Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

AUDIOVISUEL

Bertelsmann accroît son emprise sur RTL Group

21/02/2003

Bertelsmann/RTL : avis de tempête. » Dans sa note du 16 janvier sur les stratégies médias en 2003, le Crédit lyonnais faisait état des chambardements attendus sur RTL Group et sur son propriétaire de Gütersloh. Une vision confortée par le départ de Didier Bellens, le 14 février, et le désaveu public apporté par le patriarche de Bertelsmann, Reinhard Mohn, quatre-vingt-un ans, aux dirigeants exécutifs du groupe allemand accusés de placer« leurs visées personnelles au-dessus de celles de l'entreprise ». Proche d'Albert Frère, Didier Bellens, l'ex-patron de RTL Group, a choisi de prendre les rênes de Belgacom, une société d'État belgo-belge de téléphonie, certes plutôt bien gérée pour avoir échappé à la tourmente inflationniste des licences de troisième génération, mais sans commune mesure avec la surface du leader européen de la télévision (4,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires 2002).

Ambitions familiales

Si Didier Bellens a choisi de jeter l'éponge, c'est donc un signe et même, est-on tenté de dire en France, plutôt un mauvais signe. Didier Bellens incarnait en effet le respect d'une liberté éditoriale et de management, à RTL comme à M6, et se contentait d'exercer un contrôle financier strict sur ses actifs. Qu'en sera-t-il demain ? Ne faut-il pas craindre une germanisation de RTL Group ? L'éviction de Thomas Middlehoff de la présidence de Bertelsmann, en juillet dernier, a sonné le glas d'une vision décentralisatrice du groupe héritée de la CLT-Ufa. Gunter Thielen, son successeur, doit composer avec les ambitions d'une famille Mohn désireuse de reprendre le contrôle de Bertelsmann et les faux semblants d'Albert Frère, détenteur d'une minorité de blocage et enclin à céder à bon prix sa part de 25,1 %.

Officiellement, le patron du groupe Bruxelles Lambert prévoit d'introduire en Bourse en 2005 cette participation obtenue, en juin 2000, en échange de ses 30 % d'Audiofina, valorisée alors 7 milliards d'euros. Mais il dispose aussi d'une option qui lui permet de céder avant cette date ses 25 % à Bertelsmann. Un scénario qui semble de plus en plus crédible alors que la famille Mohn, qui détient 75 % des droits de vote, avance des exigences de plus en plus opérationnelles devant l'ampleur de la dette, estimée entre 4 et 5 milliards d'euros. On lui doit, notamment, outre la nomination de Gunter Thielen, le recentrage de Bertelsmann sur son métier historique, l'édition. Nostalgique d'une époque où Bertelsmann avait pour unique actionnaire une fondation, elle serait tentée de voir plus loin en retrouvant la maîtrise complète de son capital... D'autant qu'une mise en Bourse, selon le Crédit lyonnais, impliquerait une« marge à deux chiffres »qui induirait 950 millions d'euros d'économies... soit 16 000 suppressions d'emploi (20 % des effectifs de Bertelsmann).

Mais pour racheter ses parts à Albert Frère, la famille Mohn doit dégager du cash. D'où les différentes hypothèses circulant sur un démantèlement du groupe.« Bertelsmann est sous une telle pression - opérationnelle, financière, actionnariale - qu'on ne doit pas exclure pour les deux années à venir un programme de cession d'actifs aussi important qu'inattendu »,notent Édouard Tétreau et Nicolas Gindre, analystes au Crédit lyonnais. La presse professionnelle, qui doit être vendue avant mars, est susceptible de rapporter 1 milliard d'euros. Mais d'autres cessions sont prévisibles. BMG, la filiale musicale, est ainsi réputée cessible pour« plusieurs milliards d'euros ».

Quant à RTL Group, son sort se joue avec la désignation du successeur de Didier Bellens, encore inconnu à l'heure de notre bouclage. Si un profil de financier, comme celui de Gerhard Zeiler, actuel patron de RTL TV, l'emporte, il faudrait s'attendre à d'importantes cessions. Si, en revanche, il s'agit de Rolf Schmidt-Holz, le patron de BMG, favori grâce au soutien de la famille Mohn, la balance penchera plutôt pour de simples modifications de frontières. Ancien codirecteur général de la CLT-Ufa, Rolf Schmidt-Holz serait en effet plutôt partisan d'un maintien en l'état du périmètre actuel. Mais il incarnerait aussi une forme de germanisation du groupe, à l'instar d'Ewald Walgenbach, patron de DirectGroup, autre prétendant au trône.

Renforcement dans M6 ?

Et si RTL Group était à vendre ? Cette dernière hypothèse n'effraie pas le Crédit lyonnais qui note que ce groupe n'est plus représenté au comité exécutif de Bertelsmann. Il est pourtant son premier contributeur financier, avec un résultat opérationnel qui serait en hausse de 50 % en 2002, à 420 millions d'euros. Les observateurs penchent donc plutôt pour des cessions à la marge, comme la société de production Freemantle (ex-Pearson TV) ou la minorité de blocage dans Sport Five. Et pour un renforcement dans M6... quitte à consentir au CSA quelques règles pour encadrer l'influence de RTL Group après le retrait annoncé de Suez.

Envoyer par mail un article

Bertelsmann accroît son emprise sur RTL Group

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies