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PRESSE

Les fonds d'investissement imposent leurs règles

30/11/2001

Les groupes de presse doivent répondre de plus en plus souvent aux exigences d'une nouvelle espèce de partenaires, d'actionnaires ou de candidats : les fonds d'investissement.

Ce n'est pas le grand amour entre les groupes de presse et les fonds d'investissement anglo-saxons qui augmentent progressivement leur poids dans les médias. Témoin, les négociations tendues menées actuellement avec certains d'entre eux par Éric Licoys, le directeur général de Vivendi Universal, pour la vente du pôle de presse professionnelle et des actifs de presse gratuite du groupe. Le fonds Cinven, choisi pour l'acquisition du premier ensemble, peine à s'entendre avec ses homologues Apax Partners et Carlyle, appelés en renfort pour assumer les 335 millions d'euros (2,2 milliards de francs) réclamés par Vivendi Universal. Une situation qui provoque la colère des personnels concernés. Dans un communiqué commun daté du 30 octobre, les représentants sociaux des magazines cédés stigmatisaient« l'effet de surprise et le secret (qui) se sont élevés dans toute cette démarche [...] au rang de stratégie ».

Conjoncture dégradée

Les fonds compliquent aussi le dossier Comareg, que le groupe de Jean-Marie Messier espérait céder avant mi-novembre. Le tandem qui avait les faveurs d'Éric Licoys, constitué du fonds CDC Equity Capital associé à l'éditeur allemand WAZ, a douché son enthousiasme. La filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) reste intéressée, mais plus vraiment au niveau de prix envisagé voilà encore quelques mois. La conjoncture joue bien sûr les trouble-fête, mais les performances réelles se seraient surtout révélées moins bonnes qu'annoncées. Contacté, Éric Licoys ne souhaite pas s'exprimer pour le moment. Il n'aura, a priori, pas le choix sur le type d'acheteur : les autres candidats (Advent International, Candover et Chevrillon, Eurazeo) sont tous des fonds d'investissement.

Retour sur investissement

Que ce soit le quotidienLe Figaro,dont Carlyle possède 5 %, son confrèreLibération,détenu à 20 % par 3i, ou encore le groupe Médiapublications (Votre Beauté, L'Éperon,etc.), propriété de Barings (à 52 %) et encore 3i (20 %), la presse doit revoir ses habitudes de gestion. Globalement, les fonds tablent en effet sur des taux de retour sur investissement compris entre 20 et 50 % selon le niveau de risque des actifs, la presse étant considérée comme un secteur plutôt risqué.« Ils s'attachent particulièrement à la situation du cash et au niveau de trésorerie évalués mois par mois et réestimés tous les trimestres,estime Dominique Bernard, président-directeur général de Médiapublications.Mais ils n'interviennent pas sur le management et la politique produit. »

Reflux de la publicité

Entrés au moment où la valorisation des groupes médias était à son zénith, les fonds subissent de plein fouet le reflux de la publicité dans des actifs dont la valeur a fondu comme neige au soleil. Le fonds 3i, invité à recapitaliser prochainementLibération,devrait pourtant répondre positivement.« Je suis prêt à assumer les conséquences d'un décrochage passager de la publicité,assure Frédéric de Broglie, directeur général de 3i en France.Cette opération ajoute peut-être un ou deux ans à la durée de notre investissement, mais pas davantage. De toute façon, nous n'avons pas prévu de sortie avant plusieurs années. »D'ici là, ces partenaires auront peut-être, comme certains l'anticipent, favorisé les « dégraissages » de personnels, actuellement en cours dans les quotidiensLibérationou auFigaro.Certains analystes craignent, à terme, pour la compétitivité de ces journaux lorsque la conjoncture se reprendra.

Seule solution de survie

Force est cependant de constater que les journaux détenus par des fonds n'ont pas le privilège des licenciements.« Les fonds constituent une pression supplémentaire sur la gestion des groupes de presse, mais ils constituent aussi la seule solution de survie de beaucoup d'entre eux »,estime Christian Litt, directeur chez Natexis Finances. La presse française se caractérise en effet par une insuffisance chronique de fonds propres.

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