Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

édition

J2M ou l'obsession des médias

15/11/2002

La sortie, ces jours-ci, à 15 000 exemplaires, de Mon vrai journal de Jean-Marie Messier est précédée de biographies non autorisées. L'une d'entre elles, Messier Story (Grasset, 19,90 E), émane de Pierre Briançon, ancien journaliste à Libération, qui retrace la grandeur et la décadence d'un patron subjugué par la communication (1).

Les médias ont-ils perverti Jean-Marie Messier ou est-ce le contraire ?

Pierre Briançon.Ils n'ont pas eu besoin l'un de l'autre pour entrer dans ce jeu. Messier est une extraordinaire pâte à médias : il a le syndrome du plus jeune. Lorsqu'il débarque chez Édouard Balladur, il est le petit génie des privatisations, puis il devient le plus jeune associé de Lazard. À la tête de la Générale des eaux, il prononce des discours, donne des leçons, adopte les 35 heures. Sa porte est toujours ouverte aux journalistes... Et puis il brille un peu dans le désert : les grands patrons français ne sont pas médiatiques.

Les médias ont-ils été des victimes consentantes ?

P.B.Ils ont été fascinés, parfois un peu dupes de l'artiste. Les manipulations, au sens de virtuosités, étaient de haute volée. Il fallait une compétence rare en ingénierie financière pour démêler les fils face à un groupe qui bidouillait et changeait continuellement de périmètre. Ceci dit, les journaux révélaient déjà en 1999 que Vivendi Universal était très endetté : on ne l'a pas découvert en 2002. Ils le disaient dans un contexte que l'on a oublié, où les gens qui brisaient toutes les lois financières avaient l'air de génies. Il y avait alors un mélange de sous-information et de légère fascination pour ce patron qui posait dansParis Matchavec sa chaussette trouée et apparaissait derrière le rideau rouge de L'Olympia qu'il venait d'acheter. C'était la communication poussée à l'extrême. Aujourd'hui encore, Jean-Marie Messier pense que ses erreurs se réduisent à des fautes de communication, et queLe Mondeest responsable de sa chute.

Stratégie de communication ou dérapage pathologique ?

P.B.Je crois que c'était pathologique. Quand Rome brûle autour de lui, que le cours de Bourse dévisse, il passe trois jours à contacter des artistes et organiser un concert pour Davos. Certes, il n'a cessé de répéter que ce qui était bon pour lui l'était aussi pour le groupe. En réalité, cette surcommunication reflétait surtout l'obsession maniaque de gérer tout ce qui le touchait. Il s'est d'ailleurs opposé à la sortie de mon livre. L'idée que quelqu'un aille fouiller dans sa vie ne lui plaisait pas du tout.

(1) Autre ouvrage d'actualité :Le Maître des illusions, ou l'ascension et la chute de Messier, de William Emmanuel, éditions Economica, 22 euros.

Envoyer par mail un article

J2M ou l'obsession des médias

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.