Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

International

Saban, « l'ami allemand » de TF1

21/03/2003

Le producteur israélo-américain Haïm Saban vient de prendre le contrôle de ProSiebenSat1, le pôle télévision de KirchMedia. TF1, qui devait s'associer à l'opération, hésite devant la réticence des marchés financiers.

Assurément, c'est un joli coup... Haïm Saban a finalisé le 17 mars le rachat de ProSiebenSat1, le pôle télévision de KirchMedia. Le groupe Saban, via l'une de ses filiales nouvellement créées, acquiert 36 % des actions - ce qui représente 72 % des droits de vote - de ProSiebenSat1, le pôle TV de KirchMedia, placé en dépôt de bilan en avril dernier. Saban était resté seul en lice après le retrait, le 12 mars, de l'éditeur allemand Bauer, pourtant donné favori par les administrateurs judiciaires. Saban prend pied en Europe et devient le premier étranger à entrer, par la grande porte, sur un marché allemand traditionnellement très fermé, où Rupert Murdoch et Silvio Berlusconi eux-mêmes avaient échoué. Il s'offre le principal groupe de télévision privée en Allemagne, qui partage avec RTL (groupe Bertelsmann) plus de la moitié du gâteau publicitaire allemand.

Un autre contrat, concernant cette fois la vente du catalogue de films et de séries télévisées, doit être signé dans les prochains jours avec Saban, a indiqué KirchMedia. L'offre globale de Saban est estimée à quelque 2 milliards d'euros, dont 700 millions d'euros cash immédiatement : 200 millions pour le catalogue - et son endettement de 1,2 milliard d'euros - et 500 millions pour le rachat de ProSiebenSat1, endetté à hauteur de 750 millions d'euros.

Un nabab d'Hollywood

À cinquante-neuf ans, le producteur israélo-américain, né dans une modeste famille juive d'Égypte, est l'un des nababs d'Hollywood. Après avoir débuté dans la production de musique de feuilletons télévisés commeGoldorak,Ulysse 31ouInspecteur Gadget- dont il avait composé la musique -,Dallasou encoreStarsky et Hutch, il a bâti son empire financier à partir desTortues Ninja, desPower Rangerset de la chaîne pour enfants Fox Family. Cet homme d'affaires francophone est l'une des plus grosses fortunes - estimée à 1,7 milliard de dollars (près de 1,6 milliard d'euros) - du show business, juste derrière Steven Spielberg.

Reste une inconnue de taille : le groupe TF1 va-t-il ou non participer à la transaction ? À l'origine, le groupe dirigé par Patrick Le Lay était clairement associé au rachat du pôle télévision de KirchMedia, la partie catalogue l'intéressant visiblement moins. C'est en duo que Haïm Saban et Patrick Le Lay s'étaient portés candidats à l'automne dernier, avant d'être écartés en décembre.

C'est encore ensemble que les deux hommes avaient rencontré, le 6 mars dernier, les dirigeants de ProSiebenSat1 à Berlin. Or, le nom de TF1 n'est nullement mentionné dans l'accord signé lundi. Toutefois, selon Haïm Saban, qui entretient les meilleures relations avec Patrick Le Lay, tout est affaire de calendrier :« TF1 est bienvenu à n'importe quel moment pour prendre une participation entre 1 % et 50 % d'ici à la fin de la transaction »,explique-t-il. Il s'est dit prêt à« laisser du temps »à TF1 - quatre à six semaines - pour prendre sa décision. Mardi dernier, les deux hommes devaient se rencontrer à Munich.

Aubaine pour TF1 mais risque financier

Fin février, Patrick Le Lay évoquait un éventuel investissement compris entre 350 et 400 millions d'euros. Ce qui correspondrait peu ou prou à la moitié de la somme versée par Saban. Mais une stricte parité imposait aussi pour TF1 de consolider dans ses comptes 377 millions d'euros de dettes. Pour financer l'opération, le groupe français a donc misé un temps sur une augmentation de capital. Devant les réticences des analystes financiers, il a, semble-t-il, changé de braquet. Le 14 mars, les observateurs ne parlaient plus que d'autres sources de financement et de« participation symbolique »de TF1.

Pour la Une, le rachat de ProSiebensat 1 serait à n'en pas douter une aubaine et une occasion de sortir de ses frontières franco-françaises. Les perspectives de recettes sur un marché publicitaire aujourd'hui en berne, mais qui peut repartir rapidement, paraissent alléchantes. Reste à savoir si TF1, engagé sur plusieurs fronts en France, pour les droits sportifs et une possible fusion de TPS et CanalSatellite, a les moyens de ses ambitions... Il faudra tout le pouvoir de persuasion de Patrick Le Lay pour convaincre son conseil d'administration et ses actionnaires...

Envoyer par mail un article

Saban, « l'ami allemand » de TF1

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies