
18/12/2003 - Le journal gratuit a préféré le service moins coûteux de l'agence de presse britannique à l'Agence France-Presse, où sont représentés les quotidiens payants.
C'est une exception culturelle qui vient de tomber. Jusqu'à présent, tout quotidien qui se respecte avait forcément son abonnement à l'Agence France-Presse (AFP). Le journal gratuitMetrosera le premier à s'en passer. Déjà abonné à Associated Press, il a décidé de lâcher l'AFP et de s'abonner à Reuters. Avec 65journalistes se consacrant aux textes et aux photos sur le marché français, l'agence de presse britannique est loin de valoir son homologue hexagonal pour traiter de l'actualité nationale.« Il y a moins d'encadrés, moins de développement, moins de "background", mais cela me convient. Et les encadrés, je peux les trouver sur Internet »,souligne Didier Pourquery, directeur de la rédaction deMetroFrance, un quotidien qui cumule 450 000exemplaires à Paris, Lyon et Marseille.
Seulement 40 % du contenu vient d'agences
À partir du 1er janvier 2004, ce seront donc deux grandes agences anglo-saxonnes, Reuters et AP, qui informeront en textes et photos les 1,3 million de lecteurs deMetro(sans compter Relax news pour les loisirs et le cinéma et Imédia pour les programmes TV). Seulement 40 % du contenu du quotidien proviendrait de dépêches d'agence, 5 à 10 % étant réglé en échanges au sein de Metro International.« Le reste, c'est nous qui le produisons,MetroFrance a réalisé 260 interviews en 2003, et emploie 25 journalistes »,rappelle Didier Pourquery.
Gary Regenstreif, le directeur de la rédaction de Reuters France, met en avant la renommée mondiale de son service (des informations en provenance de 197bureaux, 2 400journalistes, etc.). Le fil en anglais est aussi adapté au goût local. Et Reuters France a sa petite réputation, comme en témoigne le prix de la presse diplomatique attribué à Yves Clarisse pour un scoop sur le pacte de stabilité budgétaire. Serait-ce ce qui a motivéMetro?« Non, à 44 000 euros par mois, l'AFP était trop chère, et ne voulait pas faire d'effort,répond Didier Pourquery,or nous sommes un journal low cost. »La présence de quotidiens payants au conseil d'administration de l'AFP a aussi compté.« Nous n'avons pas changé le tarif sous prétexte que Metro est gratuit »,assure de son côté Gary Regentreif.
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