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Presse

Cinven, profession repreneur

23/05/2003

Le fonds d'investissement, qui a repris avec Candover les 700 magazines et les 4 000 livres spécialisés de Bertelsmann, est en train de devenir un géant mondial de l'édition professionnelle.

Cinven ? C'est plutôt la touche Tony Blair face à un Carlyle tendance Donald Rums- feld. »Ce gérant de fonds n'a pas choisi la comparaison au hasard. Surnommée la « banque de la CIA », le fonds américain Carlyle, présent à 37,5 % dans Aprovia (Tests,L'Usine nouvelle,Le Moniteur,France agricole, etc.), est lié à l'administration Bush et à l'industrie de l'armement américaine. Libéral, atlantiste mais néanmoins très séduit par la zone euro, le londonien Cinven, actionnaire à 50 % de l'ex-CEP Communication, est à l'inverse réputé pour son ancrage européen. Le 13 mai, il a confirmé cette image en rachetant en Allemagne, avec le fonds Candover, le pôle de presse professionnelle BertelsmannSpringer pour 1,05 milliard d'euros.

Springer, n°2 mondial

En prévoyant de fusionner cet actif avec le néerlandais Kluwer Academic Publishers, racheté en janvier dernier pour 600 millions d'euros, il est en passe de donner naissance, sous la bannière Springer, au numéro deux mondial de l'édition dans les sciences, les technologies et la médecine, derrière Elsevier Science. Aucune synergie n'est toutefois prévue avec Aprovia, même s'il n'est pas exclu que Cinven reprenne ultérieurement à Bertelsmann ses actifs français, notammentImpact Médecine.

Qui aurait pensé, il y a seulement deux ans, que l'un des leaders européens de la presse professionnelle serait un fonds d'investissement ? Pour cette société qui a revendu à AOL Time Warner, en 2000, le groupe de presse britannique IPC, trois ans après l'avoir acheté, ce sont les périodes jugées à risques, où les valeurs boursières sont dépréciées, qui peuvent se révéler les plus juteuses. La stratégie de Cinven est de miser sur des actifs leaders dans l'édition professionnelle qui correspondent à de réels besoins des entreprises, les« must have », comme dit Nicolas Paulmier, directeur de Cinven France, avant de les revendre, trois à cinq ans plus tard, avec une confortable plus value.« On se fixe une feuille de route,explique-t-il,mais nous sommes ensuite très pragmatiques. Certes, la durée moyenne de notre fonds levé en 1996 a été de trois ans et demi. Mais ce temps court a été lié à une croissance très rapide du fait de la nouvelle économie. Aujourd'hui, notre investissement est plutôt pour quatre à cinq ans. »

Managers accompagnés

Pour parvenir à ses fins, Cinven n'hésite pas à « accompagner » des restructurations drastiques. C'est ce qu'a vécu le groupe de presse informatique Tests qui a dû mettre en place, en 2002, un plan social qui a conduit à 150 départs.« Tests a gagné de l'argent pendant dix ans, il en perd pour la première fois en 2002 et ce sont les salariés qui trinquent »,soupirait alors Alain Steinmann, vice-président de la Société des journalistes. Mais selon Philippe Santini, PDG d'Aprovia, il en allait de la survie d'une entreprise qui a perdu 15 millions d'euros l'an dernier :« Si Cinven et les autres fonds n'avaient pas été là, on n'aurait pas pu assurer la pérennité de Tests,explique-t-il.Cinven est un actionnaire moderne, sans pensée parasite, qui allie la vision stratégique à long terme et un sens tactique immédiat. Ce ne sont pas des méchants aux grandes dents. Ils ont, comme au golf, un bon petit jeu et un jeu long. »Jean Weiss, PDG de Tests, renchérit en rappelant que son groupe, qui vient d'être recapitalisé de 40 millions d'euros, a perdu, en 2002, 82 % de ses petites annonces et 30 % de ses revenus publicitaires. Reste une question : le plan, qui touche de nombreuses publications, n'est-il pas d'autant plus sévère que les fonds Cinven-Carlyle et Apax avaient sous-estimé l'ampleur de la crise informatique ? Le fait est qu'entre la promesse d'achat à Vivendi, en août 2001 (75 % de l'ensemble pour 1,5 milliard d'euros) et le paiement en juin 2002, le retournement du marché a conduit Cinven à descendre son offre à 575 millions d'euros pour 100 % d'Aprovia, somme à laquelle il faut ajouter 675 millions pour la branche médicale MediMedia. Un réajustement de prix suffisant ?« Au second semestre 2002, Tests était encore en dessous de ce que nous avions anticipé »,reconnaît Nicolas Paulmier. Dans la tradition de ce fonds, qui est d'accompagner le management avec des conseils d'administration mensuels, la restructuration est vite apparue nécessaire. Cinven exige une rentabilité de l'ordre de 15 %, selon Nicolas Paulmier, et ce sans compter la rémunération des fonds propres (6-7 %) et les intérêts de la dette (3-4 %). Cela n'a toutefois pas empêché Tests d'investir dans le lancement en juin prochain du magazineTéléchargez.com.

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