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Entretien

Jean-Pierre Courcol : Nous faisons marcher le système

01/06/2001

Alors que Le Parisien abandonne ce 1erjuin le système de distribution des NMPP, Jean-Pierre Courcol, président du directoire du groupe Amaury, s'explique sur ses objectifs dans la presse.

Etes-vous satisfait du jugement rendu par le tribunal de grande instance de Paris, le 11mai, qui a agréé votre décision de sortirLe Parisiendes NMPP? Jean-Pierre Courcol. Difficile de ne pas être satisfait d'un jugement qui vous donne raison sur toute la ligne. Nous avons été surpris d'être convoqués devant les tribunaux, mais nous étions sûrs d'être dans notre bon droit. Alors que nous étions accusés de rompre le contrat de groupage entre Le Parisien etAujourd'hui en France, tout le monde sait maintenant que ce sont deux titres distincts, avec des prix, des contenus et des publics différents. Confirmez-vous que cela n'entraînera pas de surcoûts pour la collectivité des éditeurs? J.-P.C. La sortie duParisienn'aura pas de conséquences sociales et financières. Elle pourrait avoir des effets positifs sur les comptes des NMPP, dont nous sommes prêts à reprendre une quinzaine de salariés. La Société de distribution et de vente duParisiena des effectifs supérieurs à mille personnes. À moins de fabriquer des usines à gaz, les NMPP ne peuvent pas répondre à la problématique d'un quotidien régional. Voulez-vous distribuer d'autres journaux? J.-P.C. Non, car nous sommes favorables au développement des NMPP. PourL'ÉquipeetAujourd'hui, la distribution nationale avec un bon rapport qualité/prix est fondamentale. Notre intérêt est d'être distribués avec les autres. On nous reproche toujours de faire ce qui nous arrange. Mais, sur la province, nous représentons 50% des exemplaires vendus au sein de la presse nationale par les NMPP. Alors, quand on nous dit que nous sommes en train de tuer le système, cela me fait sourire: c'est nous qui le faisons marcher. Que répliquez-vous à ceux qui vous reprochent de faire cavalier seul? J.-P.C. Nous sommes souvent accusés d'avoir des visées hégémoniques. Mais nous ne voulons pas tout bouleverser. Le fait de passer de 350 à 240dépôts, comme le prévoit le plan de réforme des NMPP, va nous amener à faire des investissements importants sur la province pourL'Équipe,que nous bouclons à minuit. Mais nous n'allons pas nous asseoir sur la loi Bichet. Comme Hachette, Emap, Prisma et Hersant, nous pourrions nous distribuer seuls. Mais si nous faisons cela, nous fusillons le marché de la presse. Cela fait partie de nos devoirs de rester dans le système coopératif. C'est pourquoi je n'aime pas être attaqué. Je rappelle que les coûts de distribution l'après-midi duMondeet les coûts de transport en avion de la Socpresse sont mutualisés. Quel sera le bénéfice pour le lecteur de ce changement de mode de distribution? J.-P.C. Nous ne sortons pas des NMMP pour faire des économies. Dans un premier temps, je pense même que cela nous coûtera plus cher. Notre objectif est de gagner en diffusion pour atteindre 400000exemplaires payés à la fin 2003, contre 355000 en 2000. Le bénéfice pour le consommateur, c'est qu'il trouvera son journal dans un plus grand nombre de points de vente. Avec notre système, celui qui a, d'habitude, du mal à acheter son quotidien le jour où il se passe un fait divers dans sa région le trouvera toute la journée. L'idée n'est pas de concurrencer les points de vente existants, mais d'aller vers les zones où il n'y en a pas ou plus. Nous contacterons les boulangeries, les stations-service, etc. Nous renforcerons aussi le portage, avec des tournées mixtes dans les boîtes à lettres et les magasins de presse. Vous voulez aussi porter la diffusion d'Aujourd'hui à 200000exemplaires à la fin 2003 contre 130800aujourd'hui. Comment ferez-vous? J.-P.C. Nous pouvons déjà compter sur une progression de 8% en 2000. En étant plus présents dans les compagnies aériennes et en passant des alliances avec la presse quotidienne régionale, nous y arriverons. Nous pourrions en effet donner un complément utile en information nationale et internationale à des journaux régionaux. Cela fonctionnera sous peu dans des quotidiens commeL'Écho républicainouLa République du Centre,dans lesquels nous avons des participations. Comptez-vous toujours vous développer en rachetant des journaux régionaux? J.-P.C. Encore faudrait-il qu'il y en ait à vendre! Si Hachette vendNice matinetLa Provence, et si la Socpresse vendLe Progrès, j'irai voir. Mais ce n'est pas le cas. Vous avez racheté le Futuroscope il y a un an. Pourquoi? J.-P.C. Parce que nous ne trouvions pas ce qui nous intéressait dans le sport. Ayant un savoir-faire sur le grand public, le parrainage et l'exploitation de droits, nous avons regardé vers les loisirs. Le Futuroscope a maintenant vocation à s'exporter. Nous avons plusieurs offres à ce sujet. Quant à la marqueL'Équipe, elle devrait connaître aussi des développements, dans la restauration par exemple. C'est une marque très forte dans le milieu du sport, mais elle n'est pas internationale. 90% du contenu deL'Équipeest national. D'un côté, cela nous protège mais, de l'autre, cela nous interdit l'expansion. Vous organisez le Tour de France. Trois ans après, pensez-vous que l'affaire Festina soit oubliée? J.-P.C. Pas du tout. Le dopage est la gangrène du sport moderne. Nous avons été mis au bout du fusil dans le cyclisme, car c'est le sport qui a été touché le premier par le scandale. Mais la déontologie du groupe Amaury vaut bien celle de toutes les fédérations. Les attaques sont totalement injustifiées. Personne n'a davantage écrit sur le dopage, y compris dans le cyclisme, queL'Équipe. Quand on nous accuse de mélanger les genres en étant à la fois éditeur deL'Équipeet organisateur du Tour de France, je conseille d'aller voir sur le terrain les discussions entre les journalistes du groupe et les organisateurs de l'épreuve. Quel a été l'effet Festina? J.-P.C. Nous avons d'abord été inquiets. Mais nous n'avons jamais pensé arrêter. C'était un acte de courage de continuer. Quel bilan en tirer? L'image a été un peu entamée, mais moins qu'on pouvait le craindre. L'audience télévisée est remontée après une légère baisse. Et nous avons eu le même nombre de spectateurs au bord des routes. Quant aux sponsors, non seulement ils ne nous ont pas abandonnés mais nous en avons de nouveaux, comme Aquarel (Nestlé), cette année. Où en êtes-vous du Paris-Dakar? On a le sentiment que l'événement s'est dégonflé... J.-P.C. C'est une épreuve qui marche très bien en audience, les Africains l'adorent, les gouvernements la demandent... Mais il y a une dizaine de journalistes en France qui ne l'aiment pas. C'est vrai que la couverture est plus faible en presse écrite. Il existe un snobisme anti-Dakar. Rêvez-vous d'une autre épreuve reine? J.-P.C. Nous travaillons à quelque chose dans le domaine de l'aventure, comparable à ce qu'était le raid Gauloises. Mais ce n'est pas simple: nous ne voulons pas faire de commercialisation de droits sans être organisateurs nous-mêmes.Le Parisienn'a pas une image publicitaire très forte. Comment l'expliquez-vous? J.-P.C. Le marché de la presse quotidienne parisienne est devenu un marché de cadres supérieurs. Or, Le Parisien vise le grand public. Nous sommes donc seuls. Mais j'attends très vite un phénomène comparable à ce qui s'est passé pourL'Équipe. Avec le succès de ses films publicitaires,Le Parisiencommence à être tendance. Les groupes scandinaves Metro et Schibsted étudient le lancement d'un quotidien gratuit à Paris. Voulez-vous vous allier avec eux? J.-P.C. Il semble que le moment ne soit pas très favorable pour se lancer sur ce marché aujourd'hui. Et j'ai le sentiment que ces projets sont gelés. Et concernant votre développement audiovisuel? J.-P.C. Nous étions candidats à une fréquence analogique sur Paris. Mais le CSA a fait tout ce qu'il fallait pour que nous ne l'ayons pas. Une chaîne sur Paris ne pourrait être rentable aujourd'hui qu'à condition de disposer d'un réseau national. Concernant la télévision numérique terrestre, nous pouvons participer à une chaîne à laquelle nous fournirions de l'information régionale.

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