
28/08/2003
La PDG de Time Inc., un groupe de presse qui rassemble 140 publications au sein d'AOL Time Warner et compte 298 millions de lecteurs, n'est pas inquiète de la chute du cours en Bourse.
La publicité télévisée repart aux États-Unis. Qu'en est-il pour la presse magazine et comment l'année 2003 s'annonce-t-elle pour votre groupe ?
Ann Moore.En général, la tendance en presse magazine suit celle amorcée par la télévision. Nous avons, chez Time Inc., connu un excellent premier trimestre 2003 grâce à la diversité de notre portefeuille de titres. Les magazines économiques sont en chute libre, mais les titres féminins se portent bien. Le deuxième trimestre a été plus calme, en raison de la guerre en Irak et de l'épidémie de pneumopathie atypique. Je serai très satisfaite si nous enregistrons une croissance publicitaire de 5 % cette année.
Les conditions du marché vous paraissent-elles réunies pour y parvenir ?
A.M.Notre visibilité est très faible. Nous ne pouvons plus rien prévoir. Jamais jusqu'à présent, je n'avais vu de clients annuler leur campagne ou investir à la dernière minute. Il faut revenir à plus de stabilité.
Comment vos équipes réagissent-elles aux difficultés qui ont fait suite à la fusion entre AOL et Time Warner ?
A.M.La baisse du cours de l'action AOL Time Warner a un impact direct sur le portefeuille de retraite de tous les salariés du groupe. Mais nous pensons tous que notre groupe a des atouts pour revenir dans la course. Ainsi, nous avons enregistré des succès commeHarry PotterouMatrixau cinéma, et nous comptons des marques fortes comme la chaîne de télévision HBO ou le magazineTime... Une étude, organisée en décembre dernier auprès des 15 000 salariés de Time Inc., a montré que ceux-ci ressentent une grande fierté à travailler pour un groupe tel qu'AOL Time Warner.
L'affaire des « bidonnages » de Jayson Blair, qui a secoué le New York Times au printemps dernier, aurait-elle pu avoir lieu chez Time ?
A.M.Je pense qu'il est aussi difficile de se protéger de gens comme lui que de se prémunir contre les attentats suicides. Cela dit, je ne peux pas croire qu'il n'y ait pas eu quelques signes avant-coureurs. Avoir les yeux et les oreilles grands ouverts, c'est le rôle du management. Encore faut-il ne pas étouffer les désaccords... Comme le dirait avec justesse une mère à son enfant : si tu me trompes une fois, honte à toi ; si tu me trompes deux fois, honte à moi.
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