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Télévision

Paris Première, pomme de discorde ?

22/01/2004

Désaccord sur la situation financière de la chaîne, contentieux avec M6 Publicité : entre le vendeur Suez et l'acheteur M6, les relations semblent tendues.

Si Nicolas n'avait étudié que les chiffres, il aurait beaucoup plus douté. »Cette proche du président du directoire de M6 est catégorique : la décision de Nicolas de Tavernost d'exercer son droit de préemption pour racheter à 100 % Paris Première à Suez - groupe qui détient 34 % des droits de vote à M6 - est d'abord une histoire d'hommes. Ancien lieutenant de Jérôme Monod à la Lyonnaise des eaux, le patron de M6 fut en effet le créateur de la première chaîne du câble, en décembre 1986. Et il n'aurait pas supporté, dit-on, de voir Claude Berda, l'autre candidat à la reprise, en faire une chaîne au rabais. Le patron du groupe AB avait réussi, en avril 1998, à souffler RTL9 à M6 pour en faire une affaire très lucrative :« L'une de mes rares erreurs »,reconnaît en privé Nicolas de Tavernost.

Revanche personnelle

Avec Paris Première, le patron de M6 tient donc sa revanche, moyennant « un prix identique à celui proposé mi-décembre par le groupe AB ». Soit 25 millions d'euros, même si la réalité serait plus proche de 20 millions. Une somme, mais le jeu en vaut la chandelle.« La chaîne bénéficie d'une très forte notoriété et d'une très bonne image »,explique Jean d'Arthuys, le président de M6 Thématiques et probable futur patron de Paris Première. Très performante sur les CSP +, à l'instar de LCI (TF1), elle complétera l'offre de M6, dont les cinq chaînes thématiques (Fun TV, Téva, M6 Music, Série Club et TF6) visent les ménagères et les jeunes.« Paris Première est l'une des chaînes qui a la meilleure image auprès des annonceurs et la meilleure efficacité par rapport à son audience »,confirme Emmanuel Charonnat, directeur général de Carat TV. Non sans ajouter :« Il ne faut pas que M6 détériore cette image. »

Paris Première version M6 sera-t-elle gérée à l'économie ? Les salariés n'ont reçu aucune garantie sur le volet social de la restructuration.« AB n'avait pas prévu de plan social, mais seulement des suppressions de postes liées aux synergies. Le groupe devait faire de Paris Première la tête de pont de son projet numérique terrestre. M6 n'a pour le moment rien promis »,souligne Valérie Bernis, directrice générale adjointe de Suez et PDG de Paris Première.

Aucune garantie non plus quant à la ligne éditoriale.« La chaîne restera ce qu'elle est aujourd'hui, celle des spectacles, de l'événement et de la culture,assure Jean d'Arthuys.L'esprit, l'image et l'identité de la chaîne seront conservés. Son format sera non seulement préservé mais redynamisé. »Le respect du format est certes un élément clé de la convention passé avec Conseil supérieur de l'audiovisuel, mais M6 ne promet pas de conserver la grille intacte.« Nous ne prendrons pas de décision d'antenne qui soit incohérente avec les attentes des téléspectateurs »,lâche Jean d'Arthuys.

Guerre des chiffres

Nicolas de Tavernost qui, comme on dit à M6, est« toujours précautionneux avec l'argent de la société », est moins rassurant :« Paris Première nécessite une opération de redressement assez vigoureuse,a-t-il indiqué dans la presse.Il y aura certainement des restructurations à opérer, puisque cette chaîne connaît des difficultés financières. »Entre le vendeur et l'acheteur, un désaccord subsiste sur les chiffres.« La chaîne est bien plus déficitaire qu'on ne le croit, les pertes avoisinent les 7 millions d'euros en 2003 »,affirme un proche du dossier à M6. Valérie Bernis se défend :« Nous avions prévu des pertes de 7 millions d'euros en 2003, mais nous les avons réduites à environ 5 millions. Le retour à l'équilibre est prévu en 2004. »

La directrice générale adjointe de Suez fait en outre état, auprès deStratégies, d'un litige qui oppose Paris Première à M6 Publicité, sa régie publicitaire depuis 1993. L'an dernier, celle-ci n'aurait pas respecté l'un des critères du contrat, qui prévoit un minimum garanti pendant trois ans. Soit, pour Paris Première, un manque à gagner d'environ 4 millions d'euros. L'affaire, portée en juillet devant le tribunal de commerce, devrait être jugée en février ou mars. Au moment, donc, où la vente, sauf avis contraire du CSA ou du conseil de la concurrence, devrait être finalisée.

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