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Télévision

Canal+ ou l'harmonie des contraires

29/11/2002

Xavier Couture, le PDG de Canal+, s'explique sur son offre d'exclusivité à la Ligue de football professionnel, dans un contexte d'économies de la masse salariale et d'obligations envers le cinéma.

Pas facile d'expliquer qu'on est prêt à débourser 480 millions d'euros par an pour acquérir l'exclusivité du championnat de France de football tout en demandant une révision des conditions de financement du cinéma et en imposant une cure d'amaigrissement des effectifs de Canal +. L'exercice n'effraie pas Xavier Couture, PDG du groupe de télévision à péage, qui sait harmoniser les contraires depuis qu'il fait ticket commun avec Bertrand Méheut, nouveau directeur général venu d'Aventis. À cinquante et un ans, après avoir sauvé son siège face à Éric Licoys, postulant à son remplacement, celui que Jean-René Fourtou, PDG de Vivendi Universal, a gratifié à son arrivée d'un« il faut un management sérieux à Canal + »,est bien décidé à gagner ses galons.

Quitte ou double

Coup de bluff ou réelle détermination ? Ce joueur de poker joue gros pour rafler la mise avec une offre sur le football qui, selon lui, n'a« rien d'une enchère folle ». « Il s'agit d'un investissement important pour nos programmes afin de conquérir de nouveaux abonnés,indique-t-il àStratégies. Si on partage le pay per view, la facture s'élèvera à 430 millions d'euros, ce qui n'est pas très loin des 400 millions que nous coûte aujourd'hui le foot. Il nous suffira de faire des économies sur d'autres événements, comme en témoigne notre offre très faible sur la Ligue des champions. »Selon lui, la prime d'exclusivité de 280 millions d'euros avancée par Canal+ n'a donc rien d'une pratique anticoncurrentielle, comme l'en accuse TPS :« C'est un choix, non pas tactique, mais de bon sens : la valeur du championnat de France n'est pas la même si elle est répartie sur deux plates-formes. L'exclusivité a un prix. Si nous devions y renoncer, nous ferions une offre moins importante ou nous nous retirerions. Mais je ne pense pas que ce soit l'intérêt de la Ligue de perdre 200 à 260 millions d'euros. »Pour Canal+, le football est d'autant plus important qu'il représente 25 % des motivations d'abonnement, tandis que la moitié des souscripteurs se déclarent fidélisés par le duo football/cinéma.

Un tel investissement aurait-il des conséquences sur la politique de soutien de Canal+ au cinéma français (150 millions d'euros par an) ? Non, assure Xavier Couture. Son groupe s'est engagé à consacrer 9 % de son chiffre d'affaires au pré-achat de films français : le 7e art a donc intérêt à ce que la chaîne grossisse. Pour s'adapter à l'évolution du marché, le PDG de Canal+ souhaite néanmoins revoir la clause de diversité sur les films en obtenant un relèvement du plafond des petits et moyens budgets (5,3 millions d'euros) qui perçoivent 45 % des obligations d'investissement de la chaîne.« Canal+ continuera à financer 100films français par an, mais pas l'intégralité des 172films qui sont produits,plaide-t-il.Il faut que le cinéma puisse accéder à d'autres fonds. Aux États-Unis, le DVD finance la moitié des films. »Côté production, le groupe ne cache plus sa volonté de sortir d'Expand, présent au sein de Studio Canal, même si rien n'est encore engagé :« C'est un groupe multiculturel,observe-t-il,cela aurait un sens de le marier avec les activités de production de Lagardère. »

En Bourse dès 2003

Les relations avec ce partenaire pourraient être redéfinies lors de l'entrée en Bourse du nouveau Canal+, attendue en 2003. Les groupes Canal+ et Lagardère pourraient détenir ensemble 49 % de la chaîne cryptée, à moins que ce dernier choisisse de monter en puissance dans CanalSatellite, dont il a déjà 34 %. En attendant, note Xavier Couture,« l'urgence est de retravailler sur l'organisation et la rentabilité de New Canal ».Alors qu'un sureffectif de 800personnes est estimé pour le holding du groupe, un plan social drastique est attendu pour début 2003.« Les forces vives qui vendent de la publicité ne sont pas en sureffectifs,prévient en tout cas Xavier Couture.On peut faire le double du chiffre d'affaires publicitaire de Canal + et cinq fois celui d'iTélévision. Et il n'est pas question de supprimer la grille en clair. Notre réflexion vise plutôt à redistribuer les tranches en clair dans la journée. »

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