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ENTRETIEN

RFO ou les paradoxes de la décentralisation

18/09/2003

André-Michel Besse, PDG de Réseau France outre-mer, réagit au souhait du gouvernement d'adosser son groupe à France Télévisions. Il plaide pour préserver une forme d'autonomie.

Pourquoi la question de l'intégration de RFO à France Télévisions revient-elle sur le tapis ?

A.-M.B.D'abord par souci d'économies. L'idée de l'intégration avait été formulée dans un rapport de l'Inspection des finances. Cela fait trois ans que nous ne faisons plus de déficit, alors que j'ai démarré mon mandat avec une perte de 70 millions de francs. Mais j'entends encore dire que RFO coûte cher. Par ailleurs, il y a l'argumentation républicaine suivant laquelle l'outre-mer va vers une autonomie accrue, voire divergente, ce qui pourrait représenter un danger. D'où l'idée que RFO sera d'autant plus à l'aise avec les collectivités locales qu'elle sera bien accrochée à France Télévisions. En gros, il s'agit de recentraliser la tête pour avoir plus de décentralisation... Pour ma part, je pense qu'il faut renforcer le réseau RFO, avoir une cohérence interne plutôt qu'externe. L'intégration est la forme ultime de l'adossement : si on s'adosse trop à un mur, on finit par entrer dedans.

Quelle forme peut prendre l'adossement que vous préconisez ?

A.-M.B.L'intégration à travers un holding qui gère de façon groupée un budget, des hommes et des programmes n'a de sens qu'à partir du moment où les chaînes s'adressent à un même public. Et les synergies sont réelles dès lors que les moyens de production sont proches. Or, ce n'est pas le cas outre-mer. Partout où le rapprochement est possible, on peut envisager une filialisation de certaines activités, par exemple parisiennes, avec la création d'une filiale commune avec France Télévisions.

Où en sont vos discussions avec France Télévisions ?

A.-M.B.Les secrétaires généraux de France Télévisions et de RFO pilotent un petit groupe de travail. Notre objectif est de rendre des premières conclusions, que j'espère communes, le 30 novembre. Cela laisse deux mois au gouvernement pour prendre une position avant la bataille parlementaire qui aura lieu avec la loi télécoms en janvier-février 2004. Si l'intégration est votée, ce sera au mieux au premier semestre prochain. Les choses sérieuses commenceront alors au 1er janvier 2005.

N'êtes-vous pas déjà en bonne partie adossé à France Télévisions ?

A.-M.B.Nous diffusons à 75 % des programmes de France Télévisions. Nous sommes très adossés sur ce point mais on ne peut pas en dire autant concernant la présence des images de RFO en métropole. Il y a pourtant une obligation juridique mais cela n'a pas fonctionné, car toute charge supplémentaire n'intéresse pas France Télévisions. C'est toute la complexité de l'intégration... En l'absence d'arbitre extérieur, on ne voit pas pourquoi l'envie serait plus forte. Mais, en même temps, quand on appartient au même groupe, on fait plus attention au petit frère, même s'il ne vous apporte que des ennuis.

Quelle sera la place de RFO dans la future chaîne internationale ?

A.-M.B.RFO est déjà présent sur le terrain international. Nous avons des équipes qui peuvent être utiles, notamment la rédaction internationale, et on s'adresse à un public lui aussi international. Se ranger sous la bannière de France Télévisions peut être utile pour tout le monde. Mais je ne suis pas sûr que la façon dont le dossier de la chaîne internationale est en train de se monter avec TF1 permette beaucoup de collaborations de ce genre.

Quelle place accorde-t-on, à Paris, à l'action audiovisuelle outre-mer ?

A.-M.B.Si vous réussissez formidablement outre-mer, cela n'a aucune importance si vous ne réussissez pas ici. À l'inverse, si vous réussissez ici et pas outre-mer, ce n'est pas une catastrophe. Mon prédécesseur [Jean-Marie Cavada] a connu une situation où la station RFO de Wallis a été occupée par des grévistes pendant trois mois, où on a éjecté les dirigeants blancs. Une prise de pouvoirs inimaginable... Personne ne l'a su en métropole.

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