Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Télévision

Revenir aux fondamentaux de Canal+

29/06/2001

Directrice générale adjointe du groupe Canal+, en charge des programmes et services, Bibiane Godfroid revient sur les suppressions de postes annoncées par la chaîne cryptée. Elle s'explique aussi sur l'image écornée de Canal+.

Canal+ vient d'annoncer la suppression de deux cent dix sept postes. Pourquoi ne pas avoir opté pour un plan social? Bibiane Godfroid. Parce que nous sommes convaincus que nous pouvons reclasser deux cent dix sept personnes dans le groupe. Habituellement, cent cinquante à deux cents postes sont ouverts chaque année au sein du groupe Canal+ et plus de cinq cents au niveau de Vivendi Universal. Nous allons faire des propositions et nous attendrons le temps qu'il faut. Et ce, en offrant le maximum de possibilités, jusqu'à ce que chacun trouve le poste qui lui convient. En termes d'image, un plan social aurait été plus compliqué à gérer... B.G. On se pose d'abord la question des gens avant de se poser la question de la communication. Et cela correspond à la politique de Jean-Marie Messier. Considérez-vous que l'image de Canal+ est entamée aujourd'hui? B.G. En 2000, plusieurs choses se sont confondues. Il y a d'abord eu le livre de Guillaume Durand, [La Peur bleue,qui relate son expérience à Canal+], qui a créé des remous, puis la fusion avec Vivendi, qui a provoqué des rumeurs sur le départ des pères de Canal+. Parallèlement, il y a eu une mauvaise année des tranches en clair. Ce n'était pas la première fois dans notre histoire. Mais, tout à coup, on a confondu Canal+ et la tranche non cryptée. Or les gens ne s'abonnent pas pour le clair, mais à 99,99% pour le sport et le cinéma. L'offre de Canal+ est toujours aussi intéressante, mais nous avons beaucoup plus de concurrence. Une nouvelle campagne d'affichage est prévue à la rentrée, qui permettra de repositionner la chaîne sur ses fondamentaux: le sport et le cinéma. Revenons sur les suppressions de postes. N'était-il pas possible de les éviter? Canal+ n'est-il pas un groupe qui se porte bien? B.G. Canal+ est un groupe qui se porte bien, mais la chaîne Canal+, ainsi que d'autres chaînes du groupe, doivent consentir des efforts budgétaires sérieux. La grille 2001-2002 va nous coûter 500millions de francs de plus, notamment à cause de l'inflation des droits du football. Nous avions aussi des habitudes de clair qui coûtaient très cher. Or, la télévision est de plus en plus concurrentielle, c'est plus que jamais un secteur économique comme les autres. Au sein de Multithématiques, dont vous devriez prendre la présidence, envisagez-vous de fusionner des chaînes? B.G. Pour l'instant, nous cherchons à améliorer nos chaînes thématiques. Certaines se sont endormies, d'autres ont pris des orientations qui ne conviennent plus. Dans un premier temps, nous réfléchissons à leur reformatage. C'est le cas d'i-Télévision. Ensuite, nous sommes acteurs du mariage Mezzo-Muzzik. Je n'ai pas d'objectifs de fusion à court terme. Mais des partenariats sur des chaînes documentaires, comme Planète, sont envisagés. Il ne faut pas rester seul face à National Geographic et Discovery. Des chaînes vont-elles disparaître? B.G. Nous allons supprimer Wishline, dont le modèle n'était pas économiquement viable. Pour Forum Planète, la question est davantage d'ordre éditorial. Faut-il conserver une chaîne vouée au débat ou introduire plus de débats sur plus de chaînes? S'agissant de Seasons, elle concerne une niche captive. On peut y faire de l'interactivité, du merchandising, autant de choses qui ne sont pas développées aujourd'hui. La chaîne possède aussi un potentiel à l'international. Je n'oublie pas les chaînes cinéma. Il s'agit de leur donner davantage d'identité et de posi- tionner chacune d'elles en complémentarité avec Canal+. Tous ces changements s'étaleront d'octobre à décembre. Pourquoi avoir fusionné les rédactions de Canal+ et d'i-Télévision? B.G. L'objectif est d'abord de simplifier l'équation économique. Nous aimerions franchir le pas que n'ont pas franchi TF1 et LCI avec la volonté qu'il n'y ait plus deux équipes sur le même lieu de reportage. Quant à i-Télévision, elle ne sera plus régionale, mais en conservera des spécificités. Ainsi, il n'y aura pas de bureau à Paris. Le projet est bâti sur six bureaux en régions couvrant l'ensemble du territoire. Au besoin, la rédaction parisienne pourra venir les renforcer. Par ailleurs, le budget de la chaîne sera augmenté, passant de 200à 220-240millions de francs... Où en est la recomposition capitalistique de Multithématiques? B.G. Nous sommes en stand-by. Cela prend du temps parce que c'est un chantier immense, qui prévoit l'entrée de chaînes Universal, telles Sci-Fi, The Studio, 13èmeRue, que nous souhaiterions ajouter à notre palette de chaînes thématiques. Nous ne savons pas si le groupe Liberty Media souhaite rester au capital tout en étant dilué. On sait simplement qu'il ne souhaite pas l'être. La réflexion financière s'achève. Les décisions devraient aboutir dans les jours qui viennent. La balle est dans son camp. «L'esprit Canal», c'est quoi pour vous aujourd'hui? B.G. Je ne vais pas revenir sur l'insolence et l'humour... Pour moi, l'esprit Canal, c'est la différence et la faculté d'être les premiers sur la découverte des tendances, des gens. Loft Story aurait-il pu être sur Canal+? B.G. Pourquoi pas, si nous avions été les premiers. Mais c'est sans doute trop tard. Il y a trois ans, Canal+ a été l'un des premiers à diffuser des «docu-soaps». C'était à l'époque une révolution, l'ancêtre de la télé réalité. Je guette le prochain format de télévision qui va émerger.

Envoyer par mail un article

Revenir aux fondamentaux de Canal+

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.