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Axel Ganz : « Nous allons encore lancer des magazines »

Entretien

28/02/2003 - Axel Ganz, fondateur et président-gérant du groupe Prisma Presse, filiale de Bertelsmann, revient sur la politique définie par le groupe à l'international et sur les défis de Prisma Presse en France.

Reinardt Mohn, le patriarche de Bertelsmann, a sévèrement mis en cause le haut management de son groupe, auquel vous appartenez puisque vous présidez la division internationale magazine de Gruner + Jahr. Vous êtes-vous senti visé ?

Axel Ganz.Cela ne concerne pas Prisma Presse, puisque nous appartenons non pas directement à Bertelsmann mais à Gruner + Jahr. Or Gruner + Jahr appartient certes pour 74,9 % à Bertelsmann, mais aussi pour 25,1 % au groupe Jahr. La présence de cet actionnaire, qui dispose de la minorité de blocage, donne une indépendance très forte à cette maison. Nous y tenons beaucoup. Je n'ai donc aucune raison de me sentir visé.

Le nouveau management de Bertelsmann semble inciter les différentes entités du groupe à travailler ensemble. Peut-on imaginer, par exemple, un rapprochement entre les régies de RTL et de Prisma Presse ?

A.G.Ces rapprochements n'ont pas de lien avec le nouveau management de Bertelsmann. Le groupe est organisé en centres de profit indépendants les uns des autres. Ceci dit, les dirigeants des principales entités françaises du groupe - Prisma Presse, les groupes RTL, M6, France Loisirs, BMG et Arvato (imprimeries et services) - se rencontrent régulièrement depuis deux ans pour développer des synergies. Nous avons déjà réalisé des opérations communes, autour d'Elvis Presley par exemple. D'autres opérations sont actuellement en cours sous la houlette des responsables opérationnels. Mais aucun rapprochement commercial n'est envisagé.

Vous êtes responsable de Gruner + Jahr pour l'international. Comment se situe la France par rapport aux pays dans lesquels le groupe est présent ?

A.G.Cela me gêne presque de le dire, mais la France est une perle pour Gruner + Jahr. Nous présentons chaque année une vraie régularité dans nos résultats et d'excellents magazines dont tout le groupe est fier. C'est, avec l'Allemagne et les États-Unis, l'un des marchés clés du groupe. La France bénéficie à ce titre d'une attention toute particulière de la part des actionnaires. Je ne souhaite pas divulguer la rentabilité de Prisma Presse d'une manière précise, mais elle se situe largement au-dessus de la moyenne du groupe. Cette année encore, la France sera le pays le plus rentable de Gruner + Jahr.

Pourtant, les diffusions de Prisma Presse sont cette année encore largement orientées à la baisse...

A.G.Le marché français de la presse magazine est globalement en régression depuis trois ans. Prisma Presse, dans ce contexte, s'est plutôt bien battu. Globalement, notre groupe a été meilleur que ses concurrents puisqu'il a gagné des parts de marché, même s'il n'a pas échappé à la tendance générale. Ceci ne doit pourtant pas nous endormir devant les challenges à affronter dans les années à venir. Comme les autres éditeurs, nous sommes confrontés au problème de la croissance. Nous y travaillons avec enthousiasme et acharnement. Nous avons, grâce à ces efforts, des magazines qui progressent, commeVoiciouGala. Mais il est vrai aussi que certains de nos titres ont vieilli. On n'échappe pas toujours à une faiblesse momentanée.

Est-ce la fin de cette « formule Ganz » qui signait le succès des titres Prisma Presse ?

A.G.Il n'y a pas de formule Ganz, ce serait trop simple. En réalité, tous nos magazines ont apporté au marché une innovation, mise en valeur par une excellente exécution artisanale.Géoétait le premier magazine tout en couleurs,Primaun vrai magazine pratique. Dans une grande famille, tous les enfants ne sont pas toujours en bonne santé. Aujourd'hui, nous sommes conscients que les lecteurs ont changé. Les jeunes, qui ont pour la première fois grandi avec tous les médias (télévision, radio, presse, Internet, jeux vidéo), n'ont pas le même comportement que les plus âgés de nos lecteurs, qui n'avaient pratiquement que les livres et la presse écrite. Le temps est venu de réinventer le marché. C'est pour cela que nous avons observé une pause. Relative puisque nous avons tout de même lancé avec succèsNational Geographicen France etGéo ado.


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CHIFFRES CLÉS

16magazines, dontGéo,Capital,Femme actuelleetPrima.

269 millionsd'exemplaires vendus en 2002.

1,7 milliond'abonnés.

1 Français sur deuxlit au moins un titre de Prisma Presse.

8 883pages de publicité vendues en 2002.

524 millions d'euros.Chiffre d'affaires 2001, ce qui en fait le deuxième groupe de presse magazine en France après Hachette Filipacchi Médias.

49,7 millions d'euros.Résultat net 2001.

842salariés en contrat à durée indéterminée en 2002, dont 65 % de femmes et plus de 50 % de journalistes.

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