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Finance

Les sociétés Internet se trompent de levée de fonds

26/10/2001

Les sociétés Internet n'ont pas encore pris la mesure des mutations du capital-risque, estime l'indicateur Digital Business. Il existe un fort décalage entre l'attente des sociétés Internet et l'offre des investisseurs.

Sur un an, c'est la catastrophe. »Renaud Chavanne, directeur des études chez Digital Business, n'y va pas par quatre chemins pour décrire l'évolution des investissements dans les dotcoms françaises. La chute s'établit à 72 % entre le troisième trimestre 2001 - 117 millions d'euros investis (773 MF) - et la même période de l'année dernière - 417 millions d'euros investis (2,8 milliards de francs). La baisse est plus importante encore du point de vue des opérations réalisées : 37 tours de table seulement ont été enregistrés au troisième trimestre 2001. Ils concernent surtout des projets B to B (télécoms, finances, places de marché), les services grand public étant regardés avec plus de méfiance. Pour mémoire, on comptait encore 86 tours de table au deuxième trimestre et 123 au premier - Zebank avait raflé la mise avec 65 millions d'euros (425 MF).

Moins gourmandes

Au-delà de ces chiffres, l'indicateur Digital Business révèle que les sociétés Internet n'ont pas encore pris la mesure des mutations du capital-risque. Sur les 400 levées de fonds actuellement en cours, pour un montant de plus de 900 millions d'euros (5,9 milliards de francs), il constate un décalage patent entre l'attente des sociétés Internet et les offres des investisseurs à chaque étape des levées de fonds. En matière d'amorçage, les sociétés attendent trop (550 000 euros en moyenne, 3,6 MF), alors qu'elles n'ont levé que 285 000 euros (1,9 MF) au troisième trimestre 2001.« Il faut que les entreprises en phase de démarrage soient moins gourmandes et n'hésitent pas à faire avec des bouts de ficelle », indique Renaud Chavanne. À l'inverse, c'est à partir du second tour de table que les entreprises peuvent obtenir plus que ce qu'elles escomptent. Elles ont ainsi levé 5,93 millions d'euros (38,9 MF) au troisième trimestre 2001, alors que l'enveloppe attendue en moyenne pour les prochains mois s'élève à 3,76 millions d'euros (24,7 MF).« Il s'agit de sociétés plus mûres, dans lesquelles les investisseurs ont davantage confiance,commente Renaud Chavanne.Elles ont tort de sous-estimer le marché. »

L'indicateur met aussi en avant la frilosité des investisseurs qui fuient les premiers tours de table (ce qui correspond à une levée d'au moins 0,8 million d'euros, 5 MF) de peur de ne pas valoriser leur mise, toute introduction en Bourse étant aujourd'hui exclue.« Nous sommes réellement inquiets de constater que les investisseurs refusent de s'engager sur le premier tour de table,note Renaud Chavanne.Cela risque de geler l'innovation, voire de mettre en péril les tours d'amorçage. »D'où un phénomène contre nature qui veut que les sociétés Internet multiplient les opérations d'amorçage (plus de la moitié des cas constatés sur le troisième trimestre 2001), avant de viser le premier tour de table. Cela veut dire que les incubateurs, business angels et autres fonds d'investissement spécialisés sont obligés d'accompagner leurs poulains plus (trop ?) longtemps.« Il serait faux pour autant de conclure que le marché est moribond,analyse Renaud Chavanne.Internet n'en est qu'à ses débuts en termes d'innovation et de modèles économiques. Les investisseurs le savent et il est temps qu'ils repassent à l'acte. »

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