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DROITS TV DU FOOT

Le Conseil de la concurrence joue les prolongations

31/01/2003

La décision du Conseil de la concurrence de suspendre l'attribution des droits du football français à Canal+ relance les dés sur l'avenir des bouquets TPS et CanalSatellite.

C'est à la fois une très grande victoire pour TPS et un gâchis pour le football français. Je regrette que Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de football professionnel, n'ait pas tenu compte de nos mises en garde du 14 novembre. Il a plongé la Ligue dans une insécurité juridique dont il aurait pu faire l'économie si sa décision avait été transparente et loyale. C'est pour lui une défaite personnelle. Et en tant que président de club, je suis furieux de ne pas savoir quelles seront nos ressources. »Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6, actionnaire à 34 % de TPS et président des Girondins de Bordeaux, résume bien les multiples conséquences qu'implique la décision du Conseil de la concurrence de geler le contrat de 480 millions d'euros qui lie Canal + à la LFP pour l'attribution des droits de diffusion 2004-2007 de la Ligue1.

Dès ce 31 janvier, un conseil d'administration de la Ligue doit délibérer pour faire connaître sa réaction sur cette décision, contre laquelle Canal+ a fait appel et qui nécessite maintenant une instruction au fond avant la fin 2003.« La mesure prise par le Conseil de la concurrence n'est qu'un épisode dans une bataille dont on savait qu'elle serait rude,tente de positiver Frédéric Thiriez.La première manche nous a permis avec succès de valoriser le championnat à 420-480 millions d'euros. L'enjeu, maintenant, est de sécuriser cet acquis. »Reste que le président de la Ligue pourrait être contraint de lancer un nouvel appel d'offres pour éviter une déroute complète. Au risque d'ouvrir un nouveau front judiciaire avec Canal+, dont le recours auprès de la cour d'appel de Paris devrait être examiné avant le 23 février.

Position dominante

« Nos offres doivent être prises en considération sérieusement pour que nos abonnés puissent continuer à accéder aux matchs de la Ligue 1 sur TPS Star et Multivision »,explique Emmanuel Florent, PDG de TPS. Le bouquet, qui revendique un chiffre d'affaires de 500,3 millions d'euros en 2002, a réussi à faire valoir ses arguments auprès de l'autorité de la concurrence. Avec 64,8 % du marché de la télévision à péage contre 11,7 % pour TPS, il n'est pas exclu, estime le Conseil, que Canal+ abuse d'une position dominante. Pièce maîtresse du dossier : la« prime d'exclusivité de 290 millions d'euros, égale à 150 % du montant de la totalité de l'offre de base ».D'où le soupçon de« comportement discriminatoire »,voire d'entente au profit de Canal +, dont la prime d'exclusivité est qualifiée de« prime d'exclusion »par TPS. Le Conseil de la concurrence a retenu les liens existants entre Canal+ et les présidents de clubs : en 1999, la chaîne cryptée s'est engagée à verser 250 millions d'euros sur sept ans à six clubs de Ligue 1 afin de sécuriser ses images au cas où ceux-ci deviendraient propriétaires de leurs droits.

Pas de communication

Le plus grand flou entoure désormais l'avenir des deux bouquets. Canal +, qui projette de s'introduire en Bourse, pourrait être tenté de négocier un partage des droits du foot en cas de nouvel appel d'offres. Emmanuel Florent affirme pouvoir conquérir un million d'abonnés s'il a accès aux lots 2 et 3 du championnat de France. Ses actionnaires réinvestiraient alors lourdement, ce qui repousserait de deux ans l'équilibre prévu pour 2004. Dans le cas contraire, la perte serait comprise, selon lui, entre 220 000 et 275 000 abonnés. Déjà, en décembre, TPS a vu ses recrutements baisser de 5 % après le simple cri de victoire de la chaîne cryptée. D'où sa satisfaction de voir le Conseil enjoindre Canal+ et la Ligue de« s'abstenir de toute communication, notamment à des fins publicitaires et commerciales ».Reste à savoir si un accord sur les droits relancerait l'idée d'une fusion TPS-CanalSatellite, chère à Jean-René Fourtou, le PDG de Vivendi Universal. Comme l'écrit dans une étude récente Édouard Tétreau, analyste au Crédit lyonnais, difficile de plaider cette cause à Bruxelles :« Pourquoi le monopole de demain[TPS-CanalSatellite]serait-il plus présentable que le monopole décrié hier[celui de Canal + sur le football français]» ?

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