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TÉLÉVISION

Le CSA crie haro sur le porno

19/07/2002

Les films pornographiques sont dans le collimateur du CSA, qui veut les proscrire de toute diffusion télévisée. Canal + crie au retour de l'ordre moral.

Faut-il interdire la diffusion de films pornographiques à la télévision ? Le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Dominique Baudis, le dit haut et fort. Il préconise, comme en Allemagne, un alignement de nos écrans sur la directive européenne Télévision sans frontières, qui n'autorise« aucun programme susceptible de nuire gravement aux mineurs, notamment ceux comprenant des scènes de pornographie ou de violence gratuite »(art. 22).

Sont visés Canal +, qui diffuse un film X le premier samedi du mois à minuit, Cinécinémas 1 et 3, TPS Star, Cinéstar 1 et bien sûr XXL, la chaîne porno d'AB. Au total, pas moins de 943« oeuvres » pornographiques ou d'extrême violence sont diffusées chaque mois sur les écrans français. Claude Berda, le patron d'AB, se dit disposé à retirer le X de son projet de chaîne numérique terrestre Jules TV. Xavier Couture, président du groupe Canal +, se refuse à toute abstinence :« On prend en otage tel ou tel diffuseur,explique-t-il.Le film porno est une plaisanterie comparé à ce qu'un enfant peut trouver sur Internet. »En 1984, rappelle-t-il, l'autorisation de la pornographie sur Canal +, délivrée avec la concession de la chaîne, avait fait date :« C'était une manifestation de la liberté, une forme de maturité de la société, je crains qu'il n'y ait aujourd'hui un retour à l'ordre moral. »

Canal + affirme ne disposer d'aucune information sur le rôle du porno dans les motivations d'abonnement de sa clientèle :« Nous interrogeons nos abonnés sur le sport et le cinéma, pas sur le porno. »Avec une audience moyenne de 1,1 % au premier semestre 2002, soit 498 400téléspectateurs (10,5 % de part d'audience), le film X de la chaîne cryptée pose néanmoins problème. D'après une étude de Médiamétrie, 11 % des enfants d'abonnés de moins de douze ans ont été en contact pendant au moins une minute avec un tel film (et 1,2 % en a vu la moitié). Selon Carat, la structure d'audience du porno de Canal + fait ressortir une audience de 0,2 % sur les 4-14ans, soit... 15 300enfants. Or, comme le rappellent les sociologues Divina Frau-Meigs et Sophie Jehel, dans un récent rapport du Ciem (1), ce visionnage peut« induire des perturbations psychiques et des dérèglements de comportement analogues à ceux d'un abus sexuel ».Le code pénal est d'ailleurs censé sanctionner tout diffuseur d'un message pornographique susceptible d'être vu par un mineur. Ni le cryptage, insuffisant en diffusion analogique, ni la signalétique de programme ne semblent des protections efficaces.

Sonnette d'alarme

Hélène Fatou, conseillère du CSA en charge de la protection de l'enfance et de l'adolescence, tire donc la sonnette d'alarme :« La pornographie est un phénomène de société alarmant qui exige l'intervention des pouvoirs publics, elle brouille les repères et fait intégrer une image brutale et déformée de la sexualité. »Un appel que Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, semble avoir entendu en installant, le 10 juillet, la commission de Blandine Kriegel qui rendra son rapport sur la violence à la télévision fin 2002 :« La pornographie, dans ce qu'elle a de détestable, est une forme de violence. Je compte beaucoup sur les travaux de cette commission pour examiner des mesures éventuelles réglementaires ou législatives. Et il ne s'agit pas d'une pudibonderie d'un autre temps. »

(1) Collectif interassociatif enfance médias, rapport en date du mois de mai 2002 sur l'environnement médiatique des 0-18ans, établi à la demande de Ségolène Royal.

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