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Entretien

Christian Brégou : « Nous décrochons de la course engagée avec Les Échos »

21/06/2002

La nouvelle formule de La Tribune, attendue pour septembre, doit refléter les mutations de l'économie mondiale, estime le président-directeur général de DI Group.

La Tribune sortira à la mi-septembre une nouvelle formule. S'agit-il d'une évolution ou d'une révolution ?

Christian Brégou.C'est un virage important, mais nous conserverons les valeurs historiques deLa Tribune.Les changements ne seront pas uniquement de forme, ils visent à suivre la réalité d'un monde économique qui a beaucoup bougé durant ces dix dernières années.

Quelle sera la traduction de ces changements sur le fond ?

C.B. Les Échosse sont lancés avec l'industrialisation de la France,L'Expansiona suivi l'émergence des cadres. De son côté,La Tribunedoit accompagner une évolution majeure dont nous ne mesurons pas encore tous les effets. Aujourd'hui, le monde économique s'est considérablement transformé. Les entreprises interviennent de plus en plus dans un champ ouvert sur l'Europe et le monde. Les grandes entreprises, mais aussi beaucoup de PME, font une grosse part de leur chiffre d'affaires à l'étranger, les frontières explosent, la finance est devenue internationale, et nous sommes tributaires des grands cycles mondiaux. Les cadres dirigeants vivent tous les jours ce nouveau monde. La grande orientation que je souhaite pourLa Tribune,c'est qu'elle soit en phase avec ce monde-là.La Tribunedoit apporter un autre regard sur une économie ouverte.

C'est aussi la volonté de vos concurrents... Comment allez-vous transcrire dans les faits cette analyse ?

C.B.Nous couvrirons bien sûr l'actualité, mais en nous efforçant de faire le choix d'une sélection de papiers, d'apporter de l'expertise, du décryptage, du marketing, de l'analyse stratégique, tout en conservant notre expertise dans le domaine de la finance plutôt qu'une couverture exhaustive de l'actualité. Nous nous inscrivons un peu dans l'esprit de ce qu'a faitLe Mondeen choisissant de ne pas reprendre toutes les dépêches, mais d'apporter un regard, une vision sur ce qui nous semble important dans l'actualité. Nous ferons donc le choix de l'essentiel. Mon ambition n'est pas de faire parcourir mais de faire lire, pour éclairer les choix stratégiques des acteurs d'une économie ouverte. En cela, nous décrochons de la course engagée avecLes Échos.

Prévoyez-vous une adaptation des effectifs ?

C.B.Le journal se fera à effectifs constants. Mais il faut adapter la structure, organiser la rédaction autour de quelques grands services, ouvrir de nouvelles rubriques, rendre les journalistes plus polyvalents, en travaillant davantage en équipe. Par ailleurs, nous profitons d'un réseau de correspondants de qualité à l'étranger, et nous pourrions éventuellement dans l'avenir nous associer à d'autres journaux européens... Pour ce qui concerne les adaptations nécessaires en interne, l'objectif est d'optimiser la valeur des gens. Tous ont des points forts...

Vous avez présidé pendant longtemps le groupe CEP Communication. Vous êtes-vous inspiré des titres de la presse professionnelle pour concevoir cette formule ?

C.B.Non. Sauf si vous entendez par là qu'il faut que les journalistes soient au plus près de leurs sources. Car chaque média a ses valeurs et ses capacités propres à traiter l'information. Je souhaite un journal plus clair, plus chaleureux, plus jeune, mais aussi plus haut de gamme.

Votre objectif est-il de remettre les comptes de La Tribune à l'équilibre ?

C.B.En fait, c'est d'accroître la notoriété, l'influence et l'impact rédactionnel deLa Tribune.Si nous y parvenons, nos ressources s'amélioreront et nous serons satisfaits.

En 2001, pour la première fois depuis longtemps, La Tribune a vu baisser sa diffusion payée en France, à 86 073 exemplaires. Selon Diffusion Contrôle, l'érosion est de 3,7 % par rapport à 2000. Quel est l'objectif de diffusion de la nouvelle formule ?

C.B.Cette légère baisse est consécutive à la baisse de la Bourse. Pour l'avenir, nous serions satisfaits avec une diffusion totale payée de 100 000 exemplaires, ce qui est cohérent avec l'idée d'un journal de qualité. Nous souhaitons plutôt renforcer la qualité de notre lectorat et non la quantité. Nous visons une grande affinité entre nos lecteurs et nos annonceurs.

Vous vous êtes beaucoup investi dans cette réforme de La Tribune. Considérez-vous que c'est le rôle d'un PDG de s'impliquer dans la matière rédactionnelle ?

C.B.Dans un groupe comme La Tribune, la différence entre l'entreprise et le journal est difficile à saisir. Mon métier, c'est d'être éditeur et mon rôle, en tant que directeur, est d'indiquer la direction du journal...

La rédaction a-t-elle été associée à l'élaboration de la nouvelle formule ?

C.B.Bien sûr ! Il y a eu, en effet, récemment quelques interrogations qui ne portaient pas sur le fond mais tenaient davantage du malentendu. Les journalistes en régions, notamment, craignaient une réduction des effectifs du journal. Ce n'est pas du tout d'actualité. Certes, il n'y aura plus de pages régions, mais nous traiterons de façon différente l'information régionale, dans la partie Entreprises ou Macroéconomie, avec une vision portant sur des grandes métropoles régionales, non plus seulement françaises mais européennes. Dans un journal ouvert sur le monde, il n'était pas cohérent de garder une approche purement locale aussi importante.

Travaillez-vous aussi sur les autres actifs du groupe ? Et songez-vous à acquérir un magazine économique ?

C.B.Radio classique marche très bien.Investiraussi. Je travaille actuellement surConnaissance des artsqui publiera en septembre une nouvelle formule. Seuls les journaux et leur qualité sont source de succès. Ce qui fait fonctionnerLa Tribune,c'estLa Tribune.Un titre se défend par lui-même : il rencontre son marché ou non, il est bon sur le plan journalistique ou non. Ce n'est pas en procédant par ajouts successifs qu'on règle un problème de fond. Dans tout groupe de médias, le navire amiral doit être fort. Mon sujet n'est pas, en priorité, de m'entourer d'une flottille mais de réformer et d'améliorer encoreLa Tribune.

Fabrice Larue, votre prédécesseur, avait opéré des investissements marginaux sur les radios Voltage et MFM ainsi que dans Système TV. Que comptez-vous en faire ?

C.B.En ce qui concerne ces actifs qui se situent à la périphérie du groupe, je suis ouvert à toute proposition de changement, car nous souhaitons plutôt nous concentrer sur le coeur du groupe.

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