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Presse

Comment Emap a mis la main sur Excelsior

11/04/2003

Arnaud de Puyfontaine a mis plus d'un an pour négocier l'acquisition du groupe Excelsior. Le deuxième éditeur de presse en France peut maintenant travailler à acquérir la reconnaissance du milieu.

En 1998, Arnaud de Puyfontaine, alors fraîchement nommé directeur général d'Emap France, avait réservé son premier déjeuner avec un patron de presse à... Paul Dupuy, PDG d'Excelsior Publications. Le courant était passé. Au dessert, le jeune manager, gonflé, avait glissé :« Si un jour vous envisagez de céder votre groupe, je serai ravi que nous en parlions. »Cinq ans plus tard, c'est chose faite : Emap France a annoncé, le 2 avril, l'acquisition de la majeure partie du groupe Excelsior et se positionne désormais comme le numéro deux du marché, derrière Hachette Filipacchi Médias (HFM), mais devant Prisma Presse.« Nous n'étions qu'une option possible,rappelle celui qui est devenu depuis PDG d'Emap France.Mais c'est comme au tennis : je suis meilleur quand je suis sous pression. »

De fait, les choses n'ont pas toujours été simples. Cette acquisition constitue la plus grosse opération du groupe anglais depuis l'aventure américaine de Petersen, qui s'était soldée par des pertes abyssales.« Il a fallu convaincre la direction britannique de nous suivre, alors que nous ne savions pas quel serait le prochain président ni, du coup, la stratégie choisie »,explique-t-il. Le feu vert du siège londonien est tombé début décembre 2002, tout juste un mois avant la nomination de Tom Moloney, successeur de Robin Miller à la tête d'Emap Plc.

Cet accord couronne un an de conversations à rebondissements. En réalité, rien ne contraignait Paul Dupuy, majoritaire dans le capital de son groupe, à céder. Mais le désir d'une de ses soeurs de vendre sa participation (20 %) lui a servi de prétexte pour aborder de front, cette fois, l'épineuse question de sa succession.« La transmission d'entreprises est un handicap majeur en France,martelait Paul Dupuy le jour de la vente.Et ce ne sont pas les mesurettes en discussion au Sénat qui vont changer quelque chose. »

Un groupe pour 90 millions d'euros

Surtout, le PDG d'Excelsior a pris acte d'une concentration du marché qu'il considère comme inéluctable, renforcée par l'accès de la presse à la publicité télévisée (lire en page4). Il cède la mort dans l'âme, après avoir étudié toutes les solutions, pour un prix honnête. Excelsior bénéficiait d'une « surcote » théorique due à la rareté de ce bel actif de presse, et d'un handicap lié au manque de visibilité actuel sur le marché publicitaire. Tour à tour, Axel Springer France ou Prisma Presse ont jeté l'éponge. Finalement, Emap l'a emporté pour 90 millions d'euros, soit 14fois le résultat d'exploitation et 1,4fois le chiffre d'affaires des actifs repris. Parmi ceux-ci, la régie reste détenue à 30 % par HFM, dont le contrat d'opérateur arrivera à échéance en juin. Arnaud de Puyfontaine assure qu'il restera« extrêmement ouvert et pragmatique »dans les conversations, le maintien de HFM dans le capital étant« mécaniquement lié »aux accords à venir.

En cinq ans, le jeune et ambitieux manager signe une belle réussite à laquelle il manque encore, toutefois, la reconnaissance du milieu. Le personnage, boudé par les éditeurs, jargonnant sans cesse un anglais financier dans un sourire carnassier, tente désormais de modifier l'image de golden boy échappé de la City qui lui colle à la peau. Deux jours après l'annonce de l'accord, il a abandonné le strict uniforme costume-cravate pour une chemisette noire ouverte sous sa veste. Détendu, il parle de son grand-père maternel, André-Marie Gérard, une personnalité de la presse d'après-guerre, de son goût pour l'écriture journalistique à l'origine de sa vocation, de son expérience auFigaro grandes écoles. À trente-huit ans, l'homme veut montrer qu'il a gagné en profondeur ce qu'il a perdu en certitudes.« Tout bouge, change et va plus vite dans tous les domaines,assure-t-il.L'intuition prend de plus en plus d'importance à mes yeux. »Il parle de liens de confiance à créer dans l'entreprise pour surmonter l'inquiétude des salariés, de« cultures éditoriales à préserver », souhaite« assumer la pérennité »et« tourner cette page avec sérénité ». Si ce n'est pas encore la maturité, cela y ressemble déjà un peu. Mais cela sera-t-il suffisant pour convaincre en interne et modifier son image ?

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