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Câble : le cri d'alarme de Jean-Louis Missika

24/01/2003

Son rapport, remis à l'ART, est accablant sur la situation du câble en France. Remèdes prescrits : la déréglementation et la fusion des opérateurs.

Dans les années quatre-vingt, le câble était un must, c'est aujourd'hui un objet télévisuel non identifié qui perd beaucoup d'argent et dont tout le monde se méfie. »Jean-Louis Missika, directeur de JLM Conseil (Altédia), qui vient de rendre son rapport sur le câble à l'Autorité de régulation des télécommunications (ART), ne cache pas son pessimisme. Comme le montre l'annonce d'un plan de réduction des effectifs chez Noos, portant sur 300 à 400 des 1 100 salariés, le câble vit en France une crise qui pourrait lui être fatale. Comme dans les autres pays d'Europe, il a été victime des erreurs liées à la bulle Internet et à un passage trop rapide à la numérisation. Pour conquérir des abonnés, les opérateurs ont en effet investi très lourdement dans des décodeurs numériques qu'ils ont cédés gratuitement, quitte à assumer des bogues techniques, par peur d'être délaissés par leur clientèle. Ils touchent aujourd'hui 3,4 millions d'abonnés (et 8,5 millions de prises commercialisables) avec un chiffre d'affaires de 692 millions d'euros.

Un mal européen

Résultat : chacun accumule des pertes - elles seraient de quelque 200 millions d'euros chez Noos.« Les petits réseaux câblés de l'Est ont mieux résisté en n'ayant pas les moyens de basculer dans le numérique », observe Jean-Louis Missika. À ce mal européen, il faut ajouter, en France,« les séquelles du plan câble de 1982, qui a coûté 30 milliards de francs, et une réglementation un peu tatillonne. »Exemples : les bassins de population sont limités à 8 millions de foyers par opérateur, toute autorisation d'exploitation dépend d'une concession de service public et un décret dit de « must carry » impose aux diffuseurs (Noos, NC Numéricâble, France Télécom Câble et UPC) de transporter les chaînes gratuites analogiques ou numériques terrestres. Si un recours a été engagé sur ce dernier point, la redéfinition du cadre juridique s'impose avec la directive du « paquet télécoms », que le gouvernement devrait transcrire dans la loi avant le mois de juillet 2003. Il y a urgence : la fragmentation des différents réseaux, entre une ville et sa banlieue notamment, empêche tout marketing global, toute communication nationale.

D'où l'importance, selon Jean-Louis Missika, d'avoir une consolidation des réseaux avec une fusion des opérateurs. Ce dernier préconise ce scénario, même s'il mesure les difficultés liées à la position capitalistique de France Télécom, actionnaire à 40 % de NC Numéricâble (dont il détient l'infrastructure de réseau), à 27 % de Noos (après sa reprise des parts de NTL) et à 100 % de France Télécom Câble.« Une fusion mettrait l'opérateur téléphonique en position dominante et lui permettrait de contrôler le haut débit sur le câble tout en développant l'ADSL,analyse Jean-Louis Missika. France Télécom pourrait avoir intérêt à bloquer la concurrence. »Seule l'injection d'argent frais par un nouvel entrant, comme Liberty Media, serait de nature à changer la donne.

Statu quo vraisemblable

Le deuxième scénario passe par la création d'un opérateur unique de réseau (Câble de France) qui louerait de la bande passante à des exploitants de service. Mais c'est le dernier scénario, le statu quo, qui est selon lui« à la fois le plus vraisemblable et le plus détestable »: il ne ferait qu'aggraver la situation à mesure que l'ADSL prendrait des positions irréversibles et que la TNT s'installerait dans les centres-villes.« En caricaturant,conclut Jean-Louis Missika,soit le câble investit en marketing et en technologie, et il gagne des abonnés et perd de l'argent, soit il serre ses coûts, n'investit plus et arrive à l'équilibre... mais il ne gagne plus d'abonnés. »

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