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Audiovisuel

Le « vieux lion » se range des bobines

12/04/2002

Le magnat allemand de l'audiovisuel Leo Kirch a démissionné après le dépôt de bilan de son groupe KirchMedia. Une faillite retentissante qui se propage à Premiere et à l'ensemble de la télévision à péage.

Asoixante-quinze ans, Leo Kirch lâche les rênes de son groupe. Le dépôt de bilan de KirchMedia, sa principale société, qui regroupe 5 500 de ses 9 500 salariés (lire l'encadré), représente la plus grande faillite de l'histoire de l'après-guerre outre-Rhin en termes de créances bancaires. Endetté pour au moins 6,5 milliards d'euros, le groupe Kirch pourra néanmoins continuer son activité après avoir été placé en redressement judiciaire. Ses principales banques créancières, à commencer par la Bayerische Landesbank, ont accepté de recapitaliser l'entreprise à hauteur d'un milliard d'euros. Elles devraient désormais prendre la majorité du capital de KirchMedia et mettre la main sur certains actifs, en attendant que des investisseurs montrent leur intérêt.

Système spéculatif

Véritable séisme dans le monde des médias en Allemagne, la chute du « vieux lion » est aussi la faillite d'un système hautement spéculatif voulu par l'achat de droits sportifs et cinématographiques. Depuis qu'il a racheté, en 1956, les droits télévisés deLa Stradade Fellini, Leo Kirch n'a eu de cesse de faire grossir ses catalogues de films et d'événements sportifs. À partir de 1996, date à laquelle il a lancé son premier bouquet satellite, qui a fusionné avec Premiere et pris son nom en 1999, il n'a pas hésité à souscrire pour 4,5 milliards d'euros d'engagements auprès des grands studios hollywoodiens. Ensuite, le magnat s'est porté acquéreur des droits de la Coupe du monde de football de 2002 et de 2006, de la Bundesliga (le championnat allemand de football) et des Grands Prix de Formule 1.

Fin d'un modèle européen de TV à péage

À chaque fois, ses banques créancières se sont montrées d'une largesse confinant au laxisme.« Je n'ai pas d'argent, je n'ai que des dettes »,n'hésitait pas à dire Leo Kirch l'an dernier. Cela n'empêchait pas les banques de le soutenir, comme lorsque la Bayerische Landesbank lui avait apporté, l'an dernier, 1,5 milliard d'euros pour prendre le contrôle des droits de la F1. Détenue en majorité par le Land de Bavière, présidé par Edmund Stoiber, le principal opposant au chancelier Gerhard Schröder, la Bayerische Landesbank a tout fait pour empêcher une faillite qui menaçait des emplois et la réputation politique du leader bavarois.

Les Coupes du monde de football 2002 et 2006 semblent épargnées grâce à la création, fin 2001, d'une nouvelle structure ad hoc de KirchMedia, Kirchsport, basée en Suisse. Pour celle de 2002, les droits audiovisuels ont été vendus dans les pays majeurs. Les contrats ne seront pas remis en cause. En revanche, pour l'édition 2006, en Allemagne, il restait encore des accords à signer. TF1, par exemple, s'est seulement engagée pour vingt-quatre matchs, dont la finale, et a pris une option sur le reste des rencontres. Avec quel interlocuteur la Une va-t-elle maintenant devoir traiter ?

Les interrogations sont aussi nombreuses en Formule 1. Directement ou via sa participation dans EM.TV, Kirch est propriétaire de 75 % des droits des Grands Prix. Daimler-Chrysler, Fiat et Renault, entre autres, sont depuis longtemps candidats à une prise de participation. Les constructeurs pourraient profiter de la situation.

Le dépôt de bilan annoncé de Premiere, qui a essuyé l'an dernier 900 millions d'euros de pertes, marque aussi la fin d'un modèle européen de télévision à péage. Arrivant après la faillite d'ITV Digital, en Grande-Bretagne, et parallèlement aux graves difficultés de Quiero TV en Espagne ou de Telepiù en Italie, la chute de Premiere sonnerait le glas d'une télévision dont l'économie reposerait sur l'inflation des droits audiovisuels. Le 4 avril, Nicolas de Tavernost, PDG de M6 et actionnaire de TPS, ne s'y est pas trompé en déclarant que« l'état du marché n'est pas bon »dans la TV payante. Rupert Murdoch, que l'on disait prêt à s'emparer de Premiere pour sauver sa participation de 22 % via BSkyB, semblait le dernier rempart de la chaîne à péage. Un comble quand on sait que c'est une clause de sortie exorbitante de 1,7 milliard d'euros de Premiere qui a précipité la chute du « vieux lion ».

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