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Plurimédia

Le cocktail mi-hard mi-soft des médias homosexuels

02/05/2003

Presse, radio et bientôt télévision : les médias à destination des gays se multiplient, au prix d'un compromis entre préoccupations communautaires et ouverture grand public.

Les homosexuels sont-ils en passe de devenir le prochain eldorado des annonceurs ? Réputés actifs dans les secteurs culturels et prescripteurs de tendances, ils investissent de plus en plus les médias. À la rentrée prochaine, ils auront leur télévision, avec Pink TV, qui vient de décrocher le feu vert du Conseil supérieur de l'audiovisuel pour être diffusée sur le câble et le satellite. Selon les derniers chiffres de l'OJD,Têtu,mensuel gay et lesbien, a vu sa diffusion payée en France progresser de 26,2 % en 2002, avec 39 529exemplaires, et en revendique déjà 43 500 au premier trimestre 2003. Du jamais vu depuis son lancement en 1995. Dans le même temps, le chiffre d'affaires du titre a progressé l'an dernier de 33 %, à 4,3 millions d'euros. La publicité, à 1,5 million d'euros, grimpe de 29 %. Quant à la radio FG, qui se démarque depuis longtemps de l'ex-Fréquence Gaie, elle enregistre au premier trimestre une audience cumulée de 2,6 %, soit près de 250 000 auditeurs, lors du dernier sondage de Médiamétrie en Île-de-France. La hausse est de 0,6 point par rapport à septembre-décembre 2002. Et la station vient de décrocher ses premières fréquences en province : elle s'installera à Reims et à Épernay en septembre.

Équilibre

Plus qu'un marché de masse, les homosexuels restent avant tout une cible, avec une communauté estimée entre 1,5 et 3,5 millions de personnes en France. Pour les séduire, point de recettes miracle, mais des écueils à éviter. Ainsi, sur les cendres de Fréquence Gaie, morte en 1987, Henri Maurel a développé depuis 1990« un produit radiophonique innovant fondé sur des modes de vie, une culture et des préoccupations communautaires »,résume-t-il. En attendant la constitution d'un réseau thématique national, FG se définit comme une« city radio »parisienne« non segmentante ».S'il y a une très forte adhésion des gays, la marque FG touche aussi les amis d'homos, autrement appelés les « gays friendly ». Thomas Doustaly, le directeur de la rédaction deTêtu,tient le même type de discours non sectaire. Doté d'un lectorat à 50 % urbain et parisien, le mensuel a doublé ses ventes en 2002 dans les villes moyennes de moins de 100 000habitants et séduit de plus en plus les« jeunes dont certains vivent chez leurs parents »,explique-t-il. En attendant l'équilibre financier, espéré dans un an ou deux, Pierre Bergé, l'actionnaire fondateur unique deTêtu,pourrait faire entrer au capital de nouveaux partenaires et réfléchit à une déclinaison hebdomadaire du titre, axée sur le service et un public plus senior. Ce succès est, selon Thomas Doustaly, le fruit d'un« équilibre trouvé entre le cul hard et le militantisme ».Le contenu est resserré autour de trois axes : l'image, les informations culturelles et enfin une partie sociopolitique. Entretien avec Jacques Chirac et Lionel Jospin sur l'homosexualité avant les élections de 2002, dossier sur la rentrée des profs homo en septembre...«Têtuporte le fer hors du ghetto, c'est un journal que l'on peut lire dans le RER à côté d'une mamie,explique Thomas Doustaly,mais pas question pour autant de faire un journal gay en ayant l'air de s'excuser. Il s'adresse avant tout aux gays et lesbiennes. Même avec des copains homos, un hétéro, à de rares exceptions, ne va pas lireTêtu.Croire le contraire est une vue de l'esprit. »

Pink TV vise 200 000 abonnés

Pink TV, la première chaîne du PAF destinée aux homosexuels, qui sera lancée à la rentrée, devra se méfier de cet écueil. Autorisée début avril par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, dotée d'un budget de 11,5 millions d'euros, Pink TV sera« une télévision gay tous publics, pas une chaîne communautaire »,explique pourtant son PDG, Pascal Houzelot, ancien conseiller d'Étienne Mougeotte à TF1 et patron de Mosca Films.« Il ne s'agit pas de montrer des gays aux gays. Pink TV s'adressera aux gays et lesbiennes, mais aussi aux gays friendly et sera une chaîne d'accueil,explique-t-il.Il ne faut être ni sectaire ni agressif et ne pas avoir mauvais goût. »Pascal Houzelot est résolu à insuffler à la future chaîne une sorte« d'esprit Canal + des débuts ».Encore en chantier, la grille proposera des émissions culturelles, musicales et un magazine d'information quotidien. Au prix de grosses concessions au CSA, la chaîne diffusera quatre films porno chaque semaine. Facturée 9 euros par mois, Pink TV espère toucher 200 000 abonnés d'ici à 2007. D'ores et déjà, Canal +, TF1, M6, un groupe bancaire et une société de communication ont montré leur intérêt pour entrer au capital. Des négociations sont en cours avec Lagardère et Showtime, filiale du géant américain Viacom.

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