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Télévision

Les chaînes du satellite jouent à saute-bouquet

11/10/2002

Libérées de leur clause d'exclusivité, de nombreuses chaînes thématiques en profitent pour être reprises sur le bouquet concurrent.

Depuis quelques mois, plusieurs chaînes thématiques jouent à saute-bouquet. Après Paris Première, MTV et i Télévision, la chaîne catholique KTO, jusqu'à présent distribuée en exclusivité par CanalSatellite, a aussi rejoint l'offre basique de TPS. De même, Teva, jusqu'ici exclusivement chez TPS, est également reprise sur CanalSatellite, contrôlée par Canal + (66 %) et Lagardère (34 %). Une première pour une chaîne éditée par M6 Thématiques et hébergée jusqu'à présent par la plate-forme détenue par TF1 (66 %) et M6 (34 %). D'autres chaînes devraient, elles aussi, jouer à saute-bouquet au rythme de l'échéance de leur contrat. Festival, qui vient de renouveler son accord de distribution avec TPS jusqu'en 2004, espère une reprise sur CanalSatellite avant la fin de l'année. Il en va de même pour Histoire, également libérée de son exclusivité avec TPS. Quant à la chaîne musicale MCM, actuellement sur CanalSatellite, elle a entamé des négociations avec TPS.

Sur le papier, cette double exposition ne présente que des avantages. En augmentant leur initialisation auprès des bouquets, les éditeurs de chaînes renforcent leur audience potentielle, donc leurs recettes publicitaires. Dans la réalité, l'équation n'est cependant pas aussi simple. D'abord parce que les chaînes doivent payer un double « transport », soit entre 600 000 et 800 000 euros par an. Ensuite, parce que la fin de l'exclusivité fait baisser les tarifs de 50 à 60 % au bénéfice des distributeurs.« La fin de l'exclusivité est directement liée à la baisse de la rémunération que les opérateurs satellite versent aux chaînes », affirme Roger-André Larrieu, le directeur général de Festival. Lors de la renégociation de son contrat, cette chaîne a vu son tarif diminuer de 50 %. Et une reprise sur CanalSatellite dans l'offre de base, où le tarif est le plus bas, ne suffira pas à compenser cette baisse, estime Roger-André Larrieu.

Effet de levier limité

La chaîne Histoire, qui a vu, elle, son tarif sur TPS tomber à 23centimes d'euros par mois et par abonné, risque de connaître les mêmes difficultés en cas de reprise en option sur CanalSatellite.« Notre intérêt aurait été de rester en exclusivité sur TPS au tarif actuel »,va jusqu'à dire Roger-André Larrieu, qui laisse entendre qu'il n'a pas eu le choix. En revanche, pour Damien Dufour, le directeur général de KTO, il s'agit d'un« choix stratégique »:« Évidemment, cela ne nous rapporte pas un euro, mais nous touchons 1,2 million de foyers supplémentaires. Ce qui va nécessairement changer la façon dont les annonceurs nous perçoivent. »

Pas si sûr... Car, selon les régies, l'arrivée d'une chaîne dans un bouquet satellite n'a qu'un effet de levier publicitaire limité. Fort de son expérience dans la radio, Frédéric Schlesinger, ancien directeur général d'Europe2 et de RFM, a choisi de privilégier une« exposition maximale »de la chaîne musicale sur les deux bouquets. Pour lui,« à plus ou moins long terme, les chaînes ne devront plus compter sur les recettes des opérateurs ». « Impensable,rétorque Philippe Chazal, directeur général d'Histoire et président de l'Association des chaînes du câble et du satellite.Nous avons été entraînés malgré nous dans la logique d'exclusivité que les bouquets ont pratiquée à outrance. Les chaînes thématiques en payent aujourd'hui les pots cassés. »Selon un connaisseur du PAF de complément, trente ou quarante chaînes disparaîtront l'an prochain.

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