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Entretien

Rémy Sautter : Nous sortirons plus forts de la crise

05/10/2001

PDG de RTL, chairman de la chaîne britannique Channel 5 et administrateur de M6, Rémy Sautter livre son analyse sur les activités de son groupe en complément des interventions dans la presse de Didier Bellens, directeur général de RTL Group.

Les derniers résultats de RTL Group témoignent d'un état de santé financière fébrile. Pensez-vous qu'il faille vous développer en dehors de métiers financés par la publicité ?

Rémy Sautter.Notre santé financière est au contraire très bonne, car nous sommes, de loin, le moins endetté des diffuseurs européens. Mais nous connaissons, comme tous les médias, une baisse nette du résultat d'exploitation, en raison du recul des marchés publicitaires. Devons-nous nous développer en dehors de nos métiers traditionnels ? Nous pourrions au contraire profiter de la dépréciation des valeurs médias pour nous y renforcer. De plus, à l'instar de M6, nous voulons décliner, à partir de notre activité de diffuseur, des produits dérivés dans les secteurs du disque, de l'édition, du téléshopping ou de la vente de programmes. Mais nous sommes très attachés à la pérennité de nos télévisions généralistes. à voir les difficultés des chaînes payantes face à la hausse des droits du cinéma et du sport, nous pensons que la télévision commerciale a encore de beaux jours.

Ne serez-vous pas les premières victimes du ralentissement publicitaire en cours ?

R.S.Nous vivons certes une période difficile, nous pouvons être secoués, mais nous pouvons en sortir plus forts. Devant l'adversité, on se repenche sur soi-même, sur ses coûts, sans aucune restriction mentale. Si besoin est, on se réorganise pour se donner un peu plus de muscles. Par ailleurs, nous avons un tel poids qu'une crise comme celle que nous vivons ne peut pas nous balayer. En revanche, elle peut être mortelle pour des sociétés plus faibles. Les temps actuels sont plus favorables aux arbres solidement enracinés qu'aux jeunes pousses. De plus, l'état des recettes publicitaires aura des conséquences sur les détenteurs de droits, notamment sportifs, car les diffuseurs ne seront plus prêts à payer des prix astronomiques.

Si Suez décide de se désengager, pourquoi RTL Group ne prendrait-il pas le contrôle de M6 ?

R.S.Pour la simple raison que la loi française nous interdit d'avoir plus de 49 % d'une chaîne de télévision. Par ailleurs, la convention signée entre M6 et le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) prévoit comme élément substantiel le fait qu'il y ait deux actionnaires, dont aucun ne peut détenir plus de 34 % des droits de vote. Si nous voulions changer un jour cet état de fait, il faudrait l'accord express du CSA.

La scission de Canal+ entre son activité d'exploitation et son groupe montre que ce n'est pas une barrière infranchissable...

R.S.Certes, mais le CSA ne pourrait pas transgresser la loi. Et nous avons toujours dit que nous n'userions pas d'artifice pour obtenir un contrôle de M6.

Comment jugez-vous le débat sur la télévision numérique terrestre en France, après avoir vécu son développement en Grande-Bretagne ?

R.S.Le numérique terrestre court à l'échec dans ce pays, au point même de menacer la santé financière de ses actionnaires, Carlton et Granada. Devant un opérateur installé, BSkyB, le nouveau groupe On Digital a nécessairement du mal à se faire une place. Je me demande si l'on n'a pas confondu le passage à la technologie numérique, qui est inévitable, et la création d'une offre correspondant à l'attribution de nouveaux canaux, qui ne l'est pas. On aurait très bien pu imaginer un basculement des chaînes hertziennes vers le numérique, point.

En radio, souhaitez- vous vous développer alors que votre couverture est de 120 millions d'habitants ?

R.S.J'espère bien que le CSA rectifiera ce déséquilibre avec nos concurrents NRJ et Europe1, qui sont largement plus proches du plafond légal des 150 millions d'habitants. Il est vrai que nous regardons certains dossiers. Face à la tempête publicitaire qui s'annonce, les petites radios auront du mal à passer le cap...

Confirmez-vous qu'il n'y aura pas de suppressions d'emploi à RTL ?

R.S.Je vous confirme que nous n'avons reçu aucune consigne de suppressions d'emploi de la part de RTL Group. En revanche, nous avons été invités à contrôler strictement nos coûts et, si nécessaire, à revoir nos structures, comme la nouvelle équipe de direction, conduite par Robin Leproux, a commencé à le faire dès le mois de janvier. Dans ce cadre, tous les départs naturels ne seront pas nécessairement remplacés.

La clause de cession s'est-elle appliquée à RTL après la prise de contrôle de Bertelsmann dans RTL Group ?

R.S.La clause de cession ne s'est pas appliquée juridiquement car nos journalistes sont regroupés dans une société ayant statut d'agence de presse, non éligible au bénéfice de cette clause. Cela dit, en liaison avec leurs syndicats, nous avons pu faciliter le départ de ceux qui désiraient partir.

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