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Entretien

Frédéric Thiriez : « Limiter la dépendance des clubs aux droits TV »

27/06/2003

Frédéric Thiriez, le président de la LFP, souhaite que les clubs diversifient leurs ressources.

La saison de football est terminée. Quel bilan en tirez-vous ?

Frédéric Thiriez.Dans le championnat de France, les records ont été pulvérisés : 10,3 millions de spectateurs dans les stades et plus de 102 millions de téléspectateurs cumulés. Notre championnat plaît au public. Ce n'est pas neutre d'un point de vue économique car, et c'est l'un des soucis de la Ligue de football professionnel (LFP) en France, les droits TV représentent une part trop importante des ressources des clubs : plus de la moitié.

Concernant les droits TV, le Conseil de la concurrence vous a donné tort sur l'appel d'offres lancé par la Ligue...

F.T.Il y a un an, tout le monde disait que les droits TV allaient baisser, comme partout. J'ai combattu cette idée et lancé, par anticipation, un appel d'offres. Il y a eu des péripéties, mais ce qui compte, c'est le résultat : les droits TV du championnat de France augmentent de 40 % par rapport aux sommes effectives versées par les chaînes. Mon objectif s'élevait à 400 millions d'euros. Je suis à 390 millions. Quant aux 480 millions initiaux, c'était le prix de l'exclusivité du championnat pour un opérateur. S'il ne peut pas y avoir exclusivité, mécaniquement, le tarif est inférieur.

Il n'empêche que vous avez été critiqué sur les clauses de cet appel d'offres...

F.T.Le texte avait été soumis au préalable à la direction générale de la Concurrence et à la Commission européenne, qui n'avaient fait aucune observation. Les critiques du CSA et du Conseil de la concurrence ne portent pas sur l'appel d'offres, mais sur le fait qu'il faille nécessairement partager et non pas prendre la meilleure offre.

Quand sera lancé le prochain appel d'offres ?

F.T.Il est prévu à partir de septembre 2004. Nous y réfléchissons déjà.

Ne peut-on pas craindre un football à deux vitesses entre quelques très gros clubs et beaucoup de petits ?

F.T.Non, la solidarité entre les clubs est préservée par la Ligue, et il y a là un vrai consensus. Les petits clubs admettent qu'ils ont besoin de grosses locomotives pour tirer le championnat vers le haut.

Beaucoup de clubs souffrent économiquement...

F.T.Ils paient la bulle spéculative des droits TV en 1999 et 2000. Les salaires et les amortissements de transferts sont trop élevés. Depuis deux ans, les clubs sont en déficit. Ils ont cumulé environ 100 millions d'euros de résultat net comptable négatif. La saison qui se termine n'est pas meilleure. La prochaine sera celle de la rigueur. L'embellie est attendue en 2004-2005, grâce à l'augmentation des droits TV.

Mais cela ne risque-t-il pas d'accentuer la dépendance des clubs aux droits TV ?

F.T.Il faut faire un gros effort pour diminuer la « TV-dépendance ». Les recettes annexes des clubs sont encore faibles. Tout ce qui peut diversifier les recettes est une bonne chose.

Les droits radio sont-ils définitivement enterrés ?

F.T.Je suis pour la liberté de l'information. Je ne remettrai pas en cause l'accès aux stades des journalistes de presse écrite ou de radio. Cela n'exclut pas des partenariats avec des radios ou des journaux. Ce n'est pas une question d'argent, mais un souci d'exposition médias.

Quels sont vos prochains chantiers économiques ?

F.T.J'ai négocié avec le ministère des Sports une série de réformes en deux étapes. La première, en cours, modifie la loi sur le sport, en incluant les principes de propriété par les clubs de leurs droits TV, de leur numéro d'affiliation et de leur marque. La seconde sera discutée en 2004, avec notamment les charges sociales trop lourdes, le droit à l'image des joueurs, la gestion des stades par les clubs et le statut des clubs. Pourquoi leur interdire de faire appel au marché financier ?

Le projet de loi actuel ouvre une porte en faisant passer une partie des droits TV au sein des clubs. Peut-on craindre une dérive et une future négociation des droits directement par les clubs ?

F.T.Non. Le principe de mutualisation est protégé par la loi et la Charte 2002. Ni le gouvernement ni la Ligue n'ont l'intention d'aller plus loin. La réussite du football français tient sur deux piliers : la formation et la solidarité. Ce sera fini si l'un des deux s'effondre.

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