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Presse

Philippe Amaury, désormais seul à la barre

15/01/2004

Après l'éviction surprise de Jacques Guérin, Philippe Amaury prend les rênes de son groupe. Sur son bureau, quelques dossiers chauds, dont la santé financière du Parisien et son système de distribution.

A la veille de ses soixante-quatre ans, qu'il fêtera en mars prochain, Philippe Amaury s'est décidé à piloter seul un empire longtemps dirigé en tandem avec Jean-Pierre Courcol, ancien directeur général, puis président du directoire. Pour la première fois, le propriétaire duParisienet deL'Équipeassurera lui-même« la conduite opérationnelle »du groupe qui porte son nom. Ce juriste - Philippe Amaury est docteur en droit et diplômé de Sciences Po - ne recrutera donc personne pour remplacer Jacques Guérin, le successeur de Jean-Pierre Courcol au poste de directeur général du groupe, tout récemment évincé. Il cherche, en revanche, un manager pour reprendre la conduite opérationnelle des quotidiensLe ParisienetAujourd'hui en France.C'est sur celui-ci qu'il s'appuiera pour piloter ses affaires, avec les patrons deL'Équipe(Christophe Chenut), de Manchette Publicité (Louis Gillet) et d'Amaury Sport Organisation (Patrice Clerc).

Treize mois seulement

Avec cette réorganisation, les Éditions Philippe Amaury prennent acte de l'instabilité de la fonction de directeur général du groupe, auprès d'un président-propriétaire impliqué au quotidien. Jacques Guérin, pourtant apprécié des salariés, n'aura pas tenu plus de treize mois.« Je ne pensais pas que cela irait aussi vite, c'est un peu dommage »,confie un cadre. Entre le président juriste et le directeur général polytechnicien, la confiance ne s'est jamais complètement installée. Directeur général duParisiendepuis fin 1998, Jacques Guérin avait gravi un échelon de la hiérarchie en novembre 2002, davantage pour combler le vide laissé par le départ de Jean-Pierre Courcol que par choix délibéré de l'actionnaire. Il n'a pu s'imposer face à cet autre duo que forment depuis très longtemps Philippe Amaury et Martin Desprez, avec lequel le futur patron avait débuté chez Havas Conseil. Ancien directeur général duParisien,Martin Desprez est actuellement vice-président du groupe.

« Un ensemble de choses ont joué avec, au fond, une question de personnalité »,avance un autre cadre. Peu à peu, les divergences se sont creusées. Notamment concernant la distribution duParisien.C'est Jacques Guérin, alors directeur général du titre, qui avait négocié - avec succès - sa sortie des Nouvelles Messageries de la presse parisienne. Mais la structure qu'il avait mise en place pour assurer le transport du journal, la SDVP, ne donnerait pas encore, en termes qualitatifs, les résultats attendus. Surtout, son coût empêcheraitLe Parisien,cette année encore, d'atteindre une rentabilité initialement prévue pour 2003. Cela tombe d'autant plus mal que le groupe Amaury doit encore assumer les pertes importantes du Futuroscope.

Dépourvu de dettes

La distribution duParisienet différents projets s'empilent désormais sur le bureau de Philippe Amaury. Parmi eux, le quotidien gratuit actuellement préparé par les équipes duParisien. Philippe Amaury y serait très favorable, selon un cadre du groupe, qui conteste toute différence d'approche avec Jacques Guérin sur ce point.« Si nous réalisons ce projet, nous serons présents pour le printemps 2004 »,a lui-même précisé Christian de Villeneuve, directeur de la rédaction duParisien(cf.Stratégiesn° 1308). Philippe Amaury devra aussi s'attacher à rentabiliser l'investissement considérable (112 millions d'euros) consenti pour moderniser son parc d'imprimeries. Enfin,Le Parisienprépare, pour cette année ou pour l'an prochain, la sortie d'unAujourd'hui en France dimanche,sur un modèle assez éloigné duParisien dimanche.

Face à ces enjeux, Philippe Amaury ne manque pas d'atouts. Amaury Sport Organisation, organisateur du Tour de France et du Paris Dakar, reste une affaire rentable. La diffusion deL'Équipe,rentable aussi, semble être repartie à la hausse depuis juin 2003. Même si la trésorerie a fondu depuis les années 1999-2000, elle resterait« en bon état »alors que le groupe ne supporte pas de dettes.

Pour réussir, Philippe Amaury devra toutefois marquer dans sa stratégie une confiance en l'avenir qui lui a parfois fait défaut. Tant il est vrai que la crainte de perdre son indépendance est chez lui première. La vente de l'immeuble deL'Équipe,à Issy-les-Moulineaux, s'est ainsi décidée très vite, pour faire face à la dépression de ses revenus et à de gros besoins en capitaux.« Au début des années quatre-vingt-dix,rappelle un observateur,il s'est précipité pour céder les 10 % qu'il avait dans M6. De peur de faire une mauvaise affaire. S'il les vendait aujourd'hui, il en tirerait peut-être plus que la valeur de son groupe. »

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