Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Entretien

Matthieu de Lesseux et Godefroy Jordan : « Refuser les compétitions douteuses »

30/08/2002

Matthieu de Lesseux, cofondateur de l'agence Duke, est le nouveau président de l'AACC Interactive, aux côtés de Godefroy Jordan (B2L), vice-président. Ils présentent les chantiers de la délégation.

L'Association des agences-conseils en communication interactive, qui regroupe une quinzaine d'agences, a été mise en place il y a dix-huit mois avec pour priorité la définition de règles de consultation. Où en êtes-vous de ce chantier ?

Matthieu de Lesseux.La commission chargée de la structuration du marché a bien travaillé : des règles précises de consultation ont été entérinées par Vidéothèque et Gibory Consultant, deux cabinets en choix d'agences. Et elles devraient l'être prochainement par l'Union des annonceurs. Mais nos agences membres les appliquent d'ores et déjà.

Quelles sont ces règles ?

M. de L.Pour toute consultation, nous demandons un brief écrit et un rendez-vous avec le client. Nous avons fixé à trois semaines le délai obligatoire entre le brief et la présentation. Nous refusons que la short list comporte plus de quatre agences. Enfin, l'annonceur doit s'engager à indemniser une agence non choisie ayant fourni une maquette fonctionnelle. Il ne s'agit pas tant de couvrir les frais que de vérifier le degré d'implication de l'annonceur.

Godefroy Jordan.Si ces critères ne sont pas remplis, les compétitions ne sont pas jugées sérieuses et nous nous retirons.

Quels sont les autres chantiers de cette commission ?

G.J.Nous travaillons sur les définitions des fonctions que l'on trouve dans nos activités : certaines agences parlent de consultant, d'autres de chef de projet. Certaines ont des directeurs conseils, d'autres des directeurs de clientèle. Le client ne s'y retrouve pas : il faut harmoniser les définitions. Nous prévoyons également de diffuser les tarifs de tous ces métiers pour mettre en évidence le prix moyen du marché. Nous planchons enfin sur une charte de déontologie et d'engagement contractuel des agences : droits d'auteur, garantie de trois mois sur les développements informatiques, engagement sur les outils de méthodologie, etc.

Poursuivez-vous d'autres objectifs ?

M. de L.Nous souhaitons favoriser l'échange d'expérience. Nous avons instauré des séminaires mensuels, en interne ou avec des partenaires comme le Geste et l'International Advertising Bureau, où nous invitons un acteur clé du marché à s'exprimer. Nous avons également mis en place des séminaires thématiques sur la technologie, le juridique (signature électronique, cession des droits) et les médias (référencement, tarif des régies, etc.). Il s'agit de permettre aux collaborateurs des différentes agences de confronter leurs points de vue pour aboutir à des positions communes. Nous avons aussi lancé une étude sur l'analyse concurrentielle d'agences interactives en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

G.J.On peut dire que regarder les États-Unis, c'est se projeter à dix-huit mois, et la Grande-Bretagne à un an.

Sur le plan de la communication, quelles sont vos intentions ?

M. de L.Outre la réédition dansStratégiesd'un supplément éditorial, l'AACC Interactive souhaite soutenir activement un ou plusieurs prix. Nous voulons aussi aller à la rencontre des étudiants des grandes écoles pour expliquer nos métiers. Nous avons enfin le projet d'organiser une grande fête annuelle et de recruter une dizaine de nouvelles agences dans les deux ans.

Quel est le poids du marché et comment se porte-t-il ?

M. de L.Les quinze agences membres de l'AACC Interactive emploient 750salariés et pèsent 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, sur un marché estimé à 150 millions d'euros. Aujourd'hui, toutes les agences se sont restructurées et repartent sur des bases saines. La plupart sont rentables ou ont atteint l'équilibre. Le marché continue de progresser. Et cette analyse ne relève pas de la méthode Coué ! Les annonceurs qui ont débauché dans les agences sont plus avertis : ils savent ce qu'ils attendent d'Internet et ne réclament plus tout et n'importe quoi.

G.J.Aujourd'hui, on sait que la vente directe sur Internet n'est pas un eldorado et que les annonceurs peuvent se risquer sur ce terrain seulement si c'est leur métier (comme les vépécistes, par exemple). On sait également qu'Internet est un formidable outil d'avant-vente pour les produits impliquants socialement et financièrement, comme les voitures, les produits financiers ou l'immobilier. En revanche, pour les produits de grande consommation, l'enjeu du Web se situe plutôt sur le terrain de l'approfondissement de la relation client. Désormais, nous ne sommes plus dans un processus de justification d'Internet, mais de mesure du retour sur investissement, et d'exploitation et d'amélioration de ce qui a été mis en place.

Envoyer par mail un article

Matthieu de Lesseux et Godefroy Jordan : « Refuser les compétitions douteuses »

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies