que l'audience sera plaidée le 26avril au tribunal de grande instance de Paris, pour un jugement attendu dix jours plus tard, le groupe Amaury, éditeur duParisien,est décidé à démontrer le contraire.«Le ParisienetAujourd'hui en Francesont deux titres différents»,répète à l'envi Jacques Guérin. La preuve? Le titre national, créé en janvier 1994 pour contrer l'arrivée d'InfoMatin,vend 30000exemplaires en région parisienne. Il a aussi obtenu l'autorisation d'utiliser un nouveau numéro de commission paritaire, distinct de celui duParisien.

Jeu à somme nulle?

Quant à l'idée selon laquelle son départ aura des coûts induits pour la collectivité des éditeurs, elle ne résiste pas à l'analyse économique, estime Jacques Guérin.«S'il est vrai qu'il est plus coûteux de distribuer 120000exemplaires sur le territoire national que 350000 sur la région parisienne, la rémunération perçue par les NMPP pourLe Parisienest aussi beaucoup plus faible»,souligne le directeur général. Ne bénéficiant plus des effets volume, la contribution d'Aujourd'huipassera de 28millions de francs à 32millions de francs, alors que la facture duParisiens'élevait à 21,5millions de francs en 1999. Conclusion:«Les NMPP vont pouvoir récupérer 4millions de francs surAujourd'huiet verront leurs coûts réduits de 18millions de francs avec le départ duParisien.Il s'agit donc d'un jeu à somme nulle»,martèle Jacques Guérin. Pour les NMPP, dont le groupe Amaury se déclare prêt à reprendre une vingtaine de salariés, les coûts incompressibles sont tels que le retrait d'un contributeur est une mauvaise affaire. Mais c'est essentiellement sur le fond que la société de messageries se prononce.«Si le juge donne son feu vert auParisien,ce sera un coût dur pour le système de groupage et l'avenir des messageries.»Selon elle, le risque est de voir le groupe Amaury faire école auprès des autres éditeurs de presse parisienne. Si les parties se retrouvent sur la nécessité de faire«dire le droit»,les dés semblent toutefois jetés. À partir du 2mai, la Société de distribution et de vente duParisien,forte de mille cent salariés, sera opérationnelle. Dès juin, huit cents à neuf cents porteurs duParisiendesserviront les points de vente en même temps que les boîtes aux lettres.«70% des 5500diffuseurs ont déjà signé un contrat avec nous»,affirme Jacques Guérin. La mise en place de ce réseau parallèle n'empêche toutefois pas le groupe Amaury de réaffirmer son soutien aux NMPP. Il agrée la réduction du nombre de dépôts de trois cent cinquante à deux cent trente-quatre, prévu dans le plan de relance d'Yves Sabouret, directeur général des NMPP, même si cela peut faire perdre 15000exemplaires à la vente deL'Équipe.Mais des négociations sont en cours avec l'imprimerie Riccobono pour régler ce problème. Reste à connaître la réaction du syndicat du Livre.«S'il n'y a pas de discussions, nous avons les moyens de peser sur l'intégralité du groupe Amaury»,prévient Laurent Jourdas, délégué central CGT. Pour lui,«Le Parisienne peut pas sortir des NMPP et doit trouver en leur sein une solution adaptée à ses besoins.»Quid du procès en cours?«C'est un habillage de deux parties de mauvaise foi, car il y a de fortes chances que le juge se déclare incompétent.»La table ronde, prévue le 23avril, promet d'être chaude.

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