Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Radio

La fronde des maisons de disques

01/02/2002

Les relations se détériorent entre les maisons de disques et les stations de radio. Les premières réclament aux secondes une hausse des droits de diffusion et davantage d'exposition des genres musicaux.

Ventes en hausse, chiffre d'affaires en forte progression. Réunis la semaine dernière au Midem, les patrons des maisons de disques françaises avaient tout pour être satisfaits. Pourtant, ils ont multiplié les critiques envers les stations de radio. En cause : le montant de la « rémunération équitable » versée par les opérateurs, c'est-à-dire les droits de diffusion versés aux artistes, musiciens, compositeurs et producteurs. L'an dernier, les trois plus gros bénéficiaires de cette manne ont été Supermen Lovers, MC Solaar et Shaggy.

Collectés par la Société civile pour la perception de la répartition équitable (SPRE), ils s'élevaient à 18,6 millions d'euros en 2000 pour l'ensemble des radios. Un chiffre équivalent est attendu pour 2001. Près des deux tiers sont payés par les radios musicales nationales et régionales. Pour Hervé Rony, directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), ce n'est pas suffisant.« Ce montant représente un peu moins de 2 %du chiffre d'affaires des stations,indique-t-il.Nous demandons sa revalorisation. Le barème a été établi il y a plus de dix ans. Depuis, la situation économique des radios a bien changé. Le média a atteint une maturité. » « Le montant de nos investissements publicitaires sur les radios est supérieur aux droits que nous collectons »,ajoute Pascal Nègre, président d'Universal Music France (1).« On ne les oblige pas à passer de la publicité chez nous,rétorque Max Guazzini, président du directoire de NRJ Group.Il n'est pas question d'augmenter cette redevance. Qu'ils commencent à faire payer les autres pays, notamment les Américains. »

Un accès à toutes les musiques

Autre grief, les éditeurs de disques reprochent aux radios leur manque de diversité musicale.« Beaucoup de segments musicaux ne sont pas diffusés,affirme Olivier Montfort, président de Sony Music France.Nous demandons le développement de réseaux FM spécialisés, comme Nova, Oui FM ou FG. Que tout le monde ait accès à toutes les musiques. »Un appel du pied au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA),« qui a une vraie responsabilité sur l'exposition de la musique »,estime Pascal Nègre. Au CSA, Jacqueline de Guillenchmidt, conseillère en charge de la radio, se défend en affirmant que l'instance est prête à favoriser des projets innovants et intéressants.« Ce n'est pas toujours le cas,estime-t-elle.Oui FM ou FG n'ont jamais été candidats à une fréquence en province. »Surtout, les opérateurs ne veulent pas voir les maisons de disques dicter leur programmation.« Déjà, avec les quotas, les formats sont standardisés,déplore Christophe Sabot, directeur général d'Europe2 et de RFM.Elles récusent nos choix et la manière de faire nos métiers. Et ensuite ? Ces grosses multinationales ont sans doute l'ambition de nous contrôler. »Et de rappeler que CBS, quand il était à la fois opérateur radio et maison de disques, avait connu un échec mémorable.

(1) En 2000, la publicité de l'édition musicale en radio s'est élevée à 102,5 millions d'euros bruts, soit quelque 50 millions nets.

Envoyer par mail un article

La fronde des maisons de disques

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.