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Presse quotidienne nationale

Amaury: la paix sociale au prix d'un compromis

22/06/2001

Un accord a été trouvé avec la CGT: le groupe de presse peut distribuer Le Parisien par ses propres moyens. En échange, il accepte l'entrée d'une coopérative d'éditeurs au capital de sa société de distribution.

Chercher des compromis, c'est faire des avancées.»Le 18juin, au lendemain de l'accord qu'il vient de conclure avec le syndicat du Livre CGT, Jacques Guérin, le directeur général duParisien,affiche sa satisfaction.«Il n'y a ni vainqueur ni perdant, mais un accord gagnant-gagnant qui nous permet d'atteindre à 100% nos objectifs tout en montrant queLe Parisienne quitte pas la famille.»Pour lui, l'entrée d'une coopérative de presse à hauteur de 51% au capital de sa Société de distribution et de vente du Parisien (SDVP) n'entrave en rien l'avenir:«Coopé-Presse entrera de façon significative dans la SDVP, mais nous en garderons le contrôle et resterons maître de notre système commercial.»

Haute main gardée sur sa filiale

Le Parisiensera opérateur de sa société de distribution, avec 49% du capital. L'entreprise mise sur une forte présence au sein de la coopérative Coopé-Presse, où sont déjà présents trois quotidiens de son groupe, pour garder la haute main sur sa filiale de portage. Dès le 25juin,Le Parisienpourra donc commencer à être distribué par ses propres moyens sur les communes non limitrophes de la capitale, tandis qu'il faudra attendre le 15septembre, au plus tard, pour voir l'activité de la SDVP étendue à Paris intra-muros et à l'ensemble de la région parisienne. Aussitôt conclu, l'accord entre Amaury et la CGT a eu des conséquences surAujourd'hui en France, L'ÉquipeetLe Parisien.Après cinq jours de non-parution, les quotidiens sont réapparus dans les kiosques malgré l'absence d'accord avec les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP). Yves de Chaisemartin, président du Conseil supérieur des messageries (CSM) et patron de la Socpresse, a pesé de tout son poids dans les négociations pour que le conflit ne gagne pas l'ensemble de la presse parisienne comme cela se profilait au terme d'une journée d'action de la CGT, le 13juin. Pour Laurent Jourdas, délégué central CGT des NMPP, ce signe de mobilisation a été déterminant.«Il fallait trouver une issue,explique-t-il.Nous étions au top de notre mobilisation et prêts à nous inscrire dans la durée, avec le risque de dérapage que cela signifie. Le 14juin, au cours d'une séance du CSM, l'opérateur, par la voix d'Arnaud Lagardère, a clairement dit qu'il était en désaccord sur la forme et sur le fond avec le groupe Amaury. Pour nous,Le Parisiena donc perdu son conflit: il n'est pas sorti du système coopératif et on l'a empêché de mettre en place un système purement libéral avec une SDVP qui pouvait évoluer en distribuant d'autres journaux.»Pour Alain Ayache, l'un des cinq gérants «presse» des NMPP, cela ne suffit néanmoins pas à empêcher le groupe Amaury de distribuer un jour un titre commeLe Figaro: «Cet accord met en danger la péréquation»,estime-t-il.

Planche savonnée

Le rôle de Lagardère, opérateur des NMPP et actionnaire à 100% d'Hachette Filipacchi Médias, qui détient à 25% le groupe Amaury, reste à clarifier. Au cours d'une réunion devant ses cadres, le 19juin, Jean-Pierre Courcol, président du directoire des Éditions Amaury, n'a pas caché le fond de sa pensée:«Il nous a expliqué qu'il avait été confronté à une situation inédite depuis vingt ans,raconte l'un d'eux,car Hachette lui avait savonné la planche en prenant fait et cause pour la CGT.»Dans quel but? Les interprétations varient. Lagardère voulait-il maintenir la société de distribution duParisiendans le système coopératif pour mieux lui léguer par la suite son statut d'opérateur des NMPP? Cherchait-il à prendre position dans la SDVP en tentant d'imposer une participation directe des NMPP? Pour Jacques Guérin, qui doit maintenant discuter des conséquences financières et sociales de son accord avec les messageries parisiennes, l'essentiel est en tout cas acquis:«Il n'y avait aucune justification pour que Hachette entre par ricochet dans notre société de distribution.»

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