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TÉLÉVISION

Le rapport Kriegel zappe la violence

22/11/2002

Mieux réguler sans censurer, tel est l'esprit du rapport Kriegel sur la violence à la télévision, qui renvoie aussi l'État, les diffuseurs et les parents à leurs responsabilités.

Tout garder à la liberté, tout confier à la responsabilité. »Ainsi se présente le rapport sur la violence à la télévision que la philosophe Blandine Kriegel a remis le 14 novembre au ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon. Sans clouer au pilori la télévision« qui n'est pas le bouc émissaire de tous les maux de la société »,dixit le ministre, la commission veut apporter une« réponse sereine et apaisée »face à la montée de la violence sur le petit écran. S'appuyant sur une étude américaine, elle pointe l'effet, social et psychique, de l'impact de la diffusion d'images violentes. À cela,« il n'y a pas une responsabilité, mais des responsabilités »,considère Blandine Kriegel, qui souligne le retard de la France par rapport à ses voisins.

Sa première recommandation porte sur la Commission de classification des films, qui détermine si une oeuvre cinématographique doit être interdite à des publics mineurs. Jugée trop laxiste (seuls 20 % des films sont classés, contre 80 % chez nos voisins), elle a vocation à étendre son champ de compétences à la vidéo, aux DVD, aux jeux vidéo, et même progressivement à Internet. De leur côté, les fictions TV resteront pour l'instant soumises à la seule appréciation des chaînes.

Double cryptage pour le porno

Autre cheval de bataille du rapport,« les programmes violents ou pornographiques ne doivent en aucun cas être diffusés dans des tranches horaires susceptibles d'être regardées par les enfants, soit de 7 h à 22 h 30 ».Une restriction de fait déjà en vigueur en vertu d'une directive du CSA du 5 mai 1989, mais qui tolère aujourd'hui des exceptions. Les chaînes peuvent en effet diffuser quatre films interdits aux moins de 12 ans par an. Même si Blandine Kriegel promet qu'il n'y aura pas« de coups de ciseaux »à l'anglo-saxonne dans les programmes, la mesure fait déjà vivement réagir les chaînes, qui ne pourront plus diffuser en prime time des films commeMars Attacks !, Les Dents de la mer IVouLa Reine Margot,interdits au moins de 12ans.« On ne peut pas imaginer que la télévision devienne aseptisée à 21 heures »,s'insurge Étienne Mougeotte, le vice-président de TF1. Selon lui, il faut que le petit écran puisse continuer à diffuser,« avec des spécifications très claires, des grands films commeLa Liste de Schindler, Il faut sauver le soldat RyanouJeanne d'Arcde Luc Besson ».

Quant au porno, plus question de l'interdire. La commission prône un double cryptage efficace et un accès verrouillé sur le câble et le satellite. Et voudrait confier au CSA des pouvoirs de sanction renforcés. En pariant sur le sens des responsabilités et en se donnant un an pour voir, Blandine Kriegel admet que« c'est peut-être un peu naïf ».Si nécessaire, ajoute-t-elle, il faudra prévoir des mesures plus drastiques.

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