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Entretien

Christopher Baldelli : « Il faut avoir une perception populairedelaculture»

13/12/2002

Alors que Catherine Clément a remis son rapport sur la culture à France Télévisions, Christopher Baldelli, directeur général de France 2, défend son bilan.

Quel bilan tirez-vous, six mois après avoir remplacé Michèle Cotta ?

Christopher Baldelli.Je m'inscris dans la continuité. L'image d'une chaîne se construit dans la durée. Notre priorité est de faire plaisir au téléspectateur. Concernant la gestion, France2 va afficher un résultat d'exploitation positif de 10 millions d'euros en 2002. Nous sommes au-dessus de notre objectif de réduire de moitié, en trois ans, nos 92 millions d'euros de pertes accumulées.

Sur le plan des programmes, quelles évolutions avez-vous recherchées?

Ch.B.Dès cet été, nous avons fait des choix d'antenne forts avecJean Moulin, Band of BrothersouGaronne.À la rentrée, nous avons renouvelé, avecCent minutes pour convaincre,un genre qui avait disparu en 1991 avecL'Heure de vérité,celui de la grande émission de débat politique en première partie de soirée. Nous avons maintenuMots croisésavec Arlette Chabot en seconde partie de soirée, alors que TF1 appelait Bernard Tapie.

TF1 s'apprête à diffuser aussi sonJean Moulinet France 2 lui prend Alain Delon. Que faut-il en conclure ?

Ch.B.Tout le monde pourra voir la différence entre le Jean Moulin d'une chaîne publique et celui d'une chaîne privée. Quant à Alain Delon, il n'appartient pas plus à TF1 qu'à France 2. Il fera l'adaptation duLionde Kessel qui sera, là aussi, très différent de ce que TF1 a fait avecFabio Montale.Sur France 2, nous n'avons pas qu'un événement de fiction dans l'année. La fiction est au coeur de ce que nous voulons faire. L'an prochain, outreLe Lion,prévu pour la fin 2003, nous diffuseronsNeiges d'Indochine,sur le maréchal Leclerc, et l'adaptation desThibaultde Roger Martin du Gard. À France 2, nous avons trois soirées de fiction, une émission de débat politique, des documentaires, de l'information hebdomadaire en première partie de soirée avecEnvoyé spécial.Et pas de télé-réalité.

Jean-Jacques Aillagon aimerait pouvoir dire « Regardez la différence », comme France Inter a pu dire « Écoutez la différence »...

Ch.B.L'embêtant dans la notion de différence, c'est qu'on se réfère aux autres. Ce qui est intéressant, c'est ce qu'on fait. Dans la fiction, il suffit de regarder les critiques qui ont accueilliJean Moulin, Le Champ dolentouNapoléon...

Y a-t-il des points indignes du service public, notamment dans les jeux ?

Ch.B.Je ne vois aucune émission qui pose des problèmes.Les Chiffres et les lettres,Fort BoyardetPyramide,sont des jeux intelligents. En janvier, nous en lancerons un nouveau, intituléLa Cible,une sorte de quiz moderne. Quant aux ressources sur les appels téléphoniques, le CSA encadre, et il suffit de voir les millions de recettes générées par la télé-réalité pour noter des différences de pratique. Pour nous, il s'agit d'une forme d'interactivité que nous n'avons pas de raison de nous interdire. Mais, sur un an, cela représente moins de 5 millions d'euros. Et nous ne sommes pas dans une logique de maximisation des appels pour augmenter ce type de recettes. Nous avons fait le choix clair et fort de ne pas aller dans la télé-réalité. Nous n'examinerons des projets dans ce domaine que s'ils sont conformes à nos valeurs.

Comment comptez-vous adapter la demande de Jean-Jacques Aillagon d'émissions culturelles à des horaires mieux exposés ?

Ch.B.Il faut avoir une perception large, généreuse, populaire de la culture. Quand nous faisons des oeuvres de patrimoine, commeJean MoulinouNapoléon,nous sommes dans la création artistique : c'est une façon de remplir cette exigence. Début 2003, nous aurons une nouvelle émission musicale, adaptation de l'émission culte de la BBC,Top of the Pops.Elle sera diffusée en journée. Cela participe de la volonté d'avoir des émissions culturelles. Quant à l'idée de diffuser plus tôt, cela suppose de réduire la durée des programmes précédents. Ce n'est pas simple. En outre, France 2 réalise 37 % de ses ressources sur le marché publicitaire. Il y a une double exigence, économique et de société, d'avoir une large audience.

Le débat sur les animateurs-producteurs a été relancé par la grève à France Télévisions. Faut-il externaliser aussi fortement la production d'émissions de flux ?

Ch.B.La grève à France 2 portait essentiellement sur des motifs salariaux. Nous réalisons 60 % de notre production en interne. En ce qui concerne les programmes de flux, l'époque de l'ORTF où l'on produisait des émissions de divertissement en interne est révolue. Il est aujourd'hui plutôt rétrograde de penser qu'une chaîne doit produire des émissions de variété. Nous travaillons avec plus de dix sociétés de production sur des émissions de flux, ce qui est beaucoup plus que les autres chaînes. Et il n'y a pas une émission dont la décision éditoriale, sur les thèmes abordés ou le choix des invités, ne revienne à France 2. Nous ne donnons pas en jachère des plages horaires à des producteurs.

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