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Audiovisuel

TNT: les opérateurs naviguent à vue

13/07/2001

Le 24juillet, le CSA ouvrira l'appel à candidatures pour la télévision numérique terrestre. Les opérateurs mettent en doute la rentabilité financière d'un projet qu'ils jugent coûteux et dont les recettes publicitaires restent hypothétiques.

Le 24juillet, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), comme le prévoit la loi audiovisuelle, dévoilera le plan de fréquences de la télévision numérique terrestre (TNT) et publiera une première liste de sites, couvrant un peu plus de 50% du territoire. À cette date, les Sages lanceront officiellement les appels à candidatures et rendront alors leur arbitrage sur le schéma du déploiement de la TNT, dont la loi s'est bornée à tracer les contours. La première incertitude porte sur la répartition, au sein des cinq ou six multiplexes (soit 30 à 36canaux), entre chaînes payantes et chaînes gratuites. Pour les opérateurs, un équilibre doit être trouvé.«L'idéal serait que toutes les chaînes soient proposées gratuitement[ainsi que le préconise la loi], estimait récemment Dominique Baudis, président du CSA dans un entretien auFigaro.Mais cela conduirait à une crise économique dont tous les acteurs pourraient pâtir: télévision, radio et communication écrite.»Entre la raison et la nécessité, le CSA a tranché. Dominique Baudis estime qu'il«pourrait y avoir quinze, seize, voire dix-sept chaînes gratuites sur la télévision numérique terrestre, dont huit ou neuf privées. Au-delà, le dispositif serait déséquilibré, car la manne publicitaire n'est pas extensible à l'infini et ne peut financer trente programmes.»À cet égard, opérateurs et éditeurs manquent de visibilité. Nul ne peut prévoir quelles recettes publicitaires draineront les chaînes, actuelles ou nouvelles, de la TNT. Si France Télévision peut compter sur le milliard de francs promis par Bercy, TF1 et M6 ont toutes les raisons d'être prudents.«C'est une folie de croire que l'on pourra financer vingt chaînes gratuites grâce à la publicité ou au soutien public», considère Étienne Mougeotte, le vice-président de TF1, pour qui«le modèle économique de la TNT reste à inventer».«Je crois que l'on surestime les possibilités de la télévision numérique terrestre,renchérit Nicolas de Tavernost, le président du directoire de M6.Au-delà des licences, il s'agira avant tout d'investir. Seuls quelques grands opérateurs en auront les moyens. Il faut être simple et pragmatique. On ne peut pas imposer un marché.»Tous deux citent le contre-exemple anglais: en deux ans, le bouquet numérique terrestre OnDigital a déjà coûté 10milliards de francs à ses opérateurs (Granada et Carlton), pour à peine 1million d'abonnés.

Concurrence pour le câble et le satellite

Pour les opérateurs du câble et du satellite, qui sont encore loin d'avoir rentabilisé leurs investissements, la TNT est une concurrence inattendue. TPS et CanalSatellite n'auront d'autre choix que de proposer des minibouquets, payants, en TNT. Seul le groupe AB, optimiste, réclame cinq canaux et promet du«tout-gratuit». De leur côté, les câblo-opérateurs demandent au CSA de«veiller au respect d'une réelle concurrence entre câble, satellite et numérique terrestre». L'Association française des opérateurs de réseaux, qui regroupe les principaux câblo-opérateurs, pointe aussi les risques réels d'interférences entre les fréquences du câble et celles attribuées à la TNT. Quant aux chaînes du câble et du satellite, elles ont à la fois tout à gagner, grâce à une audience élargie, mais aussi beaucoup à perdre. Le seul coût de la diffusion, évalué entre 30 et 40millions de francs par an pour 85% de couverture, paraît déjà prohibitif pour leurs économies précaires. Guillaume Gronier, le délégué général de l'Acces, prévoit idéalement dix à douze chaînes payantes pour un forfait de 70 à 75francs. Dominique Baudis se dit persuadé qu'il y aura quantité de candidatures. Pour lui, la principale difficulté réside dans«la façon dont nous devons les étudier, appréciant leur qualité, leur diversité, leur cohérence et leur complémentarité au sein d'un ensemble». Les candidats auront jusqu'à fin novembre pour boucler leur projet. Une chose est sûre: la TNT devra proposer une offre de programmes digne de ce nom (cf. l'encadré), faute de quoi elle ne sera que le numérique du pauvre.

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