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PRESSE

Carlyle reste à l'affût

28/08/2003

Présent en France dans la presse professionnelle, le fonds américain entend se développer dans les médias. Et rompre avec l'image qui le lie à l'administration Bush et au Pentagone.

Ne l'appelez plus « la banque de la CIA ». Ce sobriquet, apparu dans la presse en juillet 1999, lors de l'entrée du fonds d'investissements américain Carlyle dans Le Figaro, n'est pas du goût de Jean-Pierre Millet, son directeur général pour l'Europe. En matière d'image de marque, on peut effectivement trouver mieux... Or l'image, cela compte, même dans des métiers aussi discrets que le « private equity », un secteur dont Carlyle est le leader. Cela compte d'autant plus que le fonds américain n'a pas fini de faire ses emplettes dans un domaine aussi sensible que celui des médias.

L'image de Carlyle est liée à l'administration Bush et à l'industrie de l'armement américaine. Une association qui, selon Jean-Pierre Millet, n'est plus d'actualité. Depuis le 1er janvier 2003, Franck Carlucci, ex-secrétaire d'État à la Défense de Ronald Reagan et ancien dirigeant de la CIA, n'est en effet plus le président du groupe : il a été remplacé par Lou Gerstner, l'ancien PDG d'IBM. Selon Jean-Pierre Millet, les années Carlucci correspondaient à une époque où le groupe réalisait près de la moitié de ses investissements dans la Défense. Or, ce secteur ne représente plus aujourd'hui que« 6 % de la valeur du portefeuille et 3 % des investissements »,affirme-t-il. Il est d'ailleurs concentré dans United Defense, qui a vocation à être cédé d'ici à un an.

Quant à George Bush père, conseiller de Carlyle, il se contenterait de dix à quinze missions de représentation par an et ne servirait pas forcément les intérêts du fonds.« Au moment où l'armée américaine voulait renouveler des pièces d'artillerie pour 10 à 13 milliards de dollars, les gens se sont dit qu'avec le père comme conseiller et le fils comme président, nous allions l'emporter. Or Donald Rumsfeld, le secrétaire d'État à la Défense, qui était un copain de fac de Carlucci, y a opposé son veto ! »

La bonne affaire du Figaro

Carlyle n'a jusqu'à présent pas eu à regretter ses investissements dans la presse. Après avoir injecté 26,5 millions d'euros dans Le Figaro pour obtenir 4,9 % du capital de l'entreprise de presse et des obligations convertibles en actions qui portaient cette part à 42 %, il en est ressorti, en mars 2002, en empochant trois fois sa mise. Entre-temps, le groupe Le Figaro a mis en place un programme de réduction des coûts, qui a diminué de 30 % ses frais de fonctionnement. Détail passé inaperçu :Le Figaro magazinea réalisé une économie de 2 millions d'euros rien qu'en réduisant son format de 2 millimètres.« Le Figaro était un actif tellement unique que nous savions que quelqu'un viendrait un jour le racheter »,se rappelle Jean-Pierre Millet. Bingo avec l'entrée à 30 % de Dassault dans la Socpresse, actionnaire du Figaro.

Carlyle n'en est pas resté là. Il a pris, en juin 2002, 37,5 % d'Aprovia, l'ex-presse professionnelle de Vivendi Universal (La France agricole,L'Usine nouvelle,Le Moniteur,Tests, etc.).« La presse est un secteur qui plaît,explique Jean-Pierre Millet.De beaux actifs aux positions solides attirent traditionnellement les financiers. S'il y a une bonne opportunité, nous l'examinerons. La presse nationale et régionale, notamment, nous intéresse, en vue d'un rebond économique. Il y a, en Europe, beaucoup de possibilités d'améliorer des actifs qui ont été gérés un peu comme des danseuses, par des gens dont ce n'était pas le métier ou qui se sont endormis sur la gestion. »

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